‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 60 sur 258 · SERMON · texte numérisé non relu

SERMON

DU BON PASTEUR ET DU MAUVAIS PRIS ET EXTRAIT DU DIXIÈME CHAPITRE DE S. JEHAN

Près de Paris vostre grande cité, Sire, je fus, le karesme, incité D'aller aux champs entendre le propos Du bon Pasteur, aimant l'aise et repos De ses brebis, lequel paist mesmement Le sien bestail par bon nourrissement.

Lors un j'en vei, sur un tertre monté, Que Charitable Amour avait dompté, Songneusement gardant son petit nombre, Qui là estoit tappi à terre en l'ombre, Et le paissoit de l'Escriture Sainte, Disant ainsi par parole non fainte :

« Petit troupeau, vous n'avez donc plus cure D'estre repeu de l'humaine pasture.

Ayant ouy la joyeuse nouvelle De ce pain vif qui rend l'ame immortelle. Du haut du ciel icy bas descendu, Pour estre à tous les humains espandu, Qui vous a faict ce haut bien et cest heur D'ouir la voix de vostre bon Pasteur, Qui est entré dedans la Bergerie Pour le salut de la brebis perie, La restaurant de si doux pasturage, Que d'un mauvais il fait un bon courage.

C'est luy qui est vérité, vie, et voye Où nul vivant ne s'esgare ou fourvoyé.

C'est la clarté qui le monde illumine, Que nulle nuict ne ténèbre extermine.

C'est luy qui est l'eau vive et souveraine Qui dans le cueur faict sourdre une fontaine Saillant du ciel, d'un goust tant bon et soef, Que qui en boit il n'aura jamais soif. A luy avez esté tirez du père Pour aller veoir ce Pasteur vostre frère. Ne plus ne moins que si fussiez l'eslite Qu'il a voulu choisir, et sans mérite Que de luy seul, dès le commencement, Quand par son mot il fit le firmament. Il a bien dit : « Je cognoy mes ouailles. Et elles moy, et ouvrent les oreilles Pour escouter ma divine parole.

Qui n'est en rien menteuse ne frivole. »

C'est luy qui a baillé pour nous sa vie, Tant il a eu de nous saulver envie, Et a rompu nostre captivité.

En nous donnant franchise et liberté.

C'est le Pasteur de nous si fort jaloux. Que ne serez pris ne ravis des loups.

Et, qui plus est, luy tant bon, tant honneste, A tout nombre le poil de vostre teste. Et n'en cherra un sans la volonté De Dieu son père : ainsi l'a racompté.

C'est luy qui a publié son edict, (Au moins ainsi que l'Evangile dit) Que chascun voise à luy de prime face Quand il voudra obtenir quelque grâce.

Tant soit indigne et remply de malice.

Et il aura pardon du maléfice, Ainsi comme eut le povre Enfant Prodigue Qui, de la chair ayant suivi la ligue, Fut prévenu de son père et receu Benignement, dès qu'il l'eust aperceu.

Il crie après : « Je vous fais asçavoir Que nul ne peut accès au père avoir

Sinon par moy; et si ne pouvez rien Faire sans moy, tant soit petit de bien Pour vous sauver, et croyez à mon dire : Car vous sans moy estes tous enfans d'ire; Escoutez donc le Pasteur débonnaire, Puis qu'il nous est tant doulx et salutaire; Car Dieu commande exprès de l'escouter, Et autre esprit contraire rebouter. «

O charité, ô bonté indicible, Te comparer à autre est impossible.

Où est l'amy, que tant bon on réclame. Qui pour l'amy voulust bailler son ame? Où est l'amy, ou soit vif ou soit mort, Qui à l'amy baille vie pour mort?

Ou est le roy qui vueille concéder Grâce, où nully ne vient intercéder?

Et promettant que tout criminel homme Humilié s'adressast vers luy, comme Feroit celuy qui a bien mérité Quelque grand bien pour sa dextérité.

Las ! trop s'en fault qu'il se vueille cacher; Mais quoy I il vient ses ennemis chercher Pour les sauver, lors qu'ilz luy font outrage. Ainsi qu'avons de sainct Paul tesmoignage. Qui fut receu vaisseau d'élection Faisant des sainctz la persécution.

Tu ne cherchois rien moins, Samaritaine, Que ton salut, allant à la fontaine; Et toutesfoys par luy tu fuz cherchée.

Dont ta grand' soif fut d'eau vive estanchée. Mais que diray dont tel amour procède, Qui les amours de tous humains excède?

Seroit ce point pour la laine ou toison Que luy rendez tous les ans à foison?

Seroit ce point pour quelque bonne chose Venant de vous, en vostre cueur enclose? Certes, nenny, car en cela vous estes (Il est certain) toutes indignes bcstes. Et tout ainsi immundes et crasseuses Comme le drap des femmes monstrueuses.

Puis que telle est vers luy vostre excellence,

Ce n'est cela donc qui meut sa clémence

A vous aymer, mais la seule bonté

Qui a la terre et le ciel surmonté,

Ce qu'ignorez, si mal estes instruictes.

Povres brebis, on vous a bien seduictes;

Car seulement il est icy venu

Pour le troupeau en péché détenu.

Donc nul n'aura part au grand bénéfice

Qu'il nous a quis, s'il dit estre sans vice;

L'homme dispos, qui est sain et entier,

Du médecin n'a besoin ne mestier,

Et seroit fol cil qui juste estre pense.

De demander pardon de son offense.

Parquoy ne faut nullement s'excuser,

Mais envers luy noz delictz accuser,

Comme celuy qui dist la patenostre.

Qui lors confesse estre pécheur tout autre.

« Las ! n'entre pas, dit David humblement.

Contre ton serf, Seigneur, en jugement :

Car je suis seur, et bien édifié,

Que nul ne peut estre justifié

Si tu te veux monstrer accusateur,

Toy estant juste, et tout homme est menteur. »

Car Dieu a tout conclud dessoubz péché.

Dont a voullu en croix estre attaché.

En declairant sa grand' miséricorde.

Dont malheureux est qui ne s'y accorde.

Or pour purger ses œuvres vicieux.

Trouve l'on point un onguent précieux, Ou autres cas faict de mouches à miel, Ou ne sçay quel baume artificiel?

Non. que le sang du sauveur Jésus Christ, Qui a esté pour vous laver proscrit Et immolé, tendant en croix ses mains, Monstrant porter les péchez des humains. Se vend il point tant aux grans qu'aux petis? Non, mais se donne à un chacun gratis Celuy qui a pleinement satisfait Pour le péché que point il n'avoit fait.

Et n'y avoit remède qui valust

Que celuy là, pour nous donner salut.

Par autre nom, tant soit il esprouvé,

L'homme ne peut jamais estre saulvé.

Si le salut fut venu d'autre lieu,

Mort pour néant seroit le fils de Dieu.

Sainct Paul ce poinct clairement nous decœuvre,

En asseurant qu'il ne vient de nostre œuvre,

Mais de la foy, qui l'homme just^ifie,

Tant soit meschant, quand en Dieu se confie?

Soit deffiant de soy et sa vertu,

Que ne luy faut estimer un festu :

Car ayant fait tout selon l'Evangile,

Dites : « Je suis serviteur inutile. »

Parlant de foy, j'entends de la foy vive.

Laquelle n'est vers son prochain oysive;

Qui vient de Dieu par grâce, et en pur don.

Et non de nous, faisant l'arbre estre bon,

Qui par l'ardeur d'icelle fleurira.

Et son bon fruict en son temps produyra :

Car l'homme en foy ressemble à son ouvrage,

L'arbre planté l'orée d'un rivage.

Qui son bon fruict produit en la saison.

Aussi David, faisant comparaison.

Dit que jamais ses fueilles ne périssent.

Et tous ses fruicts prosperement meurissent.

Donc est besoin que l'arbre et sa racine Soit rendu bon par la grâce divine.

Premièrement qu'il puisse aucuns fruictz faire, Qui suffisans soyent pour à Dieu complaire. Parquoy il est escrit dedans la Bible Que plaire à Dieu sans foy est impossible; Car le bon fruict, quel qu'il soit, n'a la force Faire bon l'arbre en sève ou en escorce, Mais du bon fruict on dit en vérité : « Cest arbre est bon, qui tel fruict a porté ».

L'arbre mauvais produire ne sçauroit Que mauvais fruict; qui autrement diroit Seroit menteur et séducteur inique :

Dieu nous le dit en lieu bien autentique.

Doncques, brebis, par ceste vive foy Duites serez à parfaire la loy, Qui est aymer Dieu d'une amour extresme, Et son prochain ainsi comme soy mesme; Car lors l'esprit comme d'un instrument Propre usera de vous utilement, En dechassant le violent et fort Hors de voz cueurs, où il avoit son fort, Qui s'enfuira esperdu et confus Par le plus fort esprit en vous infus. D'icelluy seul vient vostre suffisance; Sans luy de vous le bien n'est qu'apparence Extérieure, et fard hypocritique.

Comme un sepulchre orné en lieu publique Qui par dehors monstre quelque beauté, Mais par dedans n'est qu'immondicité.

Par ceste foy vous estes tous faitz dieux, Et filz de Dieu, et héritiers des cieulx. Par ceste foy enfans d'adoption, Jadis enfans de malédiction.

C'est le héraut qui nous a annoncé Que Dieu avoit de tout poinct renoncé De se venger contre nous de l'injure Que luy avoit faict nostre ame parjure : Et qu'il avoit esté médiateur Tant qu'il estoit d'ennemy amateur.

Par ceste foy à Dieu ferons offrande D'un cueur contrit, car tel il le demande. Qui est le lieu où veut estre honoré En vérité, et esprit adoré.

Dieu, qui a fait miraculeusement Le monde, et tout universelement; Veu que du ciel et terre il est Seigneur, Voyre, et selon son vouloir, gouverneur. Point il n'habite en temples faitz de mains, Et révéré n'est par mains des humains.

Tout est par luy et par tout d'une essence, N'ayant besoin de rien, ou indigence; Il ne faut donc à aucun simulacre Accomparer l'esprit divin et sacre.

70 Ot»USGULES

Par ceste foy vive le juste vit, Lequel des mains de Dieu nul ne ravit, Et luy tombé confondu ne sera, Mais la faveur de Dieu l'eslevera.

Par foy, de Dieu vous estes le saint temple, Qui doit monstrer à chascun bon exemple, Et prier Dieu, sans aucune fainctise.

Pour les seigneurs et pasteurs de l'Eglise, Les honorant ainsi qu'il appartient.

Et que de Dieu l'Escripture contient.

Par .ceste foy les bienheureux fîdelles Sont tous armez, non point d'armes charnelles Qu'on peut forger, mais de Dieu trespuissantes, Et tout ainsi que le soleil luysantes, Pour abimer tout esprit et hautesse Qui fièrement contre les cieulx se dresse; Pour foudroyer ces géants téméraires, Du Dieu vivant superbes adversaires. Qui montz sur montz s'efforcent cumuler, Pour par leur force en paradis aller, En desdaignant la guide et saufconduict, Qui est la foy, dont faut estre conduit. Pour ceste foy serez persécutez, Hays du monde, à mort exécutez.

Ainsi que fut vostre pasteur et maistre, Puis que voulez en sa prairie paistre.

Tel est des siens la mercq et le vray signe. Duquel ne fut et n'est le monde digne. Ceulx qui feront de vous telle injustice. Penseront estre à Dieu vray sacrifice; Mais en estant de son dire recors.

Vous ne craindrez ceux qui tuent les corps, Trop bien celuy qui tue corps et ame.

Laquelle n'est icy en danger d'ame.

Et recevans tel' persécution Espérez en rémunération, Qui est au ciel tresgrande et copieuse, Parquoy sera vostre ame bien heureuse.

Par ceste foy nul n'aura fantasie Suyvre le monde, ou secte ou hérésie.

Qui est à Dieu abomination,

Ains vous l'aurez en detestation,

Car suivTe faut la reigle et loy de Christ,

Comme il Ta baillée par escrit,

Sans quelque part nullement décliner,

Qui ne voudroit se perdre ou ruyner.

Par foy on voit l'opinion damnée,

Que charité qui est bien ordomiée

Commence à soy; car charité ne quiert

Ce qui est sien, mais plutost ell' requiert

Perdre son bien pour l'autruy augmenter.

Oyez vous point Moyse lamenter Et supplier à Dieu d'un ardent zèle Pour le delict de son peuple infidèle.

Et désirant plutost estre damné Que fust à mort le peuple condamné?

Si Jésus Christ l'eust ainsi ordonné, Il n'eust sa mort pour vous abandonné, Et de Cephas n'eust blasmé la prière.

Quand il luy dit : « Va, faux Satan, arrière. » Ne dit il pas en nous donnant la forme, Qu'eussions amour à la sienne conforme, • Dont pour les siens sainct Paul d'elle embrasé Estre voulut anathematizé ?

Par ceste foy, empereurs, roys et princes Visiteront leurs pays et provinces, Pour empescher que le povre pupille Grevé ne soit, ne la vefve débile.

Et que le sang de l'humaine innocence.

Pour qui l'esprit demande à Dieu vengeance, Ne soit au glaive exposé et submis.

Par faulx tesmoings, et de Dieu ennemis.

En ceste foy l'homme s'humiliera.

Et à chacun seigneur obeyra; Premier au roy, comme au plus excellent. Puis aux seigneurs tout à l'équipolent; Car à chacun faut rendre son honneur, Soit roy ou duc, ou prince ou gouverneur. Ce sont ceux là que Dieu a envoyez, Pour reprimer les mauvais dévoyez,

Non pour les bons, sinon pour leur louange. Consequemment ne trouveront estrange De bien payer leur tribut loyaument, Comme de Dieu est le commandement.

Et qui résiste au roy et sa puissance Résiste a Dieu et à son ordonnance :

Car le roy est d'ordonnance divine, Qui veut que tout subject vers luy s'encline. Ceste foy là nous asseure et exhorte Comme la mort est de vie la porte.

Celle qui eut sur tous humains victoire N'est maintenant qu'une porte de gloire, D'autant que mort estoit nostre ennemie, D'autant elle est très désirable amie.

Mort n'occist plus, mais elle nous fait vivre. Et de prison en liberté nous livre.

Heureuse mort, ton dard n'est que la clef Pour aller veoir Jésus Christ nostre chef. Sans mort cy bas toujours nous demourrions. Sans mort jamais joye ou plaisir n'aurions. Sans mort ne peut veoir son espoux l'espouse Qui est de luy, non sans raison, jalouse. Benoiste mort, ainsi te faut nommer, Nul ne devroit souffrir les morts blasmer Le doux effect de ton urgent office.

Lequel nous est nécessaire et propice.

Les mortz, ce sont les ténèbres du monde, Esquelles tant d'obscurité abonde, Qu'elles n'ont sceu la lumière comprendre Pour le chemin de leur salut entendre.

Peintres françois, advisez à ce poinct : Quant à la mort, ne me la peignez point. Comme on souloit, ainsi laide et hideuse; Mais faites la plus belle et gracieuse Que ne fut onc ou Heleine ou Lucresse, Afin qu'elle ayt des amoureux la presse. Brief, tirez la qu'il ne luy faille rien, Puis que par elle avons un si grand bien. Il est raison que mort nous semble belle. Puis que par mort avons vie éternelle,

Et que son nom, qui sembloit estre horreur A un chacun, fust pape ou empereur, Soit maintenant nom de toute assurance A ceux qui ont en Dieu vraye espérance. Puis luy baillez en sa main dextre dard Si bien pourtraict de vostre excellent art, Qui semble à l'œil par bonne perspective Estre d'amour une flèche naive; Non qu'elle cause aux navrez tant d'amer Que celle là qui fait la chair aymer.

Et qu'elle n'ayt ne charme ne poison.

Mais un onguent qui porte guerison De tous les maulx esquels dame Nature A obligé toute sa geniture.

Aussi qu'elle ait puissance de dissoudre Et transmuer nostre prison en poudre; Que nul vivant ne s'ose point vanter, De soy pouvoir de son dard exemter.

Ne la montez sus un char arrogante, Comme elle estoit des humains triomphante. Mais peindez la que triompher nous face Nous faisant veoir Jésus Christ face à face. »

Voylà de quoy ses ouailles paissoit Le Bon Pasteur, voyre, et les engraissoit A veue d'œil spirituellement.

Tant que n'avoyent faim ne soif nullement Et recevoyent don d'immortaUtc Participant à la divinité.

D'autres j'en vey faisant les chatemites. Par le dehors aussi simples qu'hermites. Mais je me doubte, et à ma fantaisie, Que là estoit caché hypocrisie, Et me sembloit, où j'ay bien mauvais yeulx, Que leur esprit estoit séditieux.

Hz nourrissoient leurs grans troupeaux de songes, De ergos, d'uirmn, de quare, de mensonges. Et de cela ilz faisoient du pain bis, Que bien amoyent leurs séduites brebis; Mais de maigreur estoyent enlangorées :

Plus en beuvoyent, plus estoyent altérées :

Plus en mangeoyent, plus en vouloyent manger,

Et l'ame et corps estoyent en grand danger :

Et ne sçauroient ennemis estrangers

Pis les traicter que faisoyent leurs bergers,

Qui souz couleur de longues oraisons

Le plus souvent dévorent leurs toysons;

Et croy, si mieux de près les ad visez,

Que voyrez loupz en brebis desguisez.

Ilz ont laissé l'huis salubre et à dextre,

Et sont entrez en toict par la fenestre;

Hz ont laissé le pain qui ne perist

Pour cestuy là qui à l'instant pourrist;

L'eau ont laissée de la fontaine vive,

Pour user d'eau de fontaine chetive;

Hz ont laissé la vraye olive et franche

Pour s'appuyer sus une morte branche ;

Hz ont receu vaine philosophie,

Qui tellement les hommes magnifie,

Que tout l'honneur de Dieu est obscurcy.

Et le haut mur d'ergotis endurcy.

En mesprisant celle qui, tout en somme.

Donne louange à Dieu, et non à l'homme.

Sinon qu'il est plus vain que vanité,

Et plus léger que la légèreté,

S'il estoit mis aux poids de la balance.

Tout son sçavoir, sans foy, c'est ignorance;

Cuydant sage estre, il est fol devenu.

Combien qu'il fust en haut lieu parvenu.

Ce qui luy est prudence tant polie

N'est rien vers Dieu qu'ignorance et folie.

Des sages Dieu la sagesse reprouve, Et des petis l'humilité approuve, Auxquelz il a ses secretz révélez, Qu'il a cachez aux sages, et celez :

Car son esprit point ne reposera Que sur celuy qui humble et doux sera. Les sages ont leur Dieu crucifié, Et son parler divin falsifié.

Tous les haultz faitz des Sept Sages de Grèce, Et de Brutus, lequel vengea Lucresse,

De Publius et de Pamphilius,

De Marc Caton Censeur, et Tullius,

De tous les Grecz et de tous les Romains,

Qui ont tenu le monde souz leurs mains.

Sont inutilz, comme estans fais sans foy.

Mais pour leur gloire, et pour l'amour de soy.

Sainct Paul, estant de^on dire croyable. Dit : « J'ai vescu des hommes incoulpable Jouxte la loy, n'ayant de Christ notice. » Et quand il fut certain que la justice Venoit de foy, de luy soy deffiant. Ces œuvres là il reputa fient, Qui luy sembloyent auparavant si belles, Mais ce n'estoient que vaines estincelles : Pourquoy cela? faictes estoient sans foy. Mais pour sa gloire et pour l'amour de soy.

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