‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 87 sur 293 · LU · texte numérisé non relu

LU

A JANE SCEVE» LTONNOYSE.*

Je ne sçay pas quelles estrenes Plus excellentes vous vouldriez, Que les grâces tant souveraines Des dons à vous appropriez :

Mais je sçay que quand vous auriez Cela que sent vostre présence , Sans point de Êiulte vous seriez Quelque princesse d'excellence.

* Cette ^trenne a été ainsi iipitée :

Reçois CM petits yen par Tamoar présentes ;

Ces petits yen , Tamovr les a dictéjs ;

Ces petits vers te disent que je t*aime ; Ce baiser le dit mJea:K que ces petits yen même.

' Elle ëtait peut-être soeur de Maurice Seçe, de Lyon, bon poète , et ami de Cl. Marot.

LUI

K JANE FAYE, LTONNOYSE. '

Pour estrene je vous «Aorte Fuyr d^amour la craautë, Mais si vous n^estiez la plus forte, J^ voua estrene en prlvauté D'un amy plein de loyauté, Loyauté ronde, et mesurée Au compas de vostre beauté, Mais qu^il soit de plus grandMuree.

* La famille des La Faye , de la plus ancienne noblesse , a été célèbre à Lyon pendant plus de deux siècles.

La mort n'y mord.

IPITAPHK DE PHILIPPE/ MERE DE MESSIRE ARTUS GOUFFIER ^ PRIS DU GREC DE CINERIUS.

So U B z cette tumbe cy Gîst de Moiitmorancy Philippe noble dame , Belle de corps et d'ame , Qui de Dieu tant récent Qu'en son ventre conceut Grans seigneurs magnifiques Et dames heroiques , Si que des enfeins d'elle La vertu immortelle Par hault los précieux S'étend jusques aux cieulx.

Passans ne pleurez point , Plorer ne vient à poinct De ceste dame bonne :

* Philippe, dame de Vitry, fille de Jeaû de Montmorency, mariëe en secondes noces à Guillaume Gouffier , sieur de Boisy , et morte en i5i6.

Plus tost fault qu^on s^estonne De son si grand bonheur Accompaigné d'honneur.

iSig.

EPITAPHE DE FEU MESSIRE ARTUS GOUFFIER , * GRAND MArTRX DE FRANCE, PRIS DU GREC DE LASCARIS.

PatrocLUS fut d'Achilles regretté,

Ephestion l'a d'Alexandre este ,

Qu'il estimoit amy comme soj mesme :

Le roy Françoys de- leurs œuvres supresme

Lnitateur, plaint Artus de Boîsy,

Qui mérita d'estre par luy choisy

Pom* mieulx aymé ; Dieu luy doint lieu céleste,

Et ne luy soit la tumbe si moleste ,

Que le clair nom de Boisy et d' Artus

Ne vive autant qne vivent ses vertus.

* G^uffîer (Artus), comte d^Étampes / siisur de Boisy, grandmai tre de France , a joui d'nne haute coasidëration 'sous le règne de François l'r. Il fut comble de biens et d'honneurs par ce prince, dont il avait été gouverneur , et qui le charge de plusieurs importantes négociations dans lesquelles Gouffier montra beaucoup de prudence et de sagesse. Il mourut en iSiq.

ni.

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