CHAPITRE XL
Conclusion des chapitres précédens.
Pour peu qu'on ait réfléchi sur les exemple$ que j'ai rapportés , on Sera Convaincu que nous ne tomberons dans Terreur que parce que nous Wiisonnons sur des principes dont nous n'avons pas démêlé toutes les idées : dès lors nous ne les- saisissons point d'une vue. assez nette et assez précise pour en comprendre la vérité dans toute son étendue, ni pour être en garde contre ce qu'ils ont de vague et d'équivoque. Voilà la véritable cause des erreurs des philosophes et des préjugés
du peuple : d'où Ton peîtit conclure que la fausseté de Tesprit consiste uniquement dans l'habitude de raisonner sur dçs principes mal déterminés, c'est-à-dire sur des idées que, dans le vrai, nous n'avons pas, et que nous regardons cependant comme des connaissances premières qui doivent nousxonduire à d'autres.
Mais l'éducation a si fDrt accoutumé les hommes à se contenter de notions vagues , qu'il en est peu qui puissent se résoudre à abandonner entièrement l'usage de ces principes '. Les inconvéniens n'en serdnt4)ien connus que par ceux qui se souviendront des difficultés qu'ils ont eues à surmonter pour se les rendre familiers, et qui se rappelleront même d'en avoir seuti de bonne heure quelques-unes des contradictions. Quant à ceux qui ont obéi sans répugnance et sans réflexion à toutes les impressions de l'édUcation, on ne saurait croire jusqu'à quel point leur esprit est devenu faux^et on ne doit pas attendre qu'ils .réforment jamâis leur manière de raisonner. C'est ainsi que les tristes effets de cette méthode deviennent souvent sans remède.
Les principes abstraits étant démontrés inutiles et dangereux, il ne reste plus qu'à découvrir ceux dont on peut faire usage; mais on est bien
■ J*ai expliqué ailleurs comment Téducation' nôns a fait contracter cette habitude. Art de penser^ part, ii , chap. i. .
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près de txMtoattre la méthode qui condirit à la vérité qaaeùi\ on connaît celle qui en ékiigne.