‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 73 sur 293 · A SA DAME · texte numérisé non relu

A SA DAME

Un £ assez suffisante estrene Trouver pour vous je ne sçaurois : ' Mais vous pouvez estre certaine Que vous l'auriez quand je Faurois.

Et lors qu asséuré je serois D'estre receu selon mon zèle, Moy mesmes je me donnerois, Du tout à vous, ma damojselle. ^

A ANWE. *

LiE nouvel an pour estrene vous donne Mon cueur blessé d'une nouvelle playe ,

' Diane n^attachait pas, âans doute , un grand prix à ce présent; puisqu'elle n'en ût pas usage. On eçt rarement bien accueilli quand on ne peut donner que soi-roéaie.

^ Oest Marguerite qu<; le poète .célèbre partout sous ce nom. Il avait raison de craindre de rëveiUer la jalo.uâe du roi de I^avarre !

2l8 ÉTRENNES.

Gontraînct y suis , Aipour ainsi Totiionne , En qui un cas bien contraire j'essaye : Car ce cueur là , c'est ma richesse vraye , Le demeurant n'est rien , ou je me fonde : Et fault donner le meilleur bien que j'aye, Si j'ay vouloir d'estre riche en ce monde.

AU ROT. '

Ce nouvel an, Françoys, ou grâce abonde. Il m'a ouvert , pour estrener le monde , Dont l'Occident deux ans clos m'a esté : Et pourtant j'ai d'estrener protesté Le monde ouvert , et mon roy valeureux. Je donne au roy ce monde plantureux :

Je donne au monde un tel prince d'eslite , Affîn que l'un vive en paix bienheureux , Et que l'autre ait l'estrene qu'il mérite.

' Lenglet Dufresnoy se trompe en dûant que les Étrennes qui suivent, jusqu'à la xlyi inclusivement , parurent au commencement de l'armée i537 , peu de mois après le rappel de Marot. Nous pensons qu'elles furent composées en i538 ; en voici la preuve : FÉ' trenne viii est adressée à la duchesse de Neçers , et c'est au mois de janvier i538 que le comté de Nevers fut érige' en duché par François I«r. Jacqueline Longwic, qui épousa^ le duc de Moiil]>ensier dans les premiers jours de la même année , est désignée , dans l'étrenne ix , par le nom de madame de Montpensier.

A LA ROTNB.'

Au ciel madame je crie,

Et Dieu prie , Vous faîre veoîr au printemps Frère et mary si contens

Que tout rie. ^

A MADAME la Daulphine

Rien n^assigne :

Elle a ce qu^il fault avoir :

Mais je la vouldrois bien veoir

En gesine. ^

' La reine Eléonore.

' La guerre que Charles-Quint, dont la reine Eléonore ëtait sœur, fesait à François V , commençait à se ralentir ; elle se termina la même année , et le traite de Nice accomplit , du moins pour quelque tems , les souhaits de Cl. Marot.

' Catherine de Mëdicis avait été mariée, le 37 octobre i533 , à Henri ^ duc d'Orléans, et depuis roi de France. Elle resta dix ans sans être mère j mais le savant Femel , son médecin , ayant aperçu la cause de cette stérilité, donna des conseils salutaires à cette princesse qui eut depuis dix enfans.

Page 1