LIVRE IL
A LA JBUKE DAME MELANCOLIQUE ET SOLITAIllE.
Par seule amour qnî a tout sunnonté, On trouve grâce eu divine boàtë Et ne la fault par autre chemin querre : Maïs tu la vculx par cmautë conquerre, Qui est contraire à bonne vouluntë.
Certes c'est bien à toy grand'cruauté D^user «n dueil ta jeunesse et beauté, Que t'a donné nature sur la terre Par seule amour.
En sa verdeur se resjouyt Testé , Et sur Pyver laisse joyeuseté :
En ta verdeur, pbisir doijjcques asserrc: Puis tu dii^s , si vieillesse te serre: Adieu le temps qui si bon a esté Par seule amour.
l>*Ai.LIàNCB DE PENSEE.
U N mardy gras, ' que tristesse est chassée , M'advint par heor d'amytié pourc^ssae.
Une pensée excellente, et loyalle :
Quand je diroîs àigat d'estre royalle , Par moy seroit à bon droict exaucée.
Gif de rythmer ma plume dispensée (Sans me louer) peult louer la pensée.
Qui me survint dansant m ^ue sale Un mardy gras.
C'est celle qu'ay d'alliance pressée Par ses attraictz : laquelle à voix baissée, M'a dicty )e suis ta pensée féale, £t toy la mienne, à mon grë cordial : Nostre alliance .ainsi fat commencée Un mardy gras.
* C'est au milieu des fêtes du carnaval , que Marguerite avoua à Marot qu'elle l'aimait. Voyez V Essai historique.
tIVRE II. 171