‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 5)Chapitre 76 sur 81 · ET GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

ET GÉNÉRALES

DES

i5i5. Le Temple de Cup'ibo. Ëdîtîon gothique. Cet ouvrage de la jeunesse de Marot, a reparu dans VAdolesCence Clémentine avec de grands changemens.

i53o. L. Dufresnoy parle de la première éditio^n de Y Adolescence Clémentine^ imprimée en i53o; nous ne Tavons jamais vue.

j[532. L'Adolescence Clémentine, in-i6; Paris. A l'enseigne du Faulcheur , avec privilège pour trois ans. Il parait que L. Dufresnoy ne connaissait pas cette édition.

i534« Œuvres de Clément Marot de Cahors, valet DE CHAMBRE DU ROY, in-i6; Lyon. François le Juste. Edition gothique.

i535. L'Adolescence Clémentine; Paris. Avec privilège pour cinq ans. Belle édition.

x536. Œuvres de Clément Marot de Cahors, valet de chambre du ROY, in-i6; Paris. Antoine Bonnemère.

i538. Les mêmes , in-iG^ Paris, Antoine BoonemèrCf

— Les mêmes, ia-i6; Paris, Denis Janot.

— Les mêmes, in-S^'; Lyon, Etienne Dolet. Cette édi^

tion a été revue par Clément Marot.

— Les mêmes , in-8<^ ; Lyon^ Sebastien Grrypkias. Cette

édition, faite sous les yeux de Marot, est plus correcte et plus complète cpie les précédentes.

iSSg* Les mêmes y in-i6; Paris ^ Antoine Bonnemère. Cette édition est copiée sur celle de Gryphius.

— Les mêmes, in-8^; Anvers, Jean Steeb. Les œuvres

de Jean Marot sont réunies, dans cette édition, à celles de Clément.

1 540. Les mêmes , avec figures , în-i 6 ; Paris , Jean Bignon.

— Opuscules de Marot , contenant Dialogue de deux

Amoureux , V Eloge au roy , les Estrennes , des Chants diçers et des Epistres ; in- 16.

i54i* Histoire de Leander £THERO,par Clément Marot; în-8" ; Lyon , Grypliius..

— La même, in-4°i Gilles Corroiet»

1542.^ Les Œuvres de Clément Marot de Cahors, augmentées d'un grand nombre de ses compositions ¥wu- Qelles, par cy deQant non imprimées ; in-i8 ; Lyon, Etienne Dolet. Cette édition est imprimée avec soin.

1543. Les mêmes, édition .entièrement semblable à la précédente.

Les mêmes, in- 16; Paris, Angeliers. Cette édition, sans date, doit être de Tannée i543.

Les mêmes , in-i6; Paris ^ sans date , mais postérieure . à Tannée i543.

i54.3. ClKQUAî^TE PsALMES i)E DAVID, troduictz par Cie-

ment .Marot ; m-x^'^ Gexihft. 1544.. Les Œuvres de Clément Marot de Cahors ,

în- 1 6 ; Paris , édition à p€u près complète.

— Recueil de vraye poésie FRAiiïçoYSE , prinse de

plusieurs poètes ; îii-16; Paris , Denis Janot. Ce Recueil renferme plusieurs . ouvrages de Marot, entre , autres, Dow/^wr et Volupté^ opuscule qui ne se trouve dans aucune édition.

1545. Les mêmes, in-8°; Lyon, à l'enseigne du Rocher. Cette édition , qui se trouve dans quelques bibliothèques , est la plus belle et la plus correcte de toutes celles quon a publiées. Nous l'avons consultée de préférence.

i546. Les mêmes, in-i6; Paris, Guillaume Lebret.

— Les mêmes, in-16; Lyon, Guillaume Rouvîlle. Cette

belle édition a été publiée par Antoine du Moulin, ami de Clément Marot.

1547. Epigrammes de Marot, in-8*» ; Poitiers.

— Les mêmes, in-16; Poitiers. ^ i548. Œuvres de Clément Marot de Cahors , in-16;

Paris , Guillaume Thibout.

— Les mêmes, in-16; Lyon.

1549. Les mêmes, in- 16; Paris, Pierre Gautier.

— Les mêmes, in-16; Lyon , Jean de Tournes.

i55o. Recueil DE poésie françoy$e, prinse de plusieurs poètes les plus excelleriez de ce règne y in-16; L^on , Jean temporal. Ce Recueil est le même que celui publié en ï 544*

i55i. Les GËuvREs DE Clément Marot, in-16; Paris,

i55i • veuve François Regoaut, et dansd'autres exemplaires, Jean Ruelle. Cette charmante édition ne le cède en rien aux Elzé^irs les plus estimés.

— Les mêmes, in-i6; Paris, Pierre Gautier.

— Les mêmes , in-i6 ; Paris , Guillaume Thibout. i552. Cinquante DEtJi Psalmesen rythme françoyse,

par Clément Marot, in-i6; Paris.

i553. Clément Marot, in- 165 Lyon, Jean de Tournes,

avec figures.

1554. Œuvres te Clément Mahot de Cahors, in-i6;

Lyon , Guillaume Rouville ; belle édition.

— Œuvres de Clément de Cahors , valet de

CHAMBRE DU ROY, in-i6 ; Paris , la veuve Maurice, à renseigne sainct Claude. Nous n^aurions pas choisi cette édition ^ sur laquelle est ii^primée en partie celle que nous publions , s^il nous avait été possible de nous en procurer une plus ancienne et plus originale 9 avec la liberté toutesfoîs de la sacrifier. Cependant, en nous aidant des éditions de L.BuCresnoy, de la Haye et d^autres plus précieuses qn^on nous avait confiées , nous espérons avoir atteint le but que nous nous étions proposé, de donner une édition de Clément Marot, correcte et complète, digne d'aller se placer dans la bibliothèque des amateurs à côté de la nouvelle édition de Rabelais qui &it également honneur à Tërudition profonde de MM. Johanneau et Ësmangard, et aux admirables presses de M. Jules Dldot.

— Traduction de latin en françoys , intentions et

imitations nouvelles tant de' Clément Marot que d'autres poètes; in-i6; Paris, Etienne Grouleau.

.i55S. PsALMES DE Davïd , în-i6; Lyon, Michel de Bois» i556. Œuvres de Cïement Marot , in-i6 ; Paris.

— Cinquante deux Psalmes de David , traduîciz en

riihme françoyse selon la vérité hébraïque , in-iG ; Paris , Pierre Gautier,

1557. Les joyeuses et plaisantes Epistres, Ballades, Rondeaux et Epigràmmes de Clément Marot y in~i6, Lyon.

i558. Œuvres de Clément Marot de Cahors, în-i6; Lyon , Jean de Tournes.

— Le Riche en povreté , Joyeux en adversité et

Content en souffrance, par Clément Marot ^ irouQé après sa mort à Chamberry ^ în-i6; Paris, Etienne Denise.

Le même; Turin, sans date.

— La Complaincte d'un Pastoureau chrestien,

composée par Clément Marot ^ laquelle a esié trouvée après sa mort à Chamberry^ in-i6; Paris, Etienne Denise.

1559. Œuvres de Clément Marot de Cahors, in-i6; Paris, Barbe Regnaut.

i56i. Les mêmes, in~i6 ; Lyon, Guillaume Rouville.

i562. Psalmes de David, traduictz par Clément Marot et Théodore de Beze , in- 12 ; Lyon.

i563. Les mêmes, în-ïG; Lyon, Antoine Vincent.

— Sermon du eon Pasteur et du màulvais, pris et

extraici du dixième chapistre de sainct Jehan , par Clément Marot y in- 16; Lyon,. Jean Saugrain.

l5Q4- ClNQUAITTE BEI3X PSALMES DE BkVlDj' troduictz par

Clemenjt Maroty ia-iS; Anvers.

iSSg. Les mêmes; îu-S*»; Caen.

iSyi. Œuvres de Clément Marot de Cahors, în-iG;

Paris , Claude Gautier.

— Les mêmes , in-i6 ; Paris , Jean Ruelle.

1579. Clément Marot, in-iG; Lyon, Jean de Tournes , portrait et figures.

Deux Colloques d'Erasme^ traduîctz du. latin en enfrançoys par Clément Maroty în-i6 , sans date et sans nom d^împrimeur.' Cette édition avait para avant i58o , puisqu'il en est parlé daiis la bibliothèque de Lacroix du Maine.

i58i. PsALMES DE David , troduictz par Clément Maral, in-S**; Genève.

i583. Clément Marot, in- 12; Rouen, Guillaume Pavie, avec portrait.

1596. Œuvres de Clément Marot de Cahors, in-ia;

Rouen , Raphaël du Petit Val.

— Les mêmes, remues j augmentées de plusieurs choses et

disposées en beaucoup meilleur ordre que cy deoant; plus quelques œuvres de Michel JUz du dict Maroty ln-i6; Niort, Thomas Portau; elle porte quelquefois Lyon y chez Pierre Rigaud i6o4* Cette édition , revue par François Mizière , docteur en médecine , est la plus complète de toutes les éditions publiées avant celle de L. Dufresnoy.

1597. Les mêmes, in-i6; Lyon, Jean Grauthier.

i6o4* Les mêmes, in-i6; Lyon, Jean de Tournes, figures et portrait.

DE CLÉMENT MAROT. SSy

i6i5. Les mêmes , m-12; Rouen , Le Villaîn. Les Psaumes manquent dans cette édition.

i635. Psaumes de D^vid , traduits par Clément Marot , in- 18; Sedan.

Nous avons passé sous silence une foule d'éditions partielles des ouvrages de Clément Marot, tels que la Suite de V Adolescence^ le Recueil^ les deux premiers livres de la Métamorphose <^ etc. Nous nWons pas eu la prétention de faire une liste complète de ^ toutes les éditions de Marot ; nous avons seulement rappelé succinctement les principales et celles que nous avons eues entre les mains ; de plus longs détails bibliographiques seraient inutiles et Êistidieux. Toutes ces éditions sont introuvables, quoique M. Auguis , qui copie toujours aveuglément L. Bufresnoj , nous dit qu'elles &0Tkt.assez rares ou peu communes. Nous nous étendrons davantage sur les éditions suivantes , que Ton peut se procurer &cilement>

1700. Les Œuvres de Clément Marot de Cahors, VALET DE CHAMBRE DU ROI , rcQues et augmentées de nouveau , a vol. in-12 , La Haye , Adrian Mbetjens. , Cette édition , assez jolie d'ailleurs , s'achète au prix exorbitant que la manie des amateurs attache aux Elzéçirs. Elle n'est pas complète, et fourmille de fautes grossières ; elle est précédée d^une courte Notice très-platement écrite , où Ton ne dit pas un mot des amours presque romanesques de notre poète.

1702. Les mêmes, 2 vol. in-12 ; La Haye, Adrian Moetjens. Cette édition ne diffère de la précédente que par le mérite typographique; on n'en fait aucun cas , quoiqu'elle soit peut-être plus correcte que l'édition

1702. originale. On a imagine de (aire disparaître, en le grattant , le II de MDCCII , et de Oiire passer cette édition pour celle de 1700, ruse facile à reconnaitre pour peu qu^on prenne la peioe d^examiner Fimpression et le papier.

1731. Œuvres de Clément Marot, valet de chambre de François /«"^ , roi de France ; rcQues sur plusieurs manuscrits et sur plus de quarante éditions, et augmentées , tant de diverses poésies véritables , (pie de celles qu'on lui afaussemend attribuées, OQec les ou» if rages de Jean Marot son père, ceux de Michel Marot son fis , et les pièces du différent de Clément aœc François Sagon , accompagnées d'une préface historique et d'obserçaidons critiques ; 4 vol. in-4® ' ; La Haye , Pierre Gosse et Jean Neaulme.

— Les menues, 6 vol. inia; La Haye, les mêmes.

Cette édition a dû nécessiter d^immenses recherches. On voit que L. Dofresnoy avait entre les mains une multitude de matériaux qu^il nous serait impossible de rassembler aujourd'hui» Il avait fouillé dans les bibliothèques les plus riches; des manus- ^ crîts , des éditions introuvables lui étaient confiés ;

plus rapproché de Tépoque à laquelle avait vécu Marot , il devait recueillir des documens plus certains ; Tamitié des gens de lettres et des savans distingués ne lui refusait pas des conseils ; quarante ans d'études et de méditations garantissaient le mérité de

son travail, et cependant L. Dnfresnoy n^a pas fait

■ 'L'iii-4° est plus rare que Pin- la. Le très -grand papier, qui zk^a été tiré qu'à vingt- cinq exemplaires, est très ^ recherche' des aiiiatears«

DE CLÉMENT MAROT. SSg

lySi. un bon ouvrage. Nous allons passer en revue les défauts de son commentaire , Timpartialitë la plus par&ite présidera à ce court examen.

Un commentaire sur les Œuvres de Marot demandait de Térudition ; mais il fallait Vemplojer h propos 9 et ne pas la prodiguer lorsque son inutilité la rend indifférente ou Csistidieuse. Ainsi, L. Dufresnojr rencontre-t'îl un fait sur lequel il a des détails curieux, il jette sans ordre beaucoup d^idées qui ne deviendraient intéressantes que par le développement. Il néglige d^éclairdr des passages obscurs , ou il s^amuse à dire ce que tout le monde sait, a expliquer ce que tout le monde comprend. Ses notes historiques sont trop, courtes , et ne. peuvent donner souvent qu'une idée imparûiite des individus ou des faits qu'elles passent en revue. Je ne parle pas d'un grand nombre d'erreurs de dates; ce qui nous îàlt présumer que LengUt se confiait à sa prodigieuse mémoire. Les notes grammaticales, savantes quand elles ne sont pas minutieuses, aident à interpréter le vrai sçns des vieilles expressions. Il a soin de choisir des citations licentieuses que nos anciens poètes lui fournissaient abondamment. Il ne perd jamais l'occasion de donnée Tessor à son génie cynique ; au moins si ses saillies libertines étaient rachetées par quelqu'esprit et par un style élégant. Du style dans les écrits de L. Dufresnoy ! Ce miracle ne s'y reproduit pas souvent. Notre savant n'était pas ami du style; il aurait cru perdre son tems en arrangeant ses phrases, et en polissant son langage tudesquè. Il faisait peu de cas d€ cette qualité , qui , selon Buffon , est tout l'homme. Il prenait même

Sgo ÉDITIONS DES ŒUVBES

ijSi. plaisir à harhariser son style, < et à s'écarter des règles les plus essentielles ' de b grammaire ; il ambitionnait au XVI 11*^ siècle le titre dVrriVoi/i gaulois! Cette négligence d^écrire est poussée à un tel excès , que dans certaines notes, en &yeur desquelles F originalité de la pensée demandait grâce , - nôys nous sommes permis des corrections et des retrancheinens.

Lenglet respectait trop Marot pour oser changer en rien la disposition des pièces dont il n'ignorait pourtant pas Tordre chronologique. Nous avons été plus téméraires , et, en profitant de ses précieuses instructions , nous sommes parvenus à débrouiller le chaos des Œuvres de Marpt.

Ce commentaire n'est cependant pas sans mérite, et nous ne dissimulons pas les nombreux renseignemens desquels nous lui sommes redévables.La Pré^ face historique surtout fait le plus grand honneur à l'érudition de L. Du&esnoy. Elle renferme des détails entièrement neu& , qui jettent un grand jour sur le roman de la vie de Marot, dont les poésies fournissent des preuves de tous les faits qu't)n y avance. Lenglet est le premier qiû ait approfondi 4'histoirie amoureuse du poète , sur laquelle on n'avait encore que des données très-incertaines. Il a restitué leur an^&nt à Diane de Poitiers et à Marguerite de Navarre; il suit leurs amours presqu'incroyables dans leurs différentes périodes* Cette Notice, un peu trop prolixe 7 est semée, comme les notes, de satires de mœurs , fines et mordantes. Lenglet donne quelquefois libre cours à cette causticité qui l'envoya souvent à la Bastille. Il se montre partout l'ennemi acharné des superstitions , du fanatisme et des moines. Ou

DE CLÉMENT MAROT. Sgi

i^Si. reconnaît tour-à-tour son caractère hardi et licen«« cieux , son esprit frivole et son érudition.

Cette édition est en outre augmentée d^une foule de pièces restées jusqu'alors cachées dans de vieilles éditions ou dans des manuscrits. Nous allons indiquer les poésies entièrement oubliées que ce savant éditeur nous a (ait connaître. Épîtrè dédîcatoîre du Temple de CMpidon au roi François I; autre Épître dedicatoire à Nicolas de Neuville s Sermon du bon et du mauçais Pasteur; Balladin ; le Riche en pau^ çreté, joyeux en affliction et content en souffrance; Complainte d'un pastoureau chrétien; troisième et quatrième Épîtres du Coq à l'Ane ; Épître à Antoine Couillart, seigneur du Papillon; Épître à son ami Papillon; à M. Pelisson; Cantique à la reine de Naçarre; réponse aux vers affichés à Paris; trente Épigrammes , trois Épitaphes satiriques et trois dans le Cimetière; pré&ce.en prose sur la traduction d'Héro et Léander ; deux Colloques d^Ërasme traduits en vers fran^is ; Préface de l'Adolescence Clémentine ; Pré£sice à Etienne Dolet. Nous ne parlons pas des Œuvres de Jean Marot et de Michel , ni du Recueil des pièces du différent de Marot avec François Sagon et La Hueterie , qui se trouvent réunis k cette édition ; nous discutons sûlleors les motifs qui nous ont engagé à ne pas les admettre dans la nôtre.

Cette édition est j sous tous les rapports , préférable aux recueils imcomplets qui l'avaient précédée ; malheureusement on y. cherche en vain la correction qu'on avait lieu d'attendre des soins de l'éditeur. Soit que L. Bufresnoy , qui prend , dans son épitre dedicatoire au comte de Hoym , le nom de Gordon III. 38

SgtX ÉiyiTIONS DES CeUYRËS '

1 781 . de Percel , n% présidât pas lui-ménie à rioupression , soit platÀt que sa nég^ence habituelle 'augmentât dans la rérision des éprenres^ cette édition fourmille de fautes grossières. M* Augpis a eu le courage d^en compter jusqu^à cinq mille; fl est inutile de dire qu'il les a sévèrement corrigées, et, à Taîde de quelques retrancltfmens indispensables , il a envoyé sous son nom à Timmortaliy^une nouvelle édition de ce commentaire, où il a eu la scrupuleuse attention de ne pas glisser une seule phrase de sa façon. C'est l'éloge le moins équivoque du mérite de li. DuCresuoy.

1819. Œuvres CHOISIES DE Clément Mj^rot, édition stéréotype ; Paris , Tournachon MoUn. Ce choix, dont nous ignorons l'auteur , est très-bîen fiiit ; on eût pu l'étendre bien davantage , puisque des trois volumes de Marot , on pourrait en extraire au moins un , dont toutes les pièces seraient autant de chefsd'œuvre exquis de grâce et de naturel. Les poésies que contient ce petit Recueil sont dans la mémoire de tous ceux qui s'occupent encore de littérature C'est la fleur immortelle qui compose la couronne poétique de Marot. Le Dialogue de deux amoureux , VÉpUre au roi pour açoir été dérobé , FtHégie qu'il adressa é son amante , après aooir hHUé sa lettre^ les Epigrammes de oui et nenm^ du UeuUnant criminel et de Semblaneai^ de Vtd>bé et de son valet , d*un songe f de Cupido et de sa dame , du beau tétin d^une épousée farouche. Ces productions, d'un génie vraiment original , serviront toujours de modèles dans un genre où La Fontaine a pu seul réussir après Marot. Cette édition est précédée d'une No-

DE GLÉWEMT MAROT. 503

1819. tice , ^'un Discours préliminaire et de quelques notes. Ces notes , tirées pour la plupart de Tédition , de Lenglet Dufresnoy , suffisent , quoique courtes , à rintelligeqce du texte. La Notice renferme , trèssuccinctement , les principaux £aiits de la vie du poète. Le style dqnt elle est écrite révèle une plume exercée. Le Discoijrs est consacré à .Fhistoire de la langue française depuis son berceaif jusqu^à Malherbe. Il présente des aperçus ingénieux , exprimés avec une élégante facilité j et le talent de Fauteur n'est pas gêné dans le cadre étroit qu'il a choisi; Torthographe que Ton a adoptée tient le milieu entre l'ancienne et la moderne. Ce mélange bizarre ne nous semble pas devoir être employé dans la réimpression des vieux auteurs ; conservons leur orthographe, ou donnons-leur tout-à-fàit la nôtre.

1823. Œuvres de CLÉifEin' Marot , noiwelle édition , reçue sur toutes celles qui Vont précédée y açec des -Notes historiques et un Glossaire des vieux mots , par M. Pierre-René Auguis , 5 vol. în-i8, Brîssot-Thivars. Le nom de M. Auguis est une bonne fortune pour un ouvrage; aussi s'achète-t-il au poids de For. Ce nom , trésor des libraires , s'est allié à ceux de nos plus grands génies. Molière , J.-B. Rousseau , n'auraient pas de succès s'ils n'étaient précédés d'une notice enrichie de sa précieuse signature. En effet , depuis long-tems le mérite de M. Auguis est connu. Biographe , historien , antiquaire et correcteur d'épreuves , il a réuni toutes les couronnes. L'édition de L. Dufresnoy, qu'il vient de prendre sous sa protection , va encore ajouter à sa gloire littéraire. Clément Marot manquait à nos bibliothèques; un

594 ÉDItlONS DES OEUVRES

1828. . amî des lettres eut Theareùse idée de &ire sortir de Toublî le père de la poésie française. Plein de son généreux projet 9 il saisît la plume.... et Marot , raîeuni , reparah traînant k sa suke un gothi<jae commentaire et le nom de M. Pierre René Auguis.

Nous ne fûmes pas peu.surpris , lorsque nous reçûmes le prospectus de cetle édition, en même tems que celui des Poètes français j recueil où Ton \ oit six cens poètes placés comme desjailons sur la ligne des connaissances humaines. Nous n'avons pas été peu étonnés en lisant dans ce dernier : On aurait tort de croire que cet élégant betdinage , qui a rendu le nom de Marot cher aux amis des Muses , est le cachet ordi^ noire de ses ouçrages; on ne le trouve que dans quelques^ unes des pièces de la nombreuse coUecHon de ses aaivres. Le même homme , qui ne laisse à Marot que quelques feuillets , s'avise de mettre au jour une édition complète de ses œuvres! veut-il nous familiariser avec Marot, que Ton vante encore et qu'on ne Ht plusP Prétend-il lui enlever sa vieille réputation, en opposant au petit nombre de ces che&nl'œuvre inimitables de délicatesse et de naïveté , la foule de ces £iibles productions dans lesquelles l'auteur du Doux nennine s'élève pas même au-dessus de son siècle ? Ou bien , honteux d^un jugement trop sévère , qu'il a porté peutrêtre avant d'avoir parcouru ses poésies , veut-il effiicer son injuste mépris par une éclatante réparation? Ces motifs n'ont pas assez de poids pour M. Auguis. Comment donc expliquer cette étrange contradiction? hier, critique outré; aujourd'hui, admirateur enthousiaste! Ce problème est pourtant £icile k résoudre. Hier , M. Auguis travaillait pour

DE CLÉMENT MAROT. SgS

1823. tel libraire; aujourd'hui, il est aux gages de tel autre* Un auteur n'a-t-îl pas une critique et une admiration de commande ? *

Une malheureuse émulation existe entre les auteurs ou plutôt entre les libraires. Ceux-ci se nuisent les uns aux autres par une continuelle rivalité d'entreprises. On s'étonnait autrefois lorsqu'ils demandaient du style à la Saint-^Evremond ; maintenant ils ont à leur disposition des manoeuvres pour tous les styles. Ils conçoivent , et on exécute ; ils inspirent les poètes à défaut di' Apollon 9 et le génie n'est pas. muet au son de leur argent. On achète des Messéniennes avant qu'elles soient composées ! Dès qu'un ouvrage que l'on soupçonne devoir faire sensation > s'apprête à paraître » tout l'essaim, écriyassier est en rumeur ; c'est asseï que l'on puisse surpasser en vitesse la nouvelle production qi^i trouve quelquefois à sa naissance cinq ou six avortons , usunpatenrs de son noip et de ses idées. Voilà ce qui arrive tous les jours, y et ce qui arrivait bien avant le sl(i vos non vobi's de Virgile. Malheureusement il n'y a point de bxeoet& éCinçention en littérature.

Nous avons déjà exposé les raisons qui. nous ont engagé à publier une édition de Clément Marot. Une étude approfondie nous avait perii>is d'apprécier ses beautés trop ignorées; nous résolûmes de justifier sa réputation , qui s'était conservée jusqu'à nous par tradition, et dV/^p^r, comme nous l'avons dit, un monument au génie heureux qui^ avec Montaigne ^ épura le jargon barbare de nos, dieux , et commença une tâche qu'il était réserçé à Mallierbe d^ acheter. Nous consacrâmes plusieurs années aux recherches

1823. que' réclamait ce genre de travail , et, dans rintérèt de notre poêle Êivori , nous nous dévouâmes au métier pénible et obscur de. commentateur. Le public {ut bientôt instruit que l'on préparaît une édition de '' Marot. Aussitôt un libraire , s^exagérant le succès

que cette réimpression ne devait pas manquer d'obtenir , se dispose à Étire son profit de l'idée d'an autre. L'édition que l'on annonce est belle , et les soins qu'on j apporte en retarderont la publication; eb bien ! Il entreprend impromptu Une édition de la petite propriété. Mais le vieux langage ne peut se passer de commentaire. Celui de Lenglet est d'autant plus précieux qu'il est tout Ëilt. Il ne reste plus qu'à choisir un auteur qui reuille bien attacher son nom à cette édition dont II a le bonheur de n'être pas coupable. M. Auguis prête volontiers son nom Illustré par cinq ou six noâces 9 et par le titre de membre de la Société des antiquaires. M. Augnis endosse donc l'habit de Lenglet^ qu'il a le bon sens de raccourcir et de dégraisser , et M. Auguis-Lenglet- DuGresnoy , sous son costume emprunté , sort majestueusement des presses au bout de deux mois ; . . . . l'accueil favorable qu'il a reçu a achevé de nous désoler.

On avait lieu d'attendre de ]V{. Auguis un bon commentaire sur les CEuvres de Marot. Les connaissances étendues qu'il possède devaient l'aider dans un ouvrage tout entier d'érudition , et l'intéressante collection des Poètes français a révélé combien notre vieille langue lui est Êimilière ; nous regrettons qu'il n'ait pas sacrifié quelques mois à méditer Marot. Car nous ne pensons pas qu'il puisse

1823. estimer Tédition de Lenglet. Il a sans doute. mis à regret sob nom en tête de cette rapsodie écrite en style de cuisinière, et dont quelques documens curieux et quelques pensées originales ne peuvent rendre la lecture supportable. Nous savons même que M. Auguis , pour expier probablement le détestable fatras qu'il a eu la Ëiiblesse de s'attribuer , a esquissé une édition entièrement nouvelle de ce poète, dont, h Fentendre, on ne doit lire que quelques pièces. Si , lorsque ce bruit vint à nos oreilles y notre travail n'eût pas été terminé , si l'impression n'eût pas été alors fort avancée, nous aurions volontiers abandonné notre projet , ou nous aurions proposé à M. Auguis de se réunir à nous , et de nous diriger dans l'emploi des matériaux que nous avions rassemblés. Cette association eût certainement été avantageuse pour nous et pour notre édition. Nous espérons cependant que notre essai ne privera pas Marot et le public du nouveau commentaire que M. Auguis a, dit-on, entrepris, et surtout d'un grand travail dont le nom de Campenon garantit le succès.

L'édition de M. Auguis étant celle de Lenglet, corrigée et abrégée , nous ne répéterons pas ce que nous avons dit au sujet de cette dernière , que nous avons examinée peut-^tre avec trop d'indulgence. Nous nous bornerons à une remarque sur le texte , à la correction duquel l'éditeur paratt s'être appliqué , bien qu'il n'ait pas été , comme on l'annonce pompeusement , reçu sur toutes les éditions précédentes. L'orthograpbe que l'on a suivie dans cette édition est souvent bizarre , et l'on y rencontre , si l'on peut s'exprimer ainsi , des anachronismes d'orthograpbe»

1823. On s'est astreint scrapuleusement à Tortliographe étymologique. Du temps de Marot y les savans seuls et les puristes voulaient encore renfermer^ autant (pie possible , dans un mot toutes les lettres de la racine grecque ou latine, ^orthographe commençait alors à se simplifier , et les livres imprimés à cette époque , attestent combien on se soumettait peu à ce rigorisme pédantesque. On n'écrivait pas il escribt (scribit) ; monde (mundus) prenait un o pour n'être pas confondu avec munde^ pur (mundus). Autre observation ; on a substitué presque partout Vy à Yi, sentyr^ sorfyVy etc. Nous croyons que Vy ne s'employait que devant ou après les voyelles et principalement o et u , moy, roy , buysson. Enfin le même mot est quelquefois orthographié de trois ou quatre manières différentes f faute choquante qui reparaît presque à chaque ligne dans les anciennes éditions. Mais il est impossible avec l'attention la plus infatigable de réimprimer de vieux auteurs correctement. Le Rabelais, en trois volumes in-8® , dont l'exécution est très-soignée , est rempli de fautes ou plutôt de variations d'orthographe. Notre édition est loin d'être exempte de ce reproche. Les retranchemens , qui étaient indispensables dans les notes de L. Dufresnoy, ont été Oaiits avec autant de sagesse que de goût, quoiqu^en corrigeant les fautes de langage' , on eût pu retoucher une multitude de phrases d'une platitude dégoûtante. On a rejeté toutes les réflexions licencieuses que l'abbé multipliait avec tant de complaisance ; les satires injurieuses que Lenglet adressait à ses nombreux ennemis , ont disparu. Le catholicisme de l'éditeur aurait dû respecter les plaisanteries que se permettait

1823. notre cynique contre les moines et les vices de l'église au seizième siècle. S'il a craint de s'attirer les regards de l'autorité , Il a en tort. Qui oserait prendre la défense des moines et des bûchers ? Nous les avons conservées, ces notes , et même nous en avons ajouté de nouvelles , bien persuadé que la religion n'est pas responsable de ses ministres , et que c'est rendre service à son pays , que de signaler à l'indignation publique les superstitions et les infamies qui ont déshonoré si long-tems la France.

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