‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 19 sur 131 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Du levier.

Nous avons vu qu'en faisant prendre différentes ^^^f p^^'^Xs formes à une proposition , notre esprit découvre méthodes^"%n'i des vérités qu'il n'aurait pas aperçues : c'est ainsi qu'en construisant différemment la balance , notre bras soulèvera des corps qu'il n'aurait pu remuer : les machines sont pour les bras ce que les méthodes sont pour l'esprit.

Le levier représenté par la ligne A B , est sou- rig. 12. tenu sur l'appui C , au lieu d'être suspendu comme SmTnfrma-

]{-, , 1111 chine que laba-

e rleau de la balance. lance.

Or si on fait un point d'appui du point de suspension , c'est pour employer le fléau à de nouveaux usages. Ce changement ne fait donc pas du levier une machine différente de la balance : c'est la même quant au fond ; et les mêmes principes qui ont expliqué les effets de l'une expliqueront les effets de l'autre.

Vous comprenez qu'avec une petite force vous Les principes

,l . , • 1 , 1 1 • I T > sont les «nêraes

élèverez un poids considérable, si la distance ou v^^\y^^ «£

1 ^ pour lautre.

VOUS êtes du point d'appui est à la distance où en est le poids , comme la force du poids est à la force que vous employez ; ou si les produits de la force par la distance d'une part sont égaux aux

yO DE LART

produits de la force par la distance de Faiitre. Avec une force capable de soutenir une livre, vous soulèverez un poids de cent livres qui sera à un pouce de distance , si vous agissez à une distance de cent pouces.

Fig. la. Que la ligne A B soit mue sur son appui , les

arcs décrits par les diff érens points , seront à raison de leurs distances. Donc les vitesses , et par conséquent les forces appliquées à ces points, seront également comme les distances.

Que le poids D , égal à 4 , soit à i de distance ; la puissance , égale à i , sera en équilibre , parce qu'elle est à 4 de distance. La règle est toujours qu'il y a équilibre , lorsque les produits de la force , par la distance sont les mêmes de part et d'autre, ou, ce qui est la même chose, lorsque D est à P comme la distance de P est à celle de D.

Donc la force de P pourra être d'autant plus petite , que D sera plus près du point d'appui.

On ajoute plusieurs leviers bout à bout , et on produit le même effet avec une force moindre. Vous en voyez trois dans la figure i3, et vous jugez que si la puissance, pour être en équilibre avec le poids 8 , doit agir comme 4 sur le point A, . il suffira qu'elle agisse comme i sur le point B, et comme i sur le point C.

Considération La rèfifle est pour les leviers recourbés la même

sur lej. leviers *

"rrg!'t4. ^"^ pour les autres; c'est-à-dire qu'il y a équilibre lorsque la puissance est à la distance dtt=

poids , comme le poids est à la puissance. Mais il y a une considération à faire. Prenons pour exemple le levier A B C , où B est le point d'appui , et C la puissance.

Vous vous tromperiez si vous jugiez de la distance de la puissance par la longueur de la ligne B G ; car la puissance , agissant dans la direction C D , n'a en C que la force qu'elle aurait en D , où tombe la perpendiculaire tirée de B à la direction D C. Cette perpendiculaire B D est donc la distance de la puissance. En un mot , vous n'avez qu'à redresser ce levier, et imaginer que la puissance agit en D, comme elle agirait avec un levier droit dont le second Dras serait égal à B D.

Il y a trois sortes de leviers. Les uns ont le point d'appui entre le poids et la puissance : tels sont ceux dont nous venons de parler. Les autres ont la puissance entre le poids et le point d'appui; et les derniers ont le poids entre la puissance et le point d'appui.

Dans un levier où la puissance est entre le poids et le point d'appui , si elle est à i de ce point , lorsqu'un poids d'une livre en est à 8, il faut qu'elle soit comme 8 , pour qu'il y ait équilibre ; et si on la transporte à 2 de distance, il faudra qu elle soit comme 4- ^

Dans un levier où le poids est entre la puissance et le point d'appui, si le poids qui agit comme 4 est à 2 de distance , la puissance qui agira comme

sortes de leviers.

I sera en équilibre à 8 de distance. Mais si on la transporte à 4? il faudra qu'elle agisse comme 2. En un mot, la loi est toujours que la puissance est au poids comme la distance du poids est à la distance de la puissance.

ri« '7 Si deux hommes portent un poids suspendu au

levier A B , l'un est , par rapport à l'autre , le point d'appui du levier ; et la portion que B porte est à celle que A porte, comme A D à B D. Si A D est à B D comme 2 à 3 , et que le poids soit de cinquante livres , B en portera 20 et A 3o. On pourrait donc placer le poids de façon qu'un homme fort et un enfant en porteraient chacun une portion proportionnelle à leurs forces.

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