LA LANGUE
Comme tous les bons écrivains, Marot se sert de la langue de tout le monde, de celle que parlaient ses contemporains, dans la vie de tous les jours. Aussi, dans ses poésies, on trouve peu d'exceptions à l'usage alors observé.
Comparée à la langue du xvii^ siècle et à la langue moderne, la langue du xvi^ siècle présente des différences plus ou moins considérables dans le vocabulaire, la grammaire, la prononciation et l'orthographe. Elle n'est pas d'ailleurs fixe, mais varie suivant les époques, parfois même de province à province, d'auteur à auteur et dans un même ouvrage. Chacun parle et écrit un peu à sa fantaisie, suivant le dialecte de la province, les connaissances acquises et, le plus souvent, l'imagination et l'inspiration du moment. Quelques auteurs préfèrent s'en tenir au langage du passé, beaucoup, au contraire, ne craignent pas d'adopter une orthographe, des mots, des tournures et des formes jusque là inusitées. De là tant d'irrégularités dans la grammaire du xvi^ siècle, de là ce manque d'unité, ces mots écrits, ces phrases agencées de façon si diverse, parfois dans la même page, à quelques lignes d'intervalle.
Le vocabulaire est, pour une grande partie, le vocabulaire moderne. Mais il y a encore nombre de mots du Moyen Age que le xvii« siècle laissera tomber en désuétude; beaucoup de mots encore aujourd'hui usités sont employés dans des acceptions actuellement disparues, d'autre part, le xvi^ siècle emprunte des mots nouveaux aux langues anciennes, on cherche à faire revivre des mots oubliés des âges précédents;