AU ROY
Ce nouvel an, François, où grâce abonde, 11 m'a ouvert, pour estrener le monde, Dont l'Occident deux ans clos m'a esté; Et pourtant j'ai d'estrener protesté Le monde ouvert, et mon Roy valeureux.
Je donne au Roy ce monde plantureux; Je donne au monde un tel prince d'eslite, Affin que l'un vive en paix bien heureux, Et que l'autre ait l'estrene qu'il mérite.
O O C r ft.
DU PETIT ARGENTIER PAULMIER, D'oRLÉAN'S
Cy gist le corps d'un petit Argentier Qui eust le cueur si bon, large et entier Qu'en son vivant n'assembla bien aucun, Fors seulement l'amytié de chascun, Laquelle gist avec luy (comme pense), Et a laissé pour toute recompense A ses amys le regret de sa mort.
Doncques, passant, si pitié te remord, Ou si ton cueur quelque dueil en reçoit. Souhaite luy (à tout le moins) qu'il soit Autant aymé de Dieu tout pur et munde Comme il estcjit du misérable monde.
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DE COgUILLART, ET DE SES ARINIES A TROIS COQUILLES d'OR
La morre est jeu pire que aux quilles, Ne qu'aux eschetz, ne qu'au quillard; A ce meschant jeu Coquillart Perdit sa vie et ses coquilles.
DE FRERE JEHAN l'eVESQUE, CORDELIER NATIF d'oRLÉANS
Cy gist, repose et dors léans Le feu Evesque d'Orléans, J'entends l'Evesque en son surnom, Et frère Jehan en propre nom, Qui mourut, l'an cinq cens et vingt, T>e la verolle qui luy vint.
Or affin que sainctes et anges Ne prennent ses boutons estranges.
Prions Dieu qu'au frère Frappart Il donne quelque chambre à part.
de JEHAN LE VEAU
Cy gist le jeune Jean le Veau, Qui en sa grandeur et puissance Fut devenu bcuf ou toreau ; Mais la mort le print dès l'enfance.
Il mourut Veau par desplaisance, Qui fut dommage à plus de neuf, Car on dit (veu sa corporance) Que ce eust esté un maistre beuf.
DE GUION LE ROY, QUI S'ATTENDOIT d'ESTRE PAPE AVANT QUE MOURIR
Cy gist Guion, Pape jadis et Roy, Roy de surnom, pape par fantaisie.
Non marié, de peur (comme je croy) D'estre cocu ou d'avoir jalousie.
Il préféra bon vin et malvoysie Et chair salée à sa propre santé.
Or est il mort la face cramoysie :
Dieu te pardoint, povre Pater sancte !