‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 95 sur 131 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Des noms des personnes considérés comme sujets d'une proposition.

Noms de u La première personne n'a que deux noms , un sonne!'"^' ^"' pouF le singulicrye , un autre pour le pluriel nous. La seconde en a deux au singulier, tu, vous ; et celui-ci est le même pour les deux nombres. Usage de m Saus doutc , Mouscigneur , on a, dans les commencemens , dit tu à tout le monde , quelque fût le rang de celui à qui l'on parlait. Dans la suite , nos pères barbares et serviles imaginèrent de parler au pluriel à une seule personne, lorsqu'elle se faisait respecter ou craindre , et vous devint le langage d'un esclave devant son maître. Il arriva de là , que tu ne put plus se dire qu'en parlant à ses esclaves, à ses valets, ou à un homme fort inférieur.

La familiarité qu'on prenait avec ses inférieurs , on crut souvent la pouvoir prendre avec ses égaux , et l'usage introduisit le tu d'égal à égal , surtout entre les amis. Cependant , parce qu'il est difficile de concilier la familiarité avec la politesse , deux personnes qui se tutoient dans le tète à tète , ne croiront pas , par égard pour le public , devoir se tutoyer devant le monde. Les poètes ont conservé

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seconde rsonne sont (3e vrais subs-

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le tu; et en vers, cette licence a de la noblesse, parce qu'on paraît s'égaler à son supérieur.

Vous remarquerez que les noms de la première , lesnomsde

■•• ^ * la première et

et de la seconde personne expriment bien mieux p^^so, les vues de l'esprit, que ne feraient les noms tamifs". propres. Ils expliquent clairement , l'un la personne qui parle, l'autre la personne à qui on parle. Vous ne vous feriez plus entendre , si vous vous nommiez au lieu de àireje; et si, au lieu de dire vous , vous vouliez faire usage du nom de celui à qui vous adresseriez la parole. Ces noms ne sont donc pas employés à la place d'aucun autre , et ce sont de vrais substantifs.

Les noms de la première et de la seconde per- Les noms de

la troisième per-

sonne sont toujours les mêmes, au masculin f| "en* Tsuivlnî comme au féminin ; ceux de la troisième sont dif- " ^*°"*' férens , suivant les genres. On dit il au masculin , au féminin elle, ils et elles au pluriel.

Du latin ille, illa, nous avons fait iL elle, le , la. „originedezL

' ' 7 7 7 7 giig. Ce sont de

comme les Italiens ont fait il, egli , lo, ella. Or , ^^^'^ ^^^'=^*'^^en latin, ille est proprement un adjectif exprimé ou sous-entendu. Il en est de même cYil en français, et di?»^// en italien. Quand, par exemple, après avoir parlé du pécher , je dis , il est eu fleurs, il est alors pour il pêcher; mais , à consulter l'étymologie , il et le sont la même chose , c'est-à-dire un adjectif qui détermine l'étendue qu'on donne au substantif pêcher. Anciennement nos pères employèrent ^/pour/e; et c'est encore ainsi que

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