‹ Œuvres completes de Condillac, Volume 2Chapitre 19 sur 57 · ARTICLE IX · texte numérisé non relu

ARTICLE IX

Dies différentes sortes de monades, suiyant 1^ dâiféreateft sortes de perceptions dont elles so^t capables.

Par l'article précédent nos perceptions peuvent se confondre ou se distinguer l'infini, suivant que nous sommes plus ou moins capables de les discerner. Si elles se confondent toutes, au point qu'on n'y puisse rien démêler , elles sont totalement obscures, et on n'a conscience d'aucune : c'est ce qui nous arrive dans le sommeil. Si , au contraire, elles se distinguent si fort, qu'on les remarque chacune en particulier, alors on les discerne toutes, et il n'en est point dont on n'ait conscience. Un être qui n'^a que de ces sortes de perceptions , voit di*inctement tout ce qui est.

Cet état ne convient qu'à Dieu : il tfest point de créature qui n'en soit infiniment éloignée. Nos sensations ne représentent rien que confusément ;

il en résultera une troisième couleur; mais un microscope lera repataitre les deux premières.

et, si quelquefois nous dkoHS qu'elles sont dis-* tinctes, il ne faut pas l'entendre à la rigueur, comme si nous démêlions tout oe qu'elles renfermeitt : cela signifie seulement que nous en démêlons une parti».

Depuis l'état où toutes les perceptions sont • totalement ôbècures, jusqu^à celui où il n'en est point qui ne soit claire et distincte, on pfeut ima^ giner utie suite de degrés qui représenteront tous les états possibles où les monades peuvent se trouver. Elles ne s'élèvent au-dessus du premier état, qu'à mesure que leurs perceptions se défe- • loppent, deviennent plus claires et plus dis-^ tinctes; ét c'est-là tout ce qui met de îa différence entre ellMbusi les différentes sortes de • perceptions déraminent les différentes classer des êtres. Dans les uns les perceptions sont totalement obscures, je les appelle entéléchies ; dans les autres, elles commencent à voir quelque degré de clsffté, et à être accompagnées de conscience , ce sont les âmes; ailleurs elles se développent assez pour élever les monades à la connaissance des vérités nécessaires, et elles en fonttles âmes raisonnables; enfin elles deviendront encore plus distinctes, et feront passer les âmes raisonnables à un état supérieur à celui où elles sont aujourd'hui.

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