A GUILLAUME DU TERTRE SECRETAIRE DE MONSIEUR DE CHASTEAUBRIANT
Quand les escriptz que tu m'as envoyez
Seroient de rithme et raison desvoyez ; Quand ton vouloir (lequel trop plus j'estime Que tes cscriptz, ta raison ne ta rime) Seroit tout autre, et quand le secrétaire De Monte] an n'eust rien faict que se taire, Sans me donner de t'escrire appétit, Ja pour ces poinctz, Monsieur de Montpetit, N'eusse laissé la response transmettre; Car la maison où Dieu t'a voulu mettre Digne te rend, et plus que digne au monde, Non que Marot, mais Maro te responde.
Que pleust à Dieu que tant il me feit d'heur Qu'ores je peusse escrire au serviteur Propos qui fust si fort plaisant au maistre Que mal plaisant ne peust à la dame estre.
Certes alors me tiendrois asseuré Que cest escript, tant soit mal mesuré, Pourroit combattre avecques ton envoy; Mais sans cela rien en luy je ne voy Pour le sauver qu'il ne se trouvast moindre Auprès du tien, quand viendroit à le joindre. Or, tel qu'il est, en gré le vueilles prendre Plus escriroys, plus me feroys reprendre.