‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 82 sur 131 · VI · texte numérisé non relu

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sifion e$t come trois termes.

de Topération de l'esprit , lorsque nous jugeons du rapport de ces deux idées.

Corneille est poëte , voilà une proposition. Le premier mot, qu'on nomme sujet ou nom , et le second , qu'on nomme attribut^ sont^les signes dés' deux klëes que vous comparez. Le troisième ^st le signe de votre esprit , qui juge'^lu rapport entre Coîmeille et poëte. Ce mot est. ce qu'on nomme verbe. Toute proposition est donc composée d'un sujet, d'un verbe, et d'un attribut. Elle s'exprime par conséquent avec trois mots, ou avec deux, équivalant à trois. Je parle ^ par exemple, est pour je suis parlant.

Proposition Comeille est poëte est une proposition simple , parce que , n'ayant qu'un sujet et qu'un attribut , elle est l'expression d'un jugement unique dans lequel on ne compare que deux idées.

Proposition Mais dcs acclamations qu'excitèrent le Cid, Ho-

composée.

race , Cinna , Pompée , est une proposition composée , parce qu'elle est l'expression abrégée de plusieurs jngemens ; et ces jugemens, que vous répétez avec Racine , sont qu'excita le Cid, qu'excita Horace , qu excita Cinna , qu'excita Pompée. Un jugement Vous remarqucrcz , Monseigneur, qu'un juge- MHipie. ment ne se compose pas comme une proposition.

Il est toujours simple, parce qu'il ne peut jamais être formé que de deux idées que nous comparons. Une proposition , au contraire , se compose lorsqu'elle renferme plusieurs jugemens dans son

expression , et que par conséquent elle peut se décomposer en plusieurs propositions.

La dernière proposition , que nous avons prise . une propo-

11 'A 1 sition peut elre

pour exemple , est composée, parce qu'elle a iHui'es' dans

. . . . ... l'atlriLut , ou

' plusieurs sujets. Une proposition qui n aurait danstousdeux. tju'un sujet' serait également composée , si elle avait plusieurs -attributs. Par exemple, Corneille a une magnificence d'expression proportionnée aux maîtres du monde qu'il/ait parler y une certainejbrce^ une certaine éléi^ation..,. Vous voyez que cette proposition peut se décomposer en trois : Corneille a une magnificence d'expression , il a une certaine force , il a une certaine elé<^ation.

D'après ces exemples, vous pouvez facilement imaginer une proposition qui serait doublement composée , c'est-à-dire qui aurait tout à la fois plusieurs sujets et plusieurs attributs. Autant elle renfermerait de sujets et d'attributs , autant elle renfermerait de propositions simples.

Vous apercevez facilement que Corneille est ^^ qu^'q"*

A -l manière que le

poëte est une proposition simple : car si vous bursoieirS-

vi ) I • 1 , I 1 • primés , une

voyez quil n V a que deux idées dansleiufi^ement proposition est

•^ A i' X • j O simple, si elle

qu'elle exprime , vous voyez aussi que chaque d'unT»gemlut idée est rendue par un seul mot. Mais peut-être seriez-vous étonné, Monseigneur, si je vous donnais pour une proposition simple, la période qui commence par ces mots : Corneille^ après avoir quelque temps.,.

Vous me demanderez sans doute comment

cette période pourrait ne former qu'une proposition simple , puisqu'en l'analisant nous y avons découvert des propositions de plusieurs espèces.

Je répondrai que , dans le chapitre précédent , nous considérions les propositions sous un autre point de vue. En effet , les propositions subordonnées, ou les propositions incidentes, ne sont qu'un développement de la proposition principale; et par conséquent elles ne sont que les idées partielles du sujet et de l'attribut , qui continuent l'un et l'autre d'être un avec elles comme sans elles.

Quand on dit que Corneille est poète, qu'entend-on par poète? Un homme de génie qui, en s'assujettissant à la mesure des vers , a une magnificence d'expression proportionnée aux personnages qu'il introduit sur la scène , qui a une certaine force, qui a une certaine élévation

Vous concevez donc que si cette proposition, Corneille est poète , est simple, elle doit l'être encore lorsque , substituant au mot poète les mots qui en développent l'idée , vous dites : Corneille est un homme de génie qui....

Cette proposition sera simple encore, si, désignant Corneille sans le nommer, vous dites: celui qui a fait le Cid, Hor^ace, Cinna, Pompée , est un homme de génie qui....

En effet , il y a également unité dans le sujet et dans l'attribut , soit qu'on les énonce chacun par un seul mot , soit qu'on les désigne l'un et l'autre

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par un long discours. Or , dès qu'il n'y a qu'un sujet et qu'un attribut , il n'y a qu'un jugement ; et par conséquent la proposition est simple. Revenons actuellement à la période de Racine.

Tout le premier membre est l'expression d'un sujet unique ; car celui qui fit voir sur la scène la raison, c'est Corneille considéré comme ayant quelque temps cherché le bon chemin, comme ayant lutté... de même le second membre est l'expression d'un seul attribut avec ses accessoires , et ces accessoires sont , mais la raison accompagnée une idée rendue par plusieurs mots

en est mieux développée , mais elle ne cesse pas d'être une.

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