Pièce comprise dans l'édition de
fut ma response mise à fin, que ceste garse affectée me va dire : « Veulx tu donc maintenir (homme ignorant) amourettes estre indécentes à jeune Prince? Ton peu de sçavoir conguoistras ores par le contraire que je te veuil prouver. » Lors, cuydant répliquer, ma loquence interrompit par un rondeau qu'elle tira du coffret de sa jeune rhétorique, disant ainsi :
En sa jeunesse im prince de valeur, Pour éviter ennuy plein de malheur, Le noble estât des armes doibt comprendre Et le beau train d'amourettes aprendre.
Sans trop aimer venerique chalemr.
Armes le font hardy, preux et vainqueur, Amours aussi font d'im prince le cueur Plus libéral que ne fut Alexandre En sa jeunesse.
S'il est hardy, preux et entrepreneur, Il sera dict plein de los et bonheur; Et s'en sa largesse il veult sa main estendre, Aymé sera tant du grand que du mendre : Par amour donc un prince acquiert honneur En sa jeunesse.
Tant m'a presché, o Roy tresmagnagnime, et tant a faict par son babil Jeune Hardiesse, qu'elle m'a mené devant vostre royale Majesté, et de faict m'a dict en chemin que vous avez je ne sçay quelle grâce d'excuser les ignorans, qui supporteroit tout. De laquelle grâce, Sire, je vous supplie d'user au besoing sur ce mien petit livre, parlant de trois sortes d'amours. L'une est ferme, l'autre legiere, et la tierce vénérienne, et sur lequel est escripte en mondaines comparaisons la construction du Temple de Cupido par un amoiureux errant, lequel y fut en la queste de sa dame nommée Ferme Amour, disant ainsi :
Sur le printemps que la belle Flora, etc. (Comme dans le Temple de Cupido.)