XL VIII
ARGUMENT
C'est le cantique des prestres , lévites , et chantres sacrez de Hierusalem , captifs en Babylone. Psalme propre pour les chrestiens prisonniers en Turquie.
Super Uumina Babylonis ...
liiSTANS assis aux rivçs aquatiques De Babylon, plorions mélancoliques, Nous souvenans du pays de Sion :
Et au milieu de Thabîtation,
Où de regret tant de pleurs espandismes , Aux saules verdz noz harpes nous pendismes.
Lors 9 ceulx qui là captifis nous emmenèrent De les sonner fort nous importunèrent, £t de Sion les chansons reciter.
Las, dismes nous, qui pourroit inciter Noz tristes cueurs à chanter la louenge De nostre Dieu, en une terre estrange :
Or, toutesfoys, puisse oublier ma dextre L'art de harper , avant qu'on te voye estre Hierusalem hors de mon souvenir.
Ma langue puisse à mon palais tenir Si je t'oublie, et si jamais ay joye : Tant que premier ta delvirance j'oye :
Mais donc, Seigneur, à ta mémoire imprime Les filz d'Ëdom, qui sur Hierosolyme Crioient, au jour que l'on la destruisoit : Souvienne toy que chascun d'^eulx disoit , A sac , à sac, qu'elle soit embrasée £t jusqu'au pied des fondementz rasée.
Aussi seras, Babylon, mise en cendre :
Le tresheureux , qui te sçaura bien rendre , Le mal , dont trop de près nous viens toucher : Heureux celluy qui viendra arracher
Les tiens enfans d'entre tes rodîtis impures » Pour les froisser contre les pierres dortes.
'ARGUMENT
Il célèbre la bonté de Dieu , qui Tarait retire die tous perilz , et heureusement eslevé en dignité rojalle. Pois chante , qoHl en rendra grâce à Dieu , et que mesmes tous autres ro js lui en donneront loqenge : se promet aussi qu'à Tadyenir le secours de Dieu ne luy fauldra point.
Confitebor tibî , Domine , in toto corde meo.. .
IL fault que de tous mes espritz
Ton loz et prix
J ^exalte et prise :
Devant les grans me présenter ,
Pour te chanter,
J'ay faict emprise.
En ton sainct temple adoreray,
Cclcbreray
Ta renommée , Pour Tamour de ta grand^ bonté',
Et feauté
Tant estimée.
Car tu as &ict ton nom moult grand En te monstrant Vray en paroUes ;
Des que je crie, tu m'entendz , Quand il est temps Mon cueur consoles.
Dont les rojs de chascun pays
Moult esbahlz
T*ont loue , Sire, Apres qu^ilz ont cougneu , que c'est
Un vray arrest
Que de ton dire.
Et de Dieu , ainsi que je fais ,
Chantent les faictz ,
A sa moenoire:
Gonfessans , que du Toutpuissant
Resplendissant
Grande est la gloire.
De veoir cy bas tout ce qu'il fault
De son plus hault
Throsne céleste.
Et de ce qu'estant si loingtain ,
Grand et haultain
Se manifeste.
Si au milieu d'adversité Suis agite , Vif me préserves :
Sur mes ennemys inhumains Jectes les mains , Et me conserves.
Et parferas mon cueur tout seur ,
Car ta doulceur
Jamais n^abaisses :
Ce qu'une foys as commencé ,
Et avancé
Tu ne délaisses.
ARGUMENT
Cest la prière quUl feît , quand par craincte de Saul il se cacha en une fosse où il s'attendait d*estre- pris» dont il estoit en grand angoisse. Psalme propre à ceulx qui sont prisonniers pour la foy.
Domine , exandi •rationem meam ; aaribns perdpc....
Seigneur Dieu, oy Poraison mienne :
. Jusqu'à tes oreilles parvienne Mon humble supplication :
Selon la vraye mercy tienne Respons moy en affection.
Avec ton serviteur n'estrive, Et en plein jugement n'arrive, Pour ses offenses luy prouver :
Car devant toy homme qui vive Juste ne se pourra trouver :
Las^ mon ennemy m^a faict guerre, A prosterne ma vie en terre Encor ne luy est pas assez :
En obscure fosse m'enserre , Gomme ceulx qui sont trespassez.
Dont mon ame ainsi empressée De douleur se trouve oppressée , Cujdant que m'as abandonné:
. J'en sens , dedans moy, ma. pensée Troublée , et mon cueur eslonnë.
En ceste fosse obscure et noire , Des jours passez j'ay eu mémoire:
Là j'ay tes œuvres méditez Et pour confort consolatoire , Les faictz de tes mains recitez.
Làdedans à toy je souspire, A toy je tendz mes mains, o Sire, Et mon ame en sa grand' clameur, A soif de toy , et te désire , Comme sèche terre l'humeur.
Haste toy, 5ois moy secourable,* L'esprit me fault de moy damnable , Ne cache ton visage beau :
Autrement , je m'en voys semblable A ceulx qu'on dévale au tumbeau.
Fais moy donc ouyr de bonne heure, Ta grâce, car en toy m^assenre :
Et du chemin que tenir doy , Donne m^en congnoissance seure, Car j'ay levé mon cueur à toy.
O Seigneur Dieu , mon espérance , Donne moy pleine délivrance De mes poursuyvans ennemys , Puis que chez toy pour asscurance Je me suis à refuge mis.
Enseigne moy comme il fault faire Pour bien ta vouluntë parfaire, Car tu es mon vray Dieu entier :
Fais que ton esprit débonnaire Me guide et meine ad dtoict sentier.
O Seigneur, en qui je me fie, Restaure moy , et vivifie , Par ton nom crainct et redoubté Retire de langueur ma vie , Pour monstrer ta juste bonté.
Tous les ennemys qui m'assaillent Fais par ta mercy quHlz defïaittent , Et rendz confonduz et dcstruicti Tous ceulx qui ma vie travaillent, Car ton humble serviteur suis.