‹ Œuvres complètes de Condillac (volume 2)Chapitre 1 sur 58 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Idée générale de l'état de l'Église dans le quatrième et dan» le cinquième siècle.

JL 'Église , brillante par elle-même dans les temps p'*' <>• >'e-

' *■ *■ |li«e «près la

de persécution , parut avec un nouvel éclat lors- Swuidî. *** qu elle fut protégée par les empereurs. C'est alors que, les lois et la religion n'ayant qu'un même esprit, la puissance civile et la puissance ecclésiastique n'eurent aussi qu'une même fin. Les chrétiens eurent des temples magnifiques, ornés de vases d'or et d'argent. Les cérémonies se firent avec pompe. On solennisa les dimanches, les fêtes de Noël , de Pâques et de Pentecôte ; et on célébra encore les fêtes des martyrs , dans les Heux où étaient leurs tombeaux, ou dans ceux où ils avaient été martyrisés.

Jusqu'alors les églises particulières s'étaient gou- u di»c.fiiM

... - devient anifWr-

vernées par usage et par tradition ; et les obstacles "«• qui les séparaient n'avaient pas permis que la discipline fut partout la mêmedans tous les points. Mais au quatrième siècle, le gouvernement prit

une forme ; on fit des règlemens généraux suivant les circonstances, et il y eut plus d'uniformité dans la discipline.

j,.riJiriion.ies Commc il uj 3. poiut de gouvernement sans subordination, il en fallut établir une entre les églises. Elle se régla naturellement sur la forme de l'empire. Chaque province civile devint une province ecclésiastique ; et l'évêque de la métropole civile fut considéré comme le premier de la province. Chargé de veiller sur les évéques qui lui étaient subordonnés , il acquit plusieurs prérogatives. Il convoquait les conciles provinciaux ; il y présidait : l'ordination d'un nouvel évéque ne pouvait se faire sans lui; mais tous ceux de la province avaient droit de s'y trouver. Il fallait qu'ils y eussent été appelés, qu'il y en eût au moins deux, que ceux qui étaient absens n'y missent point d'opposition, ou qu'au moins le plus grand nombre y donnât son consentement. Quant au choix du nouvel évéque , il appartenait d'ordinaire au clergé et au peuple de l'église vacante. Dans le cas où le métropolitain n'avait pas pu se trouver à l'ordination , il fallait qu'il confirmât tout ce qui avait été fait.

juridictiondes H y avait cucorc au-dessus des métropolitains des évêques, dont la juridiction s'étendait sur plusieurs ; et cela s'établit à l'imitation de l'ordre civil , où plusieurs provinces formaient un diocèse sous le gouvernement d'un chef. Quelques-

exarques

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uns prirent méine le titre d'exarque , parce que c'est ainsi que les Grecs nommaient le magistrat, auquel toutes les provinces d'un diocèse ressortissaient. L'Asie , proprement dite , avait pour exarque Tévêquc d'Éphèse; la Cappadoce, celui de Césarée; et la Thrace, celui d'Héraclée.

L'évéque de Carthage , sans prendre aucun i^,ir«i»prf-

mier* rvfqiirs

titre, avait beaucoup d'autorité sur toutes les ^»\r' •:«""""

~ F patriarches ou

provincesd'Afrique. Mais les trois premiers étaient p"""*ceux de Rome , d'Alexandrie et d'Antioche ; jîarce que ces villes étaient depuis long-temps les trois principales de l'empire , et celui de Rome avait la primauté sur tous. On leur a donné les titres de patriarche ou de primat.

Les patriarches étaient donc des évéques qui i Vvtque de

* * Jérusalem oL-

embrassaient , ainsi que les exarques, plusieurs !i"iridiriloÔde provinces dans leur juridiction. Les premiers ont p*'""" "* été ceux de Rome , d'Alexandrie et d'Antioche ; mais dans la suite l'évéque de Jérusalem, qui d'abord avait été subordonné à celui de Césarée comme à son métropolitain , s'arrogea peu à peu des droits sur les provinces de la Palestine , et , après* avoir essuyé bien des» contradictions, il jouit enfin des privilèges des patriarches.

L'évéché de Bysance dépendait d'abord de n m fut d^

•11 /• niAm» de celui

celui d'Héraclée ; mais aussitôt que cette vule fut J'^ ^conitamile siège de l'empire , elle devint la rivale de Rome^ et l'évéque de Constantinople sut bientôt se soustraire à son métropolitain. Dès le temps de Cons-

6 JTISTOIRE

tantin , il lui enleva tous ses droits , et il se fit reconnaître lui-même pour l'exarque de toute la Thrace Cela lui fut d'autant plus facile que Constantinople se trouvant alors la capitale de cette province dans l'ordre civil , il parut naturel qu'elle le fut encore dans l'ordre ecclésiastique , et que par conséquent son évéque eût des privilèges au-dessus de.tous les autres. C'est le plan de subordination qui s'était établi parmi tous les évêques de l'empire. Comment celui- Daus Ics commcnccmens , la juridiction de ce

ci étend sa j,u-

ridiction. siège se bornait à la Thrace; mais ceux qui l'occupèrent eurent souvent l'ambition de l'étendre au delà. Ils ne pouvaient manquer de trouver des circonstances favorables. La protection que leur accordaient les empereurs levait bien des difficultés ; le crédit dont ils jouissaient faisait une loi de les ménager, et on était souvent dans la nécessité d'avoir recours à eux. Dans cette position , leurs prétentions devenaient des titres qu'on n'osait leur disputer, ou qu'on leur disputait inutilement. L'intrigue les faisait naître , la faveur auprès du prince les défendait, et quelquefois encore le mérite personnel d'un évéque auquel on ne craignait pas de se soumettre.

Nous voyons , par exemple , que du temps d'Arcadius , les évéques de l'Asie et du Pont , ayant des dissensions, et voulant remédier aux désordres qui s'étaient introduits, s'adressèrent à saint Jean Chrysostôme, qui occupait alors le siège de Cons-

tiiiitinoplc, ;ivec toute la cousictëratiou que lut (ionnait son éloquence et sa piété. Venez , lui disaient-ils, régler notre église troublée par les ariens, par Ta variée des évéques, et par la cupidité de ces loups ravissans , qui adiètenl le sacerdoce et les évéchés. Saint Jean Chrysostôrae se rendit à leurs instances, passa en Asie , assenibla un concile, déposa plusieurs évêqnes, et en mit d'autres en leur place.

il ne ât rien en cela qui ne iàt dans Tordre. A la vérité, comme évéque de Constantinople , ïï n'avait aucun droit sur l'Asie ni sur le Pont , mais il ne pouvait pas refuser de se transporter comme arbitre dans ses provinces y et d'y user de l'autorité qu'on Lui donnait. Cejjendant cette démarche, sans prétention de sa part , servit de prétexte à l'ambition de ses successeurs. Ils firent des tenta^tives , ils les soutinrent ; ils obtinrent de l'empereur luac loi qui défendait d'ordonner, dans l'Asie ou dans le Pont , aucun évéque , sans avoir eu lem* consentement; enfin le concile de Cbalcédoine, tenu en 45 1 , leur ayant confirmé du moins une partie des droits dont l'usage les avait déjà mis en possession, ils furent reconnus pour patriarches de l'Asie, du Pont et de la Thrace.

L'évéque de Constantinople avait encore le h «l'ticnt i.

■*• * «cconcl rang.

secoiid rang d'honneur. Cette distinction, qui lui avait été accordée en 383 , par le concile de Constantinople, lui fut confirmée par celui de CbaU

cédoine. Les pères, assemblés dans ces conciles, jugèrent qu'ainsi que la primauté appartenait au pape, parce qu'il était l'évêque de l'ancienne Rome, la première ville de l'empire, le second rang devait appartenir à l'évêque de Constantinople , puisqu'il siégeait dans la nouvelle Rome , la seconde ville de l'empire.

LamanîîTe dont H est importaut , Monseiffueur , de bien remar-

s'établissent les

S tl^ulZ quer comment se sont établis ces rangs et ces ju- Pe"e?<£té- ridictions, si voiïs voulez pouvoir rendre raison

volutions»

des révolutions qui arriveront dans l'Eglise. Or ce qui est arrivé à Constantinople vous fait voir que certains sièges ont d'abord obtenu des privilèges par l'usage , et qu'ensuite ils se les sont fait confirmer par des conciles. Mais ce qui s'introduit par l'usage est nécessairement sujet au changement, parce que l'usage change lui-même. Il faut donc s'attendre que quelques évêques se feront de nouvelles prétentions, qu'elles leur seront contestées, et qu'il en naîtra par conséquent bien des disputes. D'un côté , l'ambition du patriarche de Constantinople ne sera pas satisfaite des privilèges qui lui sont accordés, et pouvant empiéter, il empiétera encore : d'un autre côté, les évêques qui perdront de leurs droits, ou qui seront jaloux de l'autorité qu'il acquiert , refuseront leur consentement aux concessions qui lui ont été faites^par les conciles mêmes. Les papes, par exemple, n'ont jamais voulu reconnaître, ni son second rang

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parmi les évéques, ni sa juridiction sur TAsie et sur le Pont; et ils ont jugé que les décrets des conciles de Constantinople et de Chalcédoine , sur ce sujet , étaient contraires aux canons et aux lois ecclésiastiques. Mais , malgré ces oppositions , ce patriarche a joui, avec l'aveu de tout TOrient, des privilèges qui lui ont été attribués , parce que ^ les ordres des empereurs sont venus à Tappui des décisions des conciles. Son ambition ne se bornera même pas à ce qu'il a obtenu; il entreprendra encore dans la suite : il aura assez de crédit pour faire ajouter à son patriarchat] l'Illyrie, TEpire, l'Achaie, la Macédoine et la Bulgarie. Les papes feront continuellement de nouvelles oppositions ; et ces contestations seront enfin l'origine d'un schisme qui séparera pour toujours l'église d'Orient de celle d'Occident.

Cependant les papes , en reprochant des usurpations à l'évéque de Constantinople, feront euxmêmes d'autres usurpations. L'évéque de Rome, comme patriarche , n'avait de juridiction que sur les églises suburbicaires , c'est-à-dire sur quelques provinces d'Italie soumises à son siège. Dans la suite, il entreprendra sur de nouvelles provinces, et il osera même attenter jusque sur les souverains. «

La première source de ces désordres vient de uran^decr,

détordrrs T*nt

ce que, dans les trois premiers siècles, le couver- ;<«•«, ,««.««» nement de l'Église n'a pas pu s'établir sur des geVi"inVi»i«*o«

lO HISTOIRE

ni uniformes, rèffles asscz fixcs. L'impuissance où l'on était d'as-

ni permancns , o ■*■

î^r^irie Se'! scmbler des conciles généraux , ne permettait

terminer le rang

terminer le rang . r • • 1 1 **. J

et les droit, des pas dc détcrmmcr avec précision les droits de

evêques, t *

chaque évéque ; et on a été dans la nécessité de souffrir qu'il s'introduisît des usages qui , variant suivant les circonstances, ne pouvaient être ni uniformes , ni permanens. Il semble que , sous Constantin , on aurait pu remédier à ces abus ; mais quand le gouvernement a pris une certaine marche, il n'est pas toujours facile de la changer; il est même rare qu'on y pense. On se contenta de mettre entre les évéques une subordination à peu près semblable à celle qui était entre les magistrats des provinces de l'empire. Cette forme était déjà trop compliquée , et elle avait encore un autre défaut : car les parties du gouvernement ecclésiastique ne furent pas subordonnées avec la même exactitude que les parties du gouvernement civil. Pour se conformer entièrement au plan de Constantin , il aurait fallu un chef dans l'Eglise ; quatre patriarches comme quatre préfets, autant d'exarques que de diocèses , et autant de métro^ politains que de provinces. A la vérité, le pape était en possession de la primauté qu'il a reçue de Jésus - Christ , comme étant successeur de saint Pierre , et cette primauté lui donnait de grandes prérogatives pour maintenir la foi dans l'Église , et pour faire observer les saints canons. Mais les évéques ne pensaient pas qu'il eût sur eux la

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autorité que rempcreur sur les magistrats civils. Sa juridiction était umquement attachée au titre de patriarche ; et il n'en avait que sur les églises suhurbicaires. Dans les Gaules, en Espagne et en Afrique, les métropolitains ne connaissaient point de supérieurs qui eussent des droits sur leurs églises ; et dans les autres provinces de Tem- ^ pire, plusieurs étaient encore dans la même indépendance. Ce gouvernement étant l'ouvrage des circonstances , il ne faut pas s'étonner s'il a des défauts, et s'il est quelquefois troublé par des dissensions. Les conciles seront le remède à ces abus : ils régleront les droits suivant le besoin des conjonctures ; et au milieu des désordres , ils conserveront kl foi dans toute sa pureté.

Si le siège de l'empire eût toujours été fixé à i-arîvaiu^eD. Rome, l'autorité du pape, mieux déterminée et faU5*^aagm«iê plus généralement reconnue , n eut jamais ete contestée. Mais la seconde capitale , fondée par Constantin , éleva , pour ainsi dire , autel contre autel; et la rivalité qui divisera les deux premiers évéques de l'Église sera la source de bien des maux.

D'autres causes contribueront encore à pro- Antrescau»..i

-^ qui lesau(;meii>

duire de nouveaux désordres : ce sera l'ignorance, '"°'" '"""qui, confondant la puissance spirituelle et la puissance temporelle , autorisera les entreprises des papes : ce seront des évéques, qui, voulant se soustraire à leurs souverains, se mettront sous la protection du siège de Rome : enfin ce seront les

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souverains eux-mêmes , qui, ne cherchant qu'un prétexte pour envahir , reconnaîtront que le pape a droit de disposer des couronnes.

J'ai cru devoir vous prévenir sur toutes ces choses , afin que vous puissiez saisir plus facilement les causes des révolutions dont j'ai à vous parler. J'y trouverai aussi un avantage pour moimême , car je pourrai passer plus rapidement sur ces révolutions.

La subordination n'est pas la seule chose à considérer dans un gouvernement : il faudrait encore remarquer les usages qui s'introduisent , et les règlemens qui se font suivant les circonstances. Mais tant de détails n'entrent pas dans mon plan ; il me suffira des vues générales qui préparent l'intelligence de l'histoire.

Lasubordina- Uu évêquc uc luecait de rien sans avoir con-

tion entre les x j o

* S^ysTdou suite son clergé : c'est dans des conciles provin-

naissent des . . , i* t • i r ' t>

abus. ciaux , qui se tenaient d ordinaire deux fois Tan-

née, qu'on terminait les différens qui naissaient dans les provinces. Bientôt ceux quise crurent lésés eurent recours au premier évêque du diocèse et à son synode. Ces appels eurent leurs abus. Comme toutes les églises d'un même diocèse n'avaient pas toujours les mêmes usages , ils donnaient lieu à dçs jugemens contradictoires. Ils semaient la jalousie et la division parmi les évêques, et ils autorisaient les prétentions des plus puissans. Le pape , par exemple , prétendit qu'on pouvait appe-

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1er à lui des jugemens j>ortcs par les autres églises; et il tenta de les assujettir toutes aux usages de la sienne. Mais celles d'Orient et plusieurs d'Occident maintinrent Tautorité de leurs synodes provinciaux.

Tous les évéques se croyaient juges en matière ,^„\" „'•*,*»"," <le foi : cependant s'il survenait quelque nou- Z''\T"nc\\rlévelle question , on consultait ceux des grands veM.n. sièges, et surtout celui de Rome, dont l'avis a: toujours été d'un grand poids à cause de sa primauté. Mais le concile général était considéré comme le souverain juge. L'excommunication et la pénitence publique étaient les peines qu'on infligeait, et l'usage à cet égard était le même que dans les siècles précédens.

L'Église ne négligea rien pour maintenir la u .lisr.piine

^ . a-Oricnl dlffé-

discipline : elle fit les lois les plus sages; mais les "ô'rridrnr"* passions brisent quelquefois les freins les plus sacrés. Les translations des évéques étaient communes en Orient , et ils allaient volontiers à la cour , quoique ce fussent des choses sévèrement défendues. Je ne parle pas des autres abus, parce que s'ils étaient plus grands , ils étaient aussi plus rares. La plus grande différence qu'on remarque dans la discipline entre l'église d'Orient et celle d'Occident, c'est que dans la première, les évéques, les prêtres et les diacres n'étaient pas obligés au célibat.

Les agapes ou festins de charité s'abolirent dans pr.tiquM ,

l/^ HISTOIRE

q,n»'«i«erTaient la plupart clcs édiscs. Les catéchumènes et les

dans l'une et ^ ^ ^

l'auirc église, pénitcos étaiciit exclus du saint sacrifice. Les fidèles y assistaient souvent; ils communiaient presque à chaque fois. Les laïques recevaient encore l'eucharistie dans leurs mains : mais la coutume de l'emporter chez soi était devenue plus rare. On la consommait à jeun dans l'église. Les processions commencèrent à s'introduire. En un mot , les pratiques qui s'observaient étaient , pour le fond, les mêmes qu'aujourd'hui.

Articles de foi H n'cu cst pas dc la doctrine comme de la discipline. Elle ne peut varier, mais elle peut être plus ou moins développée. C'est pourquoi l'Eglise a éclairci tous les articles sur lesquels les hérétiques ont voulu répandre des nuages. Tel est, dans le quatrième siècle, le mystère de la trinité, et dans le cinquième , celui de l'incarnation. Les hérésies II u'cst pas uéccssairc de m'arréter sur les dé-

ont causé de '- ,

jrands désor- sordrcs qui ont troublé l'Eglise ; vous avez vu les maux que les hérésies ont produits en Orient , où elles sont nées, et dont elles se sont, en quelque sorte , partagé les provinces. L'état de TÉglise , à la fin du cinquième siècle, était encore plus déplorable en Occident, puisqu'elle était en proie à des barbares idolâtres ou ariens. Les Vandales et Visigoths ont fait les plus grandes persécutions aux catholiques.

insiituiiondes G'cst Hu commenccmcnt du quatrième siècle

ordres monas- i-

Tiques. q^^ç Içg communautés religieuses, après avoir

MOnERTTF. l5

[K'U|)lo los déserts de TK^^yple, sf répandirent dans l'Orient; et c est vers la fin qu'elles passèrent en Occident, où elles se multiplièrent dans le cours du cinquième. On voit qu'elles s'établissaient déjà dans les villes : il y en avait à Alexandrie, à Jérusalem, à Antioche, à Constantinople , à Marseille, etc. Les moines ne tardèrent donc pas d'oublier l'esprit de leur institution. Aussi fallut-il quelquefois faire des lois, pour les faire rentrer dans leur devoir.

Le christianisme était peu florissant chez les LEgu,. «rait

fait peu de pronations barbares, pendant le quatrième et le cin- srjjj^^j™

quième siècle. Quoiqu'il y eût pénétré auparavant , il ne s'y était pas répandu aussi facilement que dans l'empire romain , et il y avait peu d'églises considérables. Les Goths ne quittèrent l'idolâtrie que pour se faire ariens ; et les Perses persécutèrent presque toujours la religion chrétienne. Vous jugez par-là que dans les églises qui étaient hors de l'empire le gouvernement ecclésiastique ne pouvait pas avoir de forme certaine.

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