XXII NOTICE
Pernette du Guillet, Clémence de Bourges et, je crois, aussi Jeanne Gaillarde, furent les plus notables membres de cette manière d'académie, avec Clément, qui adressa quelques pièces à plusieurs d'entre eux ou d'entre elles.
Au mois de juillet de la même année, Éléonore, sœur de Charles-Quint, ramenait de captivité les deux fils du roi envoyés comme otages en Espagne. Marot accourut à la suite de la cour jusqu'à Bordeaux, et le ii juillet, « en la présence de monseigneur le dauphin et le duc d'Orléans son frère, enfans du roy, » dit la Cronique du roy Françoys I^^ (p. 88), il présenta une épître de bienvenue à la nouvelle reine de France (voir plus loin p. 169, t. I) et revint à Paris pour assister aux cérémonies de son couronnement et à toutes les réjouissances qui furent données à cette occasion. C'est alors qu'il offrit à Antoine de Lorraine sa traduction du premier livre des Métamorphoses d'Ovide (voir plus loin, p. 171).
Mais à ces fêtes devaient succéder des deuils. Une affreuse épidémie, la peste, fit son apparition en France et emporta beaucoup de victimes, parmi lesquelles la mère du roi, Louise de Savoie, dont notre poète déplora la perte dans une Églogue vraiment fort belle et supérieure à tout ce que la Pléiade elle-même a fourni dans l'ordre des poésies sentimentales et descriptives (voir plus loin, p. 546, t. I). Marot luimême fut atteint du mal, mais il fut sauvé grâce aux bons soins de ses amis, les médecins de la cour. Son valet avait profité de ce qu'il était alité pour lui dérober une grosse somme d'argent, la somme qu'il avait reçue, à titre gracieux, . à l'occasion du mariage de François I^^ avec Éléonore d'Autriche. Il dut recourir à la générosité de son royal protecteur pour avoir de quoi subvenir aux soins que réclamait sa convalescence. Celui-ci s'empressa d'octroyer à son poète cent écus d'or soleil, l'équivalent du vol dont il avait été victime. C'est sans doute à la suite de cette maladie que se maria Marot.
Avec la santé du cor]:)s étaient revenues la vigueur et la vivacité de l'esprit. En 1532, il fit réimprimer, par