‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 119 sur 975 · CHRISTINE, ÉRIC, JEAN, MARTHE, RANTZ.\U · texte numérisé non relu

CHRISTINE, ÉRIC, JEAN, MARTHE, RANTZ.\U

JEVN, accourant tout essoufflé. Victoire!., victoire!., nous l'i'nqiortons!..

MvuTHE, Eue ET RANTZAU. Parle vitc, parle douc !

JEAN. Ji' n'en peux plus, j'ai tant crié! . Noj-^ étions dans la gr.nide place, devant le palais, sous le ba!con, trois ou ipiilre mille! (!t nous répétions : Burkeiislalf! B iik nUalf ! qu'on l'évoque l'ordre qui le condamne; B^rkenstaff!.. Alors, la relire a paru au balcon , et Struensée à côté d'elle, en grand costume, du velours bleu ma.,'nirique, et un bel linninii,', une bell ■ voix! Il a parlé et on a fait silence: « Mes amis, de faux rapports nous avaient abusés; je ré- « voque toute espèce d'arreslatioii, El j' vois jure ici, au « Uciui di' la r.'iiie et au uiieii,(|ue M. Bu rkenstaft est libre (I et n'a plus rien àcraiii ir-. »

MARiHE. Je respire!..

cHRisriNE. Quel bonheur!..

ERIC. Tout est sauvé!

RANTZAU, à part. Tout est perdu!

JEAN. Alors, c'étaient des cris de : Vive la reine! vive Slrueu.sée! vive Burkenslafï! et quand j'ai eu dit à in;s voisins : c'est pourtant moi qui suis Jean, son garçon de boutique, ils ont crié : Vive Jean! et ils m'ont déchiré mon habit, en m'élevant sur leurs bras pour me montrera la multitude. .Mais ce n'est rien enci)re; les voilà tous qui s'organiseni, les chefs des métiers e.i tète, pour venir ici complimenter notre maître et le porter en triomphe à la maison commune.

MARTHE, à part. Un triomphe! il en perdra la tête!

RANTZAU, â part. Quel dommage! nue révolte qui commençait si bien!.. A qui se (1er à présent?

CHRISTINE, ÉRIC, au fond; BURKENSTAFF et plusieurs :<ov\m.E^ qui l'entourent; MARTHI^, JEAN, R.VNTZAU.

BURKENSTAFF, prenant plusieurs pétitions. Oui, mes amis, oui, je présenterai vos réclamations à la reine et au ministre, et il faudra bien qu'on y fasse droit, je serai là d'ailleurs, je p irlerai. Quant au triomphe ipie le peuple me décern : et que ma nudestie m'ordonne de refuser...

MARTHE, à part. A la bonne heure!

BURKENSTAFF. Je l'accepe! dans l'intérêt général et pour le bin effel. J'.itlendrai ic-i le cortège, qui peut venir ine prendre ((o in I il voudra. Qaant à vous, mes chers confrères, les n itables de 'notre corpuralioii, j'espère bien que tiuiti'it, au retour du triomphe, vous viendrez souper chez moi; je vous invite tous.

Tjus, criant en sortant. Vive BurkensUff! vive notre chef!

BURKENsr.AFF. Nôtre chef!., vous l'entendez! quel honneur!.. (.4 Eric.) Quelle gloire, mon fils, pour notre mai-

BERTRAND ET RATON

son! (.1 Marthe.] Eh b'M\\ ma Iciimie, que te. disais^jc? je suis iino puissanco... un pouvoir... lien n'égale ma papularilé, et tu vois ce que j'en peux faire.

MAUTME. Vous eu l'crii un; maladie; reposez-vous... cir vous n'en pouvez plus !

ul.RKl;^srA^•^', .s V.vsiii/a/it U: [vont. Du toul ! la gloire ne l'aliijuc pas... Quelle belle joiu'uée! tout le niouilo s'iucluie (levant u;oi, s'adre.sse à moi et méfait la cour. [Apercevanl Chrislinc cl liantzau qui sont firés du comptoir à gauche, et qui ('tuicnt masques liar Éric.) Que vois-je? uiadeuioiselle de Falkeiislvield et monsieur de Uantzau elirz moi ! (.1 limifzau, d'un air jirdtecteur et (wec emphase.) Qu'y a-t-il, monsieui le comte? Que puis-je pour voire service? que nie demaii dez-vous?..

n.\-sn\v, froidement. Qmuc aunes de velours pour un iminteai'.

BiRKKxsTAFF, dêcoucerté. Ali!., c'est cela, pardon... mais pour ce qui est du cinnmerec, je ne puis pas; si c'était loul<' ;!Ulro chose... (Appelant.) Ma femme!., vous sentez qu'au momentd'un triomphe. ., mafemnie... mou!cz clans les mxgasin';, servez monsieur le comte.

«antz.au, donnant un papier à Marthe. Voicî ma note.

liuiiKEXSTAiT, criant à sa femme qui est déjà sur l'escaliir. Et puis, lu songer.Ls au souper, un souper digue de noire nouvelle position; du bon vin, enlenils-lu?.. [Montrant lu porte qui est sous l'escalier.) Le viu du petit caveau.

«AtiTiiE, remontant l'escalier. Est-ce que j'ai le temps de tout faire?

iiuRKEissTAFF. Eh bien! ne te fâche pas... J'irai moimême... (Marthe remonte l'escalier et disparaît. A Rantzau.) Mille pardons encore, numsieur le comte; mais, vovezvoiis, j'ai tant d'occupations, tant d'autres soins... (.1 Christine, d'un ton protecteur. ) Mademoiselle de Falken;kield, j'ai appris par Jean, mou garçon de... (Se reprenant.) mon commis... le manque de respect qu'on avait eu pour voire voilure et pour vous; crojez bien que j'ignorais... ji.' ne peux pas être partout. (D'un ton d'importance.) S.ui ; cela, j'aurais interposé mon autorité; je vous promets d'eu témoigner tout mon mécontentementj et je veux avant loul...

RANTZAU. Faire reconduire Mademoiselle à l'hôtel de son père.

lirRKF-xsTAFK. C'cst cc quc j'allais dire, vous m'y faites penser. . . Jean, que l'on rende à mademoiselle son carrosse. . . Vous direz que je l'ordoime, moi. Raton de BurkeustafT... et pour escorter .Mademoiselle...

lime, l'ivenient. Je me charge de ce soin, mon i)ère.

la'RKEXSTAFF. A la boiiiic heure!.. (.1 Éric.) S'il vous arrivait quelque chose, si on vous arrêtait. .. tu diras : J,' suis Eric de Burkenstaff, fils de messire...

JEAN. Raton de BurkenstafT... c'est connu.

RiMZAi', saluant Christine. Alieii, .M ulrmoisellc .. adieu, nioii jeune ami. {Éric a offert sa main à Christine et sort avec die, iuivideJea».)

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