AVEC ELLIPSE
Le mien.
Les miens.
Le nôtre.
Les nôtres.
Le tien. Le vôtre.
Les tiens. Les vôtres.
Le vôtre.
Les vôtres.
Le sien.
Les siens.
Le leur.
Les leurs.
, son, ont cela de particulier, qu'ils non ^evdçpaentjavec les noms mascii-
lins, mais encore avec les féminins , qui commen cent par une voyelle ou par une h non aspirée : mon âme, ton amitié\, et non pas, ma âme, ta amitié.
Quand on C'est uue rèfifle eénérale que nous supprimons
supprime ces *D o T. FF
adjectifs. ^^g adjectifs, toutes les fois que les circonstances y suppléent suffisamment. On (ïit^fai mal à la tête, ce cheval a pris le mors aux dents ; et non YàSi -, y ai mal à ma tête , ce cheval a pris son mors à SES dents, pol'sVssffs'de' u ^ ^'y ^ aucune difficulté sur Tusage des adjçcsonnne s'^m- tifs dc la t)r«mière et de la seconde personne. Il
ploient pas .
indifféremment jj'gjj ggi; p^g dc mcmc dc ccux dc la troisième. En
pour les person- 1 -•-•»*
choseL^""'^ " parlant d'un homme ou d'une femme , on dira , sa tête est belle , et on ne dira pas , la tête en est belle , quoique sa et en aient ici la même signification. S'il s'agissait d'une statue , il faudrait dire au contraire , la tête EN est belle , et non pas sa tête est belle.
La règle générale que vous pouvez vous faire , c'est d'employer les adjectifs son., sa., lorsque vous parlez des personnes ou des choses que vous personnifiez, c'est-à-dire auxquelles vous attribuez des vues et une volonté. Hors ces cas, l'usage varie beaucoup , et les grammairiens ont bien de la peine à se faire des règles.
On ne dira pas , en parlant d'une rivière , son lit est profond., mais le lit en est profond ; on dit cependant , elle est sortie de son lit.
On ne dira pas d'un parlement , d'une armée , Regi d'une maison : ses magistrats sont intègres^ ses soldats sont bien disciplinés , sa situation est agréable. Il faut dire : les magistrats en sont intègres, LES soldats EN sont bien disciplinés, la situation "en est agréable. Cependant vous direz, le parlement est mécontent d'une partie de ses magistrats, V armée a beaucoup perdu de ses soldats; cette maison est mal située, il faudrait pouvoir la tirer de sk place ; vous ne pourriez pas même parler autrement.
D'après ces exemples , il est aisé de se faire une règle : la voici. Quand il s'agit des choses qui ne sont pas personnifiées , on doit se servir du pronom en , toutes les fois qu'on en peut faire usage ; et on ne doit employer l'adjectif possessif, que lorsqu'il est impossible de se servir de ce pronom. Vous direz donc : V église a ses privilèges , le parlement a SES droits , la république a conservé ses conquêtes ; si la ville a ses agrémens , la campagne a LES siens. Il n'est pas possible de substituer ici le pronom en aux adjectifs possessifs; et, par conséquent, on ne doit pas se faire un scrupule de les employer. Mais si on peut se servir de ce pronom, on dira, en parlant de la ville, les agrérnens en sont préférables à ceux de la campagne; ^\\\\ç^ république, les citoyens en sont vertueux; d'un parlement, les magistrats en sont intègres; de l'église , i.ys privilèges ^na sont grands.
e a ce sujet.
55o GRAMMAIRE.
Yoiis pouvez, Monseigneur, faire l'application de cette règle aux exemples que j'ai rapportés plus haut , et à beaucoup d'autres. Vous parlerez donc également bien , soit que vous disiez d'un tableau : il a ses beautés ^ ou les beautés en sont supérieures ; et d'une maison , elle a ses commodités^ ou les commodités ^1^ sont grandes. Quoique les adjectifs possessifs paraissent plus partitculièrement destinés à marquer le rapport de propriété aux personnes , il est naturel de s'en servir pour marquer ce même rapport aux choses , quand on n'a pas d'autres moyens. On dira donc de l'esprit, SES avantages ; de l'amour, ses mouvemens ; d'un triangle , ses côtés ; d'un quarré , sa diagonale : ceci résout la question que nous avons agitée au sujet des pronoms lui^ eux, etc.; c'est-à-dire qu'on doit se servir de ces pronoms toutes les fois qu'on n'y peut suppléer par aucun autre tour.
Je remarquerai par occasion , que ce tableau a ses beautés ^ et ce tableau «des beautés^ ne signifient pas exactement la même chose. On dira , ce tableau asES beautés , lorsqu'on parle à quelqu'un qui y trouve des défauts dont on est obligé de convenir malgré soi ; et ce tour exprime un consentement tacite aux critiques qui ont été faites. On dira au contraire , ce tableau a des beautés , lorsqu'on y trouve des défauts qu'on ne relève pas , qu'on veut même passer sous silence , et qu'on serait fâché de voir échapper aux autres.
On demande s'il faut dire , tous les juges ont , DijecuHc-sur
^ «/ o les adjectifs sff
opiné chacun selon ses lumières^ ou tous les juges ont opiné chacun selon leurs lumières.
Pour résoudre cette question , il faut connaître la différente signification des adjectifs ses et leurs. Or le premier signifie que la chose appartient distributivement aux uns et aux autres , et le second, qu'elle leur appartient à tous collectivement.
De cette explication , il s'ensuit que voua devez dire : tous les juges ont opiné chacun selon ses lumières. Car ce que vous dites de tous collectivement , c'est qu'ils ont opiné ; et ce que vous dites distributivement , c'est que chacun a opiné selon ses lumières. H y a ellipse , et le sens est : tous les juges ont opiné , et chacun a opiné selon ses lumières.
Vous direz au contraire : tous les juges ont donné chacun leur as>is suivant leurs lumières.
Pour sentir la différence de ces deux tours , il faut remarquer que , dans ces mots les juges ont opiné , le sens collectif est fini , et qu'il ne l'est pas dans ceux-ci , les juges ont donné. Or dès que chacun ne vient qu'après un sens collectif fini, c'est à ce mot que tout ce qui suit doit se rapporter , et on doit dire distributivement , les juges ont opiné chacun selon ses lumières. Mais si chacun vient avant que le sens collectif soit fini , ce qui suit ne peut plus se dire distributivement. Vous
et leurs.
direz donc : les juges ont donné chacun lÉijr avis suivant leurs lumières; car le sens collectif ne finit qu'après avis , que chacun précède.
Par la même raison vous direz : il leur a dit à chacun Jjvxi^fait^ et non pas sont /ait. Vous direz cependant , il a dit à chacun 9>o^ fait , parce que, n'y ayant point de nom auquel l'adjectif possesssif puisse se rapporter collectivement , chacun détermine le sens distributif.
Voilà, Monseigneur, les règles générales. Il suffit de vous les avoir fait remarquer. L'usage achèvera de vous instruire.