REPONSE
Monsieur, le succès de mes ouvrages passe aujourd'hui mes espérances, et la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire sera une époque bien glorieuse pour moi , si mes talens répondent à l'estime que vous me témoignez, et à la confiance dont le conseil m'honore. Certainement je ne me refuserai pas aux vœux d'une nation dont le sort intéresse tout homme qui, dans ce siècle, peut avoir encore l'âme d'un citoyen. Quant à la récompense, je l'ai déjà reçue; c'est l'invitation du conseil; c'est votre lettre. On dira, si j'ai réussi, que vous m'avez demandé cet ouvrage, que vous l'avez approuvé , et qu'il a été utile ; et les nations libres ne savent-elles pas que la plus belle des récompenses c'est la gloire de les avoir bien servies? Ce n'est pas, Monsieur, que je veuille me refuser à toute autre récompense; par ce refus, qui serait plus vain que généreux, je croirais manquer au conseil; et je vous déclare que je recevrai avec reconnaissance le prix offert dans le programme. Je voudrais, Monsieur, pouvoir dès à présent vous dire avec quelques détails comment je traiterai la logique. Il s'agit surtout de bien déterminer l'objet que je dois me proposer;