‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 187 sur 258 · SUR CES MOTS · texte numérisé non relu

SUR CES MOTS

Chascun soit content de ses biens :

Qui n'a suffisance n'a riens.

D'estre content sans vouloir davantage, C'est un trésor qii'on ne peut estimer;

I. Les Rondeaux suivants sont tirés d'éditions autres que celle de 15^4.

Avoir beaucoup et tousjours plus aymer, On ne sçauroit trouver pire héritage.

Un usurier trouve cela servage; Mais un franc cueur se doibt à ce somraer D'estre content.

Qui veult avoir de richesse bon gage, Sans en ennuy sa vie consumer, Pour en vertus se faire renommer, Tasche tousjours d'avoir cet advantage D'estre content.

/. UN POUR AVOIR DE l'ARGENT

En beau papier je sçay tant bien signer, S'il vous plaisoit. Monseigneur, me finer Un cent d'escuz, par vostre gentillesse, J'aurois tantost contenté mon hostesse.

Et m'en irois soudain après disner.

Si vous voulez me faire consigner, Ou bien le paye en un temps designer, J'en suis content, pourveu que je la dresse En beau papier.

Ne cuydez pas que vous veuille affiner Ou cautement vostre argent rappiner.

Si respondant voulez que vous adresse, Je le veux bien; mais il n'est que promesse. Quand on la sçait sagement assigner En beau papier.

VERS AFFICHEZ A PARIS QUAND BEDA FUT FORBANNY, VOULANS ESMOUVOIR LE PEUPLE A SEDITION CONTRE LE ROY

Aie jeu, au feu, ceste hérésie Qui jour et nuyct trop nous blesse ; Doys tu souffrir telle moleste Saincte Escritiire et ses edictz?

Veulx tu bannir science parfaicte Pour soustenir Luthériens rnauldici:!

Crains tu Dieu, qu'il le permette, Toy et tes biens qui sont fleuris Face périr?

Paris, Paris, fleur de noblesse.

Sous tiens la loy de toy qu'on blesse. Ou aultrement fouldre et tempes te Cherra sur toy, je t'en advertis.

Prions tous le Roy de gloire Qu'il confonde ces hérétiques mauldictz.

Afin qu'il nen soit plus mémoire Non plus que des aux pourris.

Au feu, au feu, c'est le repaire; Faictz en justice. Dieu Va permys.

RESPONSL, Uï: CLEMENT MAROT (1535)

En l'eau, en l'eau ces folz séditieux, Lesquelz en lieu des divines paroles Preschent au peuple un tas de monopoles Pour esmouvoir debatz contentieux.

Le Roy leur est un peu trop gratieux :

Que n'a il mis bas ces testes folles En l'eau.

Hz ayment tant les vins délicieux Qu'on peult nommer cabaretz leurs escoles: Mais refroidir fauldroit leurs cliauldes colles Par le rebours de ce qu'ilz ayment mieulx, En l'eau.

DIXAIN SUR LE MESiME SUJET

Au feu, en Peau, en Vair ou en la terre Soient pris et mis ces fols prédicateurs Qui vont preschant sédition et guerre Entre le peuple et les bons précepteurs. Ils ont esté trop long temps séducteurs, Et mis le monde en trouble et desarroy : Mais Dieu de grâce a voulu que le Roy Aye entendu leur sophisiic parler, Qui les fera punir selon la loy Au feu, en Veau, en la terre ou en V air.

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