‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 19 sur 258 · NOTICE XXIII · texte numérisé non relu

NOTICE XXIII

ordre de François I^', les poésies de François Villon, qu'il accompagna de petites notes grammaticales, puis il donna une édition des poésies de sa jeunesse. Mais il avait aussi retrouvé son naturel railleur et caustique : fort de l'appui du roi, il ne se gênait ni pour se moquer des hommes et des institutions sacrées, ni pour agir et vivre à sa guise. Il avait de nouveau enfreint la loi de l'Église qui défend de manger de la chair en carême; la chose fut sue et à la fin de 1532 les poursuites s'annonçaient comme devant être d'autant plus sévères que le cas se compliquait de récidive. Heureusement pour notre poète, la reine de Navarre intervint à propos et le tira de ce mauvais pas. On donna pour prétexte sa convalescence; l'affaire n'eut pas de suite, et pour cette fois Marot en fut quitte pour la peur.

Cette alerte lui rappela sans doute l'assistance que lui avait prêtée jadis son ami, Lyon Jamet ; il eut l'idée de lui écrire pour lui prouver qu'il n'oubliait point les services passés, mais, par prudence, il se servit pour correspondre d'un genre alors fort à la mode : le Coq à l'asne, .poésie satirique mêlée de plaisanteries et de bouffonneries plus ou moins fmes et spirituelles; le plus souvent, c'est le gros sel qui domine, comme dans Rabelais^.

Pour échapper probablement aux ennuis de la persécution et aux fers dont le menaçaient ses ennemis et la Sorbonne, Marot ne tarda pas à quitter Paris, après cette alerte (1533). Le roi François P^ se rendait à Marseille à la rencontre du pape ; son poète profita de l'occasion pour accompagner en Béarn le roi et la reine de Navarre et, en passant, faire au prince et à la princesse les honneurs de sa ville natale.

ni

Quelle heureuse idée avait eue Marot de voyager ! Bien lui avait pris de s'éloigner de Paris. Pendant qu'il

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