‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 4)Chapitre 44 sur 51 · II · texte numérisé non relu

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a58 TftAiTi

uoiMik^ confirme, celle» qu'oa a cboisies. L'hjfoXk^ ne laÛM donc rie» à désûr er.

1^19^ sii, non contens de rendre raison des apparences^ nous voulons déterminer la direc* tion, et^ le niQuyeinent absolu de chacpe planète; ¥Qttà< où nos hypothèses ne. pourront manquer d!ètre: défectueuses.

Nou3 ne ssiurions juger du mouyement absolu d'un cocps t. qu'autant que nous lui voyons suivre une direction qui l'approche ou l'éloigné d'un point immobile^ Or les observations astrono* miques ne peavent jamais conduire à découvrir dans les cieux un point dont l'immobilité soit certaine. Il, n'y ft donc point d'hypothèse où Ton puisse s'assurer d'avoir donné à chaque planète la quantité précise du mouvement qui lui appârtienU •

Qu9nt à la direction, les planètes, pourraient n'e9 avoii' qu'une simple^ produite, uniquement par le mouvement qui est propre à chacune ; ou elles pourraient en avoir une composée, qui viendrait de ce premier tQpuvementi, et d'un autre qui'elles auraient en commua; avec le soleil. £n supposant Cfi dernier cas, il en serait, d'elles commit des. coirps qjui se meuvent dans un isaîs* seau qui.vogue. Voilà des points sur lesquels l'ex* périence ne peut nous éclairer; nous ne saurions doaacc^naiti^' la direction, absolue d'une planète. Par cofiséi^pwnl nous devons, nous borner à juger

DBS %rm^iss. aSgi

d€^ la (ttreotiçKè 9t du lapit^eiiwid: relaiifr de» 93tapes^ et i^ oaus giuidef que d'apcès le$ dbaer*vaftVm^ ITq& suppoûtioD^ seiMXQt plias hcujreiQMs, à pcoportioa que aoiis serons ohswiciiteitfs pàia

Une première observatîoB^ eocote grossière, a &it ci^e que Iq soleil^ ksi planètes et le^ ^t^Ues^ £a^^ toasnaient autoor de la terte : c^est ce qui à donné lieu à l'hypothèse dq Plolémée. Mâî^ W& observations des derniers siècles ont appris que, luj>iter e^ lé soleil tournent sur lew 2ck^f et que Mercure et Vénus tournent autour dn; soleil. Voilà donc une obserTation qui indique que la terre peut aussi avoir deux ihoavemens : l'un 9iii> eUe^méme , l'autre autour du soleil. Dès lors l'hjf polhèse; de Copernic s'est trouvée confirmée aul;aat.par le^ observations que par les phénot* mtees^ qu'^^le expliquait plus siaiplement cpz'au^ cttne autre. On voulut alLer phis loin, et connaitre quel eerde décrivent les planètes, on en jugea sur le» premières apparences, et on supposa que le soleil en occupait le centre» Mais, en rappro^ ebant Cj^te suppoQition des. observations, on en recQUAut le^ fauif, et. on vis que le soleil ne pouvait étrea^ centre da^ te?de#< C'est en continuant à observer avec exa<Ptibide , en ne &i^nt des hypothèses qu'autant que les, observations les wo^ ptJstxAf et eane les corrigeant qu'autant qu'elles les coriîgent, que les astronomes imagineront

des systèmes toujours plus simples , et en même temps plus propres à rendre raison d'un plus grand nombre de phénomènes. On voit donc que si teurs. hypothèses ne marquent pas la direction et le mouvement absolu des astres, elles ont quelque . chose d'équivalent par rapport à nous, quand elles expliquent les apparences. Par-là' elles deviennent aussi utiles que celles qu'on fait en mathématiques.

Les hypothèses de physique souffrent de plus grandes difficultés : elles sont dangereuses si on ne les fait avec beaucoup de précautions; et souvent !il est impossible d'en imaginer qui soient raisonnables*

Placés , comme nous le sommes , sur un atome qui roule dans un coin de- l'univers, qui croirait que les philosophes se fussent proposé de dé- 'ftiontrer en physique les premiers élémens des choses, d'expliquer la génération de tous les phénomènes, et de développer le mécanisme du monde entier? C'est trop augurer des progrès de la tphysique que de s'imaginer qu'on puisse jamais avoir assez d'observations pour faire un système général. Plus l'expérience fournira de matériaux, plus on sentira ce qui manque à un si ivaste édifice. Il restera toujours des phénomènes à découvrir. Les uns i^ont trop loin de nous pour être lobseryjés, les autres dépendent d'un méqanismieiqui échappé. Nous li'avons point

DES SYSTÈMES. 26 f

de moyens pour en pénétrer les ressorts. Or cette ignorance nous laissera dans l'impuissance cle remonter aux vraies causes qui produisent et lient en un seul système le petit nombre des phénomjènes que nous connaissons ; car, tout étant lié, l'explication des choses que nous observons dépend d'une infinité d'autres qu'il ne nous sera jamais permis d'observer. Si nous fai*sons des hypothèses , ce sera donc sans avoir pu épuiser toutes les suppositions ^ et sans avoir de règles qui confirnçient notre choix. . •'

Qu'on ne dise pas que les choses que nous 6b^ servons suffisent pour faire imaginer celles iqù'il ne nous est pas possible d'observer; que, combinant les unes avec les autres, nous pourrons en imaginer encore de nouvelles; et que, remontant de la sorte de causes en causes, nous pourrons deviner et expliquer tous les phénomènes, quoique l'expérience n'en fasse connaître qu'un petit iiombre. Il n'y aurait rien de solide dans un pareil système, les piincipes en varieraient au gré de l'imagination de chaque philosophé, et personne ne pourrait s'assurer d'avoir renconti'é la vérité. ' .

D'ailleurs , quand les choses sont telles ique nous ne les pouvons pa^ observer, l'imagination ne saurait rien faire de mieux que de nous' lés représenter sur le modèle de celles que nous observons. Or, comment nous assurer que les

principes 4|U€ nous imAgîMAîoiis sont ceux mêmes de la aal:ure? Et sur quel fondement voudno«eous qu'elle ae sache ûire left choses qu'elle vous cache> que de la ménoe «Baoïère qu'elle fait driies qu'elle nous découvre? Il n'jr a point d'auaiogîe qui puisse nous flore deviner ses seci^éts^ ct^ vraisemhlablement , si •eMe notts les rérélak^He* meme^ itôus veni<His ^m moàde tout différait de celui que eous Togrons» £n Vaitt, par 4ftemple,le chimiste sé^flatlie d'artiver, par 'ramelise , aux premiers éléraens : rien ^ lui {^stMire que ce qu'il prend pour un 'élément simple et homogène ne toit psA un 'composé >âe principes hétérogènes.

Nous ayons vu «que l'arithmé^iue iie <danae des règles pour s'assurer de la vérbé d'une supposition, que p^xe qu'elle nbus met en ^état d'analiser ^ ;pa^attemeQt tMtes sorties de noni** bpes, que nous poutons remoater k lenn premiers élémens, e^ en suivre toute k gcnératitm. Si un physicien pouvait aaaliser 'de même quelqu'un des objets dont*il s'occupe,, par exesçle, le ccMps humain^ si les ebservatioas d« conduisaient jusqu'au premier ressort qui donne ieatioav^ement à tous les autres , et lui disaient pénétrer le mécanisai de 43ha4|ue partie , poufr lors tl pourrait faire un système qui «rendrait raison de tout ce que nous remarquons en nous* Mais nous ne distillons, dans le corps humain , que les pMtîes

DES 3V$^!9fE$. 963

les pltis.:groa9ière»* et les plus sexisiUcs : «ncore ne pouv(Mis-nous }es observa que quand la mort en cache tout le je«. Lies autres sont un tissu de fibi^s si déliées, si subtiles » que tious n'y saurions rien démêler; nous ne j^c^ous compreiidns ni le ^principe de leur action, ni la raison descffe^ qu'ils produisent. Si un seul èorps cirttme éin^« pour nov^, quelle énigme n'est-ce pas que Vuxàt vers, 'i

Que penser donc f^ projet dé Descartes^ <Iors-^ que avec des cubes, qu'il fait CDOUxoir, il préiieind expliquer la f^mation du monde , 4a géDâratiou des corps, et tous les phénomènes? Que du^ibnd de son cabinet <un philosc^pbe essaie de remuer la matière, il en dispose k son gré^ rien ne èuî résiste. Cest que l'imagination voit tout oe '^VL lui plaît et lie irait rien de pkis. Mais «des ibypô^ thèses aussi arhâtraares ne répandent du jour csur auou^ rérîté., eUes retardent , au cantaraîve , !« progrès des sciences, et devienoent très^^ànge*reaases par 'les «rreurs qu'elles 'font adopter. 'Cest à des fibippositions ^«agues qu'il faut attribuer fos ^jsimièiiss des alchimistes, et i'îgnoBànce on les phffsictens ont été pendant plusieiu» JsîedLes.

Les abus de cette méthodese font stuxEtput sentir dans les sciences de pratique : la médecbie en «6t alÀ 0gfiemple.

Par l'ignorance lOÙ nous somixies sur Les prôu'r capes ^e la vie ^et )de la saoïiié , cette -scâeniçe »est

toute en conjectures , c'est-à-dire en suppositions qu'on ne peut prouver; et les cas' y varient si fort, qu'on ne saurait s'^assuret d'en trouver deux parfaitement semblables ; les médecins qui suivent la méthode que je blâme, en font une science qui se conforme constamment à certains principes. Ils rapportent tout aux suppositions générales qu'ils ont adoptées , ils ne prennent cotiseil ni du tempérament des malades ni d'aucupe des circonstances qui pourraient déranger leurs hypothèses. Us font donc tout le mal que l'ignorance de ces choses .doit naturellement occasioner.

Malheureusement cette ' méthode leur abrège infiniment la pratique de l'art ; avec un système général, il n'est point de maladies dont au premier ixjup d'oeil ils ne paraissent pénétrer les causes et vQir le^ remèdes. Leurs suppositions, aj^licables à tout, leur donnent encore un air assuré et une facilité ^e, s'exprimer qui , à notre égard , leur tiennent lieu de connaissances.

■ Malgré l'inutilité et les suites dangereuses des hypothèses générales , les physiciens ont bien de la peine à y renoncer. Us n'oublient pas de relever, les hypothèses des astronomes ; ils s4maginent par-là autoriser les leurs; mais quelle différence! 1

Les astronomes se proposent 'de mesurer le mouvement respectif des astres, recherche où l'on peut se promettre le succès ; les physiciens

D£S SYSTlfeMES. ^65

entreprennent de découvrir par quelles voies s'est formé et se conserve l'univers, et quels sont les premiers principes des choses, vaine curiosité où Ton ne peut qu'échouer*

Les astronomes partent d'un principe certain, c'est qu'il faut absolument que le soleil ou la terre toiime ; les physiciens commencent par des principes dont ils ne sain*aient jamais se former d'idée précise.

Disent-ils que les parties qui - composent les corps ont une esselice particulière ? Ils n'on^ point d'idée du mot essence. Disent -ils que toutes les parties de là matière sont similaires et qu'elles formept différens corps, suivant les différentes formes qu'elles prennent, et la quantité dumdu- ' vendent qu'elles reçoivent ? Il leur est impossible d^n déterminer la figure et le mouvement. Or quel progrès a-t-on fait, lorsqu'on sait qiie les premiers principes des corps ont une certaine essence, une certaine figure et un certain mouvement, et qu'on né peut marquer exactement quelle est cette essence, cette figure et ce mou* vement? Une pareille connaissance ajoute-t*elle beaucoup aux qualités occultes des anciens ?

' Il suffit aux astronomes de supposer l'existence de l'étendue et du mouvement. Nous s^vonis vu comment ils se bornent à rendre raison des apparences , et avec quelles précautions ils font leurs systèmes. . . -

Les hypothèses <les physicieas que je crttîqiie sont desti&ées à nous fait«e pénétter dat& la natâre ée l^éte^due , ^ mauvemeiït et de tims les corps ; et elles sont l'ouvrage de gens qui d'ordmak*e "^ observent peu , <iu ^qui même d^aignent de s'ins-

truire des observattons que les autares ont faites. J W ouï dire qu'ion de ces physiciens se félicitant d'avoir nn principe qui Tendsât rmson de finis les phénomènes de la chimie, osa commumquer ses idées à un habile câdouste. Gelui'^îi ayaioA: eu la >coinplaisaDce de V^conter, faii dit qu'dl ne lui ferait qu'une dtflBociitéy c'est >que les Êiîts âaient tout autres «qprïl les supposait. Né bien^ repnt ie physicien, upprenez4es moi^ afin que je tes^eœ" pUque. Cette repaitie d6eèle parfaitement ie o»- T&cftère ^\in homme qin néglige de s^ilistruîre des faits^, pouPde qofil croît atoir ia raison ^ tous 4es phéncmènes quels qu'ils imissent être. Il -n'j a que des 'hypiolhèses vagues qui puissent éammx tme^covifiatioe «aal fondée.

Quand nos^8C(ppiOsitions, disent ces |diyi9ioiéos , is^eraient Êmasesou peu certaiises, rien n'empephc qnVm^''«n fasse usage pour' arriver à de grandos connai£6anocts.<7est amsiqn'on emploie , porar ékver "Uti bâtînsent, des machines qui Kleviennent mutiles quand ilisst^adievé. Ne sommesoious pas vedev^lès ana système eavtésten des jdus JpeUes €ft^s pins importantes déo^v^rtes qu'on « iaMtes, soit dans le dessein de le confirmer, mk «bns 4e

DIBS ^tttfcUES. 4167

tl«9Séiti deie OQWife«tt!»? Les fexpévtentseB^e fiuyghens, Boile, Mariote, N^vm^ti, 8«ir Tstir, le dtoc, k 4ûmière*ét têss4[Ky«!lètiM> %#%i>M d» exemples

1^ pèpùnàs d'^Jx3nd (pie le^ rappt^iâtkttis jo»t à un système, ce que ies foûdemens $ont à im écfifice. kmsij il ti^ à ^ ^assM ide justessi^ à les txDïtipairer "âVec ks niadhânes dcffift on se sert pour tiôifiNmiFe %n bâtiifietit.

>e di6 ^efisiftle qu% lîe%«léo(mTieit«s qu'an a fiâtes sur Tair, le chtkî, ia haliiîèr^ et ites couieuiB seiA dues à l^xpéi&îsfice, let tvon fMDt aux hjrpolhèses arbitraires d^ quelques .^ilosopbes. Le systètne dgDi&scanes n'a,pBr Itii^métue^^nfanté quede^er* Tisur» :41 tie iibus'a^conduitBÀ quelques "viérités q|oe ^patt*<;|]mrè-^oup, is'{^<4Hd<re qu'en 9ious doiâittal; isi turiMité de tÊure oertMses isxpéfieuoeft. Il fiutt lespérer qu'en <ce sens ies'4S;fstèmés tàm pfay^«ieHS tiibâertijies "st^otit ^&â jouter inutiles. La postë)4té ^ctf&BL Ibien^ TobUgairiovi à des hommes qui au^mit -oofnsen^ À se ttt^teper |>our lui Éiumir «me xj^ëcsl- 4ÎÔI1 '^^acquérir c^te-méme, «n déoc^rvraiit lems tireurs, ^des «eouMÔssiEâicef qu^4slle auraû; letrdes ^'eux s^ls 'S^étaîent 'CDndoàts )pâ«s ^emdiâ:.

'^ttt^il donc tiamiir ^de là pkysiqo» ^toutes les liypdthèsest^ Non, sifins identte : maft i^l j MLnk peu de sagesse à les adopter sans choix ; et on^dbft se mëfier sut<t0Ut des plus ingémeus^. Gar<eequi

Îî68 TRAITÉ

n'est qu'ingénieux n'est pas simple ; et certaine* ment la vérité est simple .

Descartes, pour^onner l'univers, ne demande à Dieu que de la matière et du mouvement. Mais, quand ce philosophe veut exécuter ce qu'il promet, il n'est qu'ingénieux.

Il remarque d'abord , avec raison , que les parties de la matière doivent tendre à se mouvoir chacune en ligne droite, et que, si elles ne trouvent point d'obstacles , eljes continueront toutes à se mouvoir suivant cette direction.

Il suppose ensuite que tout est plein, ou plutôt il le conclut, de l'idée qu'il se fait du corps; et il voit que les parties de la matière, faisant isffort dans tous les sens possibles, doivent être mutuellement un obstacle au mouvement les unes des

autres. Elles seront donc immobiles ? Non ; Descartes explique d'une manière ingénieuse comment il imagine qu'elles seront mués circu^airement, et qu'elles formeront différens tourbillons. Newton trouva trop de difficulté dans ce système. Il rejette le plein comme une supposition avec laquelle on ne saurait concilier le mouvement.

Sans, entreprendre de former le monde, il se contenta de l'observer; projet moins beau que celui de Descartes, ou plutôt moins hardi, maispl«s sage.

Il ne $e proposa donc pas de deviner ou d^ima-

giner les premiers principes de la nature. S'il sentait l'avantage cVun système qui expliquerait tout^ il sentait à cet égard toute notre incapacité. Il observa et il chercha si parmi les phénomènes il y en avait un qu'on pût considérer comme un principe, c'est-à-dire comme un premier phéno* mène propre \l en expliquer d'autres.

S'il le trouvait, il ferait un système plus borné que celui de la nature , mais aussi étendu que nos connaissances peuvent l'être. Il eut pour objet d'expliquer les révolutions des corps célestes.

Ge philosophe observa et démontra que tout corps qui se meut dans une pourbe, obéit nécessairement à deux forces : l'une qui tend à le mouvoir en ligne droite, l'autre qui le détourne de cette ligne à chaque instant.

Il supposa donc ces deux forces dans tous les corps qui font leur révolution autour du soleil. La première est ce qu'il noxswxMt force deprojeciion^ la seconde est ce qu'il nomme attraction.

Cette supposition n'eist pas gratuite et sans fondement. Pmsque tout corps en mouvement tend à se mouvoir en ligne droite, il est in vident qu'il ne peut se détourner de cette direction, pour décrire une poùrbe autour d'un centre , qu'autant qu'il obéit à une seconde force qui le dirige con*tinuellement vers le centre de la courbe.

Newton ne désigne pas cette force par le nom ^ impulsion^ parce que, si l'impulsion a lieu dans

le BoouTeamil des coip» eélefiAe»^ il est an jxk&am cerlaîoi <|ii'oii ne peut p» yobactVer^ et (|i»e riesi ne l'indique : il la nosume attraction, parce que rattnctkm lui est indiquée dasfe^ te pesanteur, ër dSfet, à la surfieice de la teire^ toute» tes parties pèsent vers lin centre OHXtman : à une certiâii^ distance de cette sui&cc^ un cqi|>8 fhe encore vers ce même centce r il en sera de même à une plus grande, La. kine pèae. doute sur te terre : te te terre et la lune pèse doua mr te sol^^ etc. On voit que Tanalogie, rabserration et le^ cateul achèveront ce sjistème que j'ai exposé ailleurs'.

Les cartésionsreprochent aux newtomens qu'on n'a point d'idée de l'attractîoa; ik ont rabon : maise'estsaasfondwaentq-'ilsjugentl'impalsioB plus intelligible. Si te neMrtonien ne peut expliquer conunent les corps s'attira^it, il défiera le cartéûen de rendre raison du mouif«ment qui se commiinique dans le choa N'est-il questionque des effets^ils sont connus; nousavons des exemples d'attraction comme. d'impulsion* Estait question du principe^ il est également ignoré dons les deux systèmes.

Les cartéstei^ le connaissent si peu qu'ite sont obligés de supposer que Dieu s'est fait une loi de mouvo^ lui-même tfMit corps qui est cboqpié par un autre* Mais pourquoi tes newtomena ne sii^

' Art dt misouner.

po3eraient-ils pas que Dieu s'est £aût une loi 4'attir» les corps, vers un centre en raison inverse ciu carré de leur distance?. La question se réduirait donc à savoir laquelle de ces deux lois Dieu, s'est proscrite, et je ne vois pas pourquoi 1^ cartésiens seraient à ce sujet mieux instruits.

Il y a des hypothèses qui sont sans fondement : elles portant sur la comparaison de deux choses qui, dans le vrai, ne se ressemblent pas, et par cette raison, on ne^ les saurait concevoir ^ue d'une manière fort confuse. Mais, parce qu'elles donnent l'idée d'une sorte de mécanisme, elles expliquent une chose à . peu près comme le vrai mécanicien l'expliquerait lui-même, si on le connaissait. C^s suppositions peuvent être employées lorsqu'elles ont l'avantage de rendre plus sensible.une vérité pratique, et de nous apprendre à en Élire notre profit : mais il faudrait les donner pour ce qu'elles sont; et c'est ce qu'on ne £siit pas*

Yeutron, par exemple, faire sentir que la facilité de penser s'acquiert par l'exercice, comme tojutes les autres habitudes, et qu'on ne saurait travailler de trop bonne heure à l'acquérir ? On prend d'abord pour principe des faits que personne ne peut contester : x^ (pie le mouvement est la cause de tous les changemens qui arrivent au corps humain ; a^ qjue les organes ont plus de flexibilité > à proportion qu'on les exerce davantage.

On suppose ensuite que toutes les fibres du

27 î» TRAITÉ

corpB humain sont autant de petits canaux où circulent une liqueur très-subtile ( les esprits animaux), qui se répand dans la partie du cerveau où est le siège du sentiment, et qui y fait différentes tracés ; que ces tracés sont liées avec nos idées, qu'elles les réveillent; et on conclut que, plus elles se réveillent .facilement, mioins nous trouverons d'obstacle à penser.

On; remarque, en troisième lieu, que les fibres du cerveau sont vraisemblablement très-molles et très-délicates dans les enfans ; qu'avec l'âge elles se durcissent, se fortifient et prennent une certaine consistance : qu'enfin la vieillesse, d'un coté, les rend si inflexibles , qu'elles n'obéissent plus à l'action des esprits, et de l'autre, dessèche le corps au point qu'il n'y a plus assez d'esprit pour vaincre la résistance des fibres.

Ces suppositions étant admises , il n'est pas difficile d'imaginer comment on peut acquérir l'habitude de penser. Je laisserai parler Mallebranche, car ce système lui appartient plus qu'à personne.

« Nous ne saurions guère , dit-il , être attentif « à quelque chose, si nous ne l'imaginons et ne a nous la représentons dans le cerveau. Or, afin a qi^e nous puissions imaginer quelques objets, il <c est nécessaire que nous fessions plier quelques <c parties de notre cerveau, ou que nous lui im-

' Recherche de la vérité y liv. ii , part, ii, chap. i.

ÔES STSTàlKŒS. Û'ji

«c primions quelque autre mouvement pour pouce voir former les traces auxquelles sont attachée ce les idées qui nous représentent ces objets. De ce sorte que, si les fibres du cerveàti se sont un ce peu durcies , elles ne setont capables que de a rincUnation et du mouvement qu'elles, auront « eus autrefois. Ainsi Tâme ne pourra itnaginer^ « ni par conséquent être attentive à ce qu'elle « voulait, mais seulement aux ôhoses que lui sont u familières. »

<c De là il faut conclure qu'il est très^avanta^ ce geuk de s'exercer de bonne heure à lâéditer sur «r toutes sortes de sujets, afin d'acquérir une cerce taine facilité de penser à ce qu'on veut ; car ^ tt de même que nous acquérons une grande fàci-" « lité de remuer les doigts de nos mains en toutes « manières et avec une ttès-grande vitesse^ par le ce firéquent usage que nous en faisons , en jouant tf des instrumens > ainsi les parties de notre cer* « Veau , dont le mouvement est nécessaire pour « imaginer ce que nous voulons, acquièrent, par <c l'usage, une certaine facilité à se plier , qui fait <c que l'on imagine les choses que l'on veut avec <c beaucoup de Êicilité ^ de promptitude et même « de netteté. »

Cette hypothèse fournit encore à Mallebranche des expUcations de beaucoup d'autres phénomènes. Il y tirouve , entre autres choses , la raison des différens caractères qui se rencontrent dans

^7^ TaàiTii

Im «spritt des honmies. Il lui suffit pour cela de oûmbiDer Fabondanoe et la disette, l'agitation et k lenteur , la grosseur et la petitesse des esprits animaux I avec la délicatesse et la grossièreté, rhumidité et la sécheresse ^ la roideur et la flexiiNlité des fibres du cerveau. En effet, « puisque « Tiiûagination ne consiste que dans la force qu'a « Fâme de se former des ûnages des objets, en les c imprimant, pour ainsi dire, dans les fibres de « son cerveau, plus les vestiges des esprits ani^ « mauai, qui sont les traits de ces images , seront «grande ^t distincts, plus l'âsie imaginera forte- «c ment et distioctem^it ces objets. Or, de même <c que. h largeur, la profondeur et la netteté des « traits de quelque gravure, dépend de la force ff dont le burin agit , et de l'obéissance que rend 4( le cuivre •: ainsi la profondeur et la netteté des « vestiges de l'imagmation dépend ^ la force des « esprits aniibaux et de la coiostitution des fibres « du cerveau ; et c'est la variété qui se trouve «dans ceift' deux choses^ qui fait presque toute « Oiette graiide différence que nous remarquiHis « entre ks esprits.»

Voilà des •explications ingénieuses, mais di Toa s'imaginait avoir par-là une idée exacte de ce qui 4»6 ps^e dans le cerveau, on se tromperait fort. De piareilles hypothèses ne donnent pas la vraie raison des «choses; elles ne sont pas faites pour mener à ^s découvertes , «t *leur visage do être

borné à r^rç iieusibles des vérités 4ont l'iexpé^ rience né f^ei^mel pas de douter/

En ast]roaomie, les hypothèses ont toiK un autre caractère; Un ^tronome a des idées :d6à astres, de la direction à laquelle il assujettit leur cours , et des phénomènes qui en résultent; Mais MaUebranche ne se . représente que fbri imparfalten^ent les esprits animaux , leur ci^u« lation dans tout le corps, et les traces qu'ils font dans le cerveau. La nature se conforme aus suppositions du premier, et parait plus disposée À s'ouvrir à, lui. Pour Tautre , elle lui permet seu^ l^ûaent de remarquer que les lois de la mécanique sont les principes de tous les changemens du corps humain \ et , si le système des esprits âni** v&WiSi a quçlquë rap^rt à la vérité , ce n'est que , parce qu'il est une Jn*te de mécanisme. Le rap port peutril être plus vague ?

Quand un système rend la vraie raison des chosps, toUs les détails en sont intéressans. Mais les hypothèses dont noue parlons , deviennent ridicules 7 quand leurs auteurs se font une loi de les dévekupper avec beaucoup de soin. C'est que, phis ils multiplient les explications vagues , plus ils paraissent s^applaudir d'avoir pénétré la na«tixre ; et on ne leur pardonne pas cette méprise^ Ces sortes d'hypothèses veulent donc être expo-» séès brièvement , et elles ne demandent de détails que ce qu'il en faut pour rendre sensible une

vérité. On peut juger si Mallebranche est abso' lument exempt de reproches à cet égard.

J'ai expliqué dans ma logique ' la sensibilité , la mémoire , et par conséquent toutes les habitudes de l'esprit* C'est un système où je raisonne sur des suppositions ; mais elles sont toutes indiquées par l'analogie. Les phénomènes s'y développent naturellement, ils s'expliquent d'une manière fort simple; et cependant j'avoue que des suppositions comme les miennes, lorsqu'elles ne sont indiquées que par l'analogie , n'ont pas la même évidence que les suppositions que l'ex^ périencé indique elle-même, et qu'elle conÛrme; car , si l'analogie peut ne pas permettre de douter d'une supposition, l'expérience peut seule la rendre évidente; et, s'il ne faut pas rejeter comme faux tout ce qui niSt pas évident , il ne faut pas non plus regarder comme des vérités évidentes, toutes les vérités dont on ne douté pas.

Les corps électriques offrent une grande quan-

tité de phénomènes; ils attirent, ils repoussent, ils jettent des rayons lumineux, des étincelles ; ils enflamment l'esprit de vin, ils produisent des commotions violentes , etc. Si on imaginait une hypothèse pour rendre raison de ces effets, il Êtudrait qu'elle fît voir «ntre eux une analogie si sensible, qu'ils s'expliquassent tous les uns par

' Parte I , chap. ix.

les autres, L'^expérience nous montre une pareille . analogie entre quelques-uns de ces phénomènes. Nous Yoyo3as, par exemple, qu'un corps électrique attire les corps qui ne le sont pas, et repousse c^ux à qui il a communiqué Télectricité : nous voyons encore qu'un corps électrisé perd toute sa vertu , quand il est touché par un corps qui ne l'est pas. Or ces faits rendent parfaitement raison du mouvemeut d'une petite feuille, qui va alternativement, du doigt qui la touche, au tube qui la repousse. Elle s'éloigne du tube, lorsque l'électricité lui est communiquée; elle s'en approche , lorsqu'elle la perd par l'attouchement du doigt.

L'expérience, en nous faisant voir quelques faits qui s'expliquent par d'autres, nous donne un modèle de la manière dont une hypothèse devrait rendre raison de tout. Ainsi , pour s'assure]> de la bonté d'une supposition, il n'y a qu'à considérer si les explications qu'elle fournit pour certains phénomènes, s'accordent avec celles que l'expérience donne pour d'autres; si elle les explique tous sans exception, et s'il n'y a point d'observations qui ne tendent à la confirmer. Quand tous ces avantages s'y trouvent réunis, il n'est pas douteux qu'elle ne contribue aux progrès de la physique.

On ne. doit donc pas interdire l'usage des hypothèses aux esprits assez vifs pour devancer quel^

quefoi5 l'expérieiice. Leurs soupçons^ pourvu qu'ils les donnent ))our ee qu'ils sont, peuvent mdiquer les recherches à Mre , et cottduii'e à Aes découvertes. Mais on doit les invitet à appot-tér tôtftes les précautions nécessaires , &t à ne jamais se prévenir pour les suppositions qu'ils ont faite»; Si Descartes n'avak donné sfes idées que pour defe txmjectures , il n'en aurait pas moins Fourni I'ocn casion de faille des observations : mais, en les donnant pour le vrai systètae du inonde , il a engagé dans l'erreur tous ceiix qui ont adopté ses principes, et il a mis des obstacles aux progrès de la vérité.

Il résulte de toutes ces réflexions, qu'bn peut tirer différens avantages des hypothèses , suivant la différence des cas où l'on en fait usage.

Premièrement, elles sont non-seulement utiles, elles sont même nécessaires, quand on pecA épuiser toutes les suppositions , et qu'on a tïne règle pour reconnaître la bonne. Les mathéma^ tiques en fournissent des exemples.

£n second lieu , on ne saurait se passer de leur secours en astronomie ; mais l'usage en doit lêtre borné à rendre' raison des révolutiodfts apparentes des astres. Ainsi elles commencent à é%re moins avantageuses en astronomie qu'en mathématiques.

En troisième lieu, on ne les doit pas tejet* quand elles peuvent faciliter les observations, ou rendre iplus sensibles des vérités attestées ))ar

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l'expérience. Telles sont plusieurs hypothèsea de physique, si on les réduit à leur juste valeur. Mais les plus parfaites, dont l^s physiciens puissent faire usage , ce sont celles que les obser* vations indiquent, et qui donnent de tous les phénomènes des. explications analogues à celles que Texpérience fournit dans quelques cas.

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