‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 104 sur 131 · I . miner ce mot à toute l'étendue de sa signification · texte numérisé non relu

I . miner ce mot à toute l'étendue de sa signification

On dit , le poisson de mer^ lorsqu'on ne veut que distinguer ce poisson de celui de rivière. Mais on dit, le poisson de la mer des Indes ^ et l'article est nécessaire pour contribuer à déterminer ce nom à une certaine partie de la mer. «

Selon l'abbé Régnier, il faut toujours dire, ^ Veau de la mer. Cependant l'analogie autorise à dire , Veau de rivière est douce , et Veau de mer est salée ; et je ne sais si l'usage est pour la décision de ce grammairien.

Dès que l'article est un adjectif, il ne peut être L'article mo-

■l j ' X dîne toujours un

employé qu'autant qu'on énonce ou qu'on sous- ^"i^'>»«°*'fentend le substantif qu'il modifie ; et toutes les fois qu'il n'est suivi que d'un adjectif, le grande le noble , le sublime , il faut qu'il y ait ellipse , ou que l'adjectif soit pris substantivement.

Lorsqu'un nom est précédé de plusieurs ad- Dans quel cas

J. 11 on repeld Isrti-

jectifs , tantôt on met l'article devant chaque ad- s'eurs ad^lc^lfs". jectif, les bons et les mauvais citoyens; tantôt on ne le met que devant le premier , les sages et zélés citoyens. La raison de cette différence , c'est que , dans le premier exemple , le substantif est distingué en plusieurs classes , les bons et les mauvais ; et , en pareil cas , il faut toujours répéter l'article ; dans l'autre , les adjectifs énoncent des qualités qui appartiennent ou peuvent appartenir

nécessaire.

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à une même classe , et c'est alors que l'article ne doit pas être répété.

Rëgie gêné- Je crois , Monseigneur, n'avoir oublié aucune

raie pour l'u-

saje de l'article, ^j^g clifficultés qu'oq pcut fairc sur l'article; quels que soient les exemples , on verra toujours la même analogie donner la loi. Il suffit de se souvenir que l'article est un adjectif qui détermine un nom à être pris dans toute son étendue > ou qui concourt à le restreindre.

L'article n'est La uaturc dc l'articlc étant connue , on voit

pas absolument

quelle en est l'utilité. Mais il ne faut pas s'imaginer que le latin perde beaucoup à n'en pas avoir. Ce que l'article fait , les circonstances où l'on parle peuvent souvent le faire. La langue latine s'en repose sur elles , et n'aime pas à dire ce qu'elles disent suffisamment. Vous vous en convaincrez un jour.

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