‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 43 sur 258 · XLVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XLVIII NOTICE

l'influence italienne, l'influence espagnole se traduisent par l'apport de certains termes.

Au commencement du xvi^ siècle, il n'y a pas encore, à proprement parler, de grammaire française. On n'a pas encore le sentiment d'une règle inviolable, dominant l'écrivain, mais seulement, au milieu de variations, des usages plus ou moins dominants, auxquels on peut se dérober par moments, si, en général, on est tenu de leur obéir.

De même que pour la prononciation, il n'y a pas de règle fixe pour l'orthographe. Au xvi^ siècle, nous trouvons en présence deux systèmes d'orthographe : l'orthographe phonétique qui se modèle sur la prononciation, l'orthographe étymologique qui s'attache })lutôt à rappeler l'origine des mots. Parmi les écrivains, les uns tiennent pour le système étymologique, les autres veulent conformer 1' « écriture » au « commun parler »; à côté de l'abus, se glisse l'erreur : les uns supprimant des lettres nécessaires, les autres introduisant des lettres parasites qui ne pouvaient en rien se recommander de l'étymologie; quelques-uns, enfin prétendent tout bouleverser et emploient toutes leurs ressources à inventer et à vouloir faire admettre les procédés les plus étranges et les plus compliqués.

Enfin, à cette époque, chaque atelier, chaque ouvrier avait son système particulier d'orthographe et imprimait le plus souvent avec sa manière à lui, fréquemment même abusait de la liberté qui lui était laissée et orthographiait les mots tantôt d'une façon, tantôt d'une autre.

Cette confusion, en matière de langue, rend souvent assez délicate la lecture et la compréhension de notre auteur.

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