A MADAME MARGUERITE
A LA noble Marguerite
Fleur d'esllte, Je luy donne aussi grand^heur , Que sa grâce et sa grandeur
Le mérite.
' Madame Marguerite, Bée en i5a3, hërita des belles qualités de François I'' , son père. Elle aimait les sciences et les lettres , et le mérite eut toujours droit à ses bienfaits. Brantôme, dans ses Dames illustres, rapporte qu'elle refusa l'alliance de M. de Vendôme, premier prince du sang , et répondit fièrement qu''elle n'épouserait jamais le sujet du roi son père. Elle fut mariée à Emmanuel Philibert, duc de Savoie, et il en coûta tout le Piémont, que la France possédait depuis plus de trente ans , et que l'on regardait comme uni à la couronne. Brantoyne dit, en son style naïf, que les soldats en furent si mécontens, surtout les Gascons, qu'ils répétaient : Hé cap biou , faut-il pour une petite pièce de chair gui est entre les jambes de cette fimme , qu'on vende tant de belles et grandes pièces de terre. .
ÉTRENNES. 22i
YII.
A MADAME LA PRIIïCESSE DE NAVARRE. '
JLa mignonne de deux roys, *
Je Youldrois Qu'eussiez un beau petit frère , Et deux ans de vostre mère ,
Voyre trois. ^
' Jeanne d'Albret, fiUe unique de Henri d'Albret, roi de Navarre, et de Marguerite, sœur de François 1er. Elle épousa An-» loine de Bourbon, tué au siège de Rouen , en i566. Cette princesse , mère de Henrirle-Grand , joue un grand rôle dans l'histoire de son siècle.
* On appelait ainsi cette princesse en son enfanoe. Voici Pexpli * cation que Cayet donne à ce surnom , dans sa Chronologie novennaire : « Jeanne, princesse de Navarre, laquelle fut en son jeune » âge appelée la mignonne des rois, d'autant que le grand Fran- » cois !*'', son oncle, la chérissait d'une amour comme paternelle, » et son père , Henri d'Albret , ne la pouvait éloigner de sa pré- » 3ence. »
^ Jeanne d'Albret avait alors dix ans , et sa mère quarante-six» Marguerite n'était pas de la première jeunesse, Marot ne lui sou- . haitait que trois ans de moins; elle se serait bien débarrassée de la dizaine. Mais il ne revenait plus cet heureux tems où un galant chevalier apportait dans un flacon la jeunesse à son amante j la source de Fcau de Jouvence ne coulait plus , et les rides résistaient à toutes les eaux du monde.
A MADAME DE KEYEES. < .
J j A duchesse de Nevers ,
Aux yeulx vertz Pour l'esprit qui est en elle^ Aura louenge étemelle ,
Par mes vers.