‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 118 sur 975 · CHRISTINE, ÉRIC, RANTZAU, MARTHE · texte numérisé non relu

CHRISTINE, ÉRIC, RANTZAU, MARTHE

MARTHE, 0 Rantzau. Si c'est "à mon (ils que vous voulez pai'ler, le voici. (.4 part.) Impossible de rien apprendre.

ciuusTiNE, l'apercevant. 0 ciel !

MARTHE ET RANTZAU, Saillant. Mademoiselle de Falkenskield!..

Éiuc, vivement. A qui nous avons eu le bonheur d'olTrir un refuge, car sa voiture avait été arrêtée.

RANTZAU. Eh! mais, vous avez l'air de vous justifier d'un trait qui vous fait honneur?

ERIC, (roi/6/p. Moi, monsieur le comte!

MARTHE, à part. Un comte!.. (.4vec mauvaise humeur.) C'est fini, notre boutique est maintenant le rendez-vous des grands seigneurs.

RAïSTZAiJ, qui pendant ce temps a jeté un regard pénétrant sur Christine et sur Éric, qui tous deu.v baissent les yeux. C'est bien!., c'est bien... (Souriant.) Une belle dame en danger, un jeune chevalier qui la délivre; j'ai vu des romans qui commençaient ainsi.

ERIC, voidant changer la conversation. Mais vous-même, monsieur le comte, vous êtes bien hardi de sortir ainsi à pii'd dans lus rues.

RANTZAL'. Pourquoi ccla? Dans ce moment, les gens à pied sont des puissances; ce sont eux (]ui éclaboussent; et puis, moi, je n'ai qu'une parole; je vous avais promis en venant ici faire quelques emplettes, de vous apporler votre brevet de lieutenant... (Le tirant de sa poche elle lui présentant.) Le voici !

ÉRIC. Quel bonheur! je suis officier!

MARTHE. C'est fait de moi... (.Montrant Rantzau.) J'avais rai>^on de me défier de celui-là.

RVNTZAC, se tournant vers elle. Je vous fais compliment. Madame, sur la faveur dont vous jouissez en ce moment.

MARTHE. Que vou'ez-vous dire?

RA.NTZAU. Ignorcz-vous donc ce qui se passe?

MARTHE. Je viens de nos ateliers, où il n'y avait plus personne.

RANTZAi'. Ils sont tous daus la grande place; votre mari est devenu l'idole du peuple. De tous les côtés on renc mire des liinniéres sur lesquelles llotlent ces mots : Vive Burkenstalf, notrechef! Burkenstall pour toujours !.. Son nom (!St devenu un cri de ralliement.

MARTHE. .\h! le malheureux !

RANTZAU. Les Ilots tumultueux de ses partisaris entourent le palais, et ils crient tous de bon cœiu" : A bas Struensée ! (Souriant.) Il y en a même ipielipies-uns qui crient . .\ bas les membres de la régence!

ÉRIC 0 ciel! et vous ne craignez pas...

R\NrzMi. Nullement : je me promène incognito, en amateiu'; d ailleurs, s'il y avait quelque danger, je m.; réel imerais de vous !

ÉRIC, vivement. Et ce ne serait pas en vain, je vous le jure!

RANTZAU, luiprenant la main. J'y ai compté.

MARTHE, remontant le théâtre. Ah! mon Dieu! entendezvous ce bruit?

RANTZAU, à part, et prenant la droite. C'est bien! cela marche! el si cela continue ainsi, on n'aura pas besoin de s'en mêler.

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