SCÈNE X
CIIKISTI.NE, à gauche sur le devant du théâtre et s'appuyant sur la table qui est près d'elle ; É'^IC, qui vient d'ouvrir la porte à qauche; CLIELHER, KOI.LER, au milieu et un peu au fond; FALICENSIvIELD et RANrZAU, sur le devant
à droite.
Tiirs, apercevant Éric. 0 ciel !
cinusTiNE. .le me meurs !
ERIC. Me voici; je suis celui qu ; vous cherchez.
FAi.KE>SKiELD, avcc Colère. Éric lîurkenslaff dans l'appartement de ma fille!
r.oELHER. Au nombre des conjurés!
ÉRIC, regardant Christine qui est prés de se trouver mal. Oui, j'étais d(^s conjurés! {.iveo force et s'avançant au milieu lia théâtre.) Oui, je conspirais !
TOLS. Est-il possible!
K0I.I.ER, red-scendant le théâtre. .le n'en savais rien !
RANTZvi'. Et lui aussi!
KOi.i.ER, à part. Il sait tout; s'il parle, j(; suis compromis. (Pendant cet aparté, Falkenskk'ld a fait signe à G!Plh"r de se mettre à la table à gauche et d'écrire. Il se retourne alors vers Eric, qu'il iid'-rroge.)
FALKENSKiELi). OÙ S lut VOS compliccs? fpi Is soiit-ils ?
ÉRIC. Je n'en ai pas.
KOLi.ER, bas, à Eric. C'est bien ! (Il s'éloigne vivement. Eric le regarde avec étonnement et se rapproche de Rantzau.)
RANrzAU fiit à Eric un geste de tête approlintif, et dit à part : Ce n'est pas uu lâche, celui-là.
FALKE>SKiELD, à Gœlher. Vous avez écrit? (Se retournant vers Éric.) Point de conipli-es?.. c'est impossible; les troubles dont votre père a été aujourd'hui la cause ou le prétexte, les armes que vous [lortiez, prouvent un projet dont nous avions déjà la connaissa ice ; vous vouliez attenter à la liberté des luiuistivs, à leurs jours peut-être : et ce pnjjet, vous ne pùuvi(;z l'exécuter seul.
1.R1C. Je n'ai rien à répondre, et vous ne saurez rien de moi, sillon que je conspirais contre vous; oui, je voulais briser le joug honteux sous lequel gémissent le roi et le Danemark; oui, il est parmi v.ms des gens indignes du pouvoir, des lâches que j'ai délies en vain.
c.oEi.iiER, toujours à ta'jle. Je donnerai là-dessus des explicitions au conseil.
FAi.KENSKiELu. Silcuce, GiuUier! et paisque iM. Éric convient qu'il était d'une conspiration...
ir>o
DCRTUAND ET RATDN.
ijntc, avec force. Oui !
ciiRisTiNK, A Falhvnskkld. Il vous trompe, il vous aluiso.
i;i:i(:.No;i, MailcmoiscUr ; ceinicjc dis, jcilois le fliiv; je suis ti-iip iiciircux (lo l'avouiT tuiit haut, {Avec inicnlion et lu regardant.) et de doniv/r au (larti que je sers eu dcrnici- L;a,-;e de dévouement.
Kiii.i.En, bas. à Rantzau. C'est un liommo perdu et son parti aussi.
iiAMZAU, à pari, et seul a la droite du spectateur. Pas encore ! c'est le moment, je crois, do dcHvivv BurkeiistalT; maintenant qu'il s'agit de son fils, il faudra bien qu'il se montre de nouveau, et celte fois enfin... [Il se retourne vers Falkenskicld et Gcdhcr qui se sont approchés de lui.)
FALKENSKiELii, doiuMiit à RaiHzau le papier que lui a remis Gaiher, cl s'adressarit à Éric. Telle est cléfiricmcnt votre déclaration ?
Énic. Oui, j'ai conspiri-, oui, je suis prêt à le signer de mon sang; vous ne saurez rien de plus. (Gaiher, Falkenskicld et Raiilzau semblent, A ce mot, délibérer tous trois ensemble, adroite. Pendant ce temps Christine, qui est ci gauche pi-ès d'Éric, lui dit et voix basse : )
CHnlSTl^E. Vous vous perdez, il y va de vos j mrs.
Énu:, de même, ^n'importe? vous ne serez pas compromise, et je vous l'avais juré.
F.\LiiENSKiET,p, ccssant de causer avec ses coltèijues, et s'adressant à Kolter et aux. soldcds qui sont derrière lui, leur dit en montrant Éric : Assurcz-vons de lui.
Éiuc. Marclions!
RAKTZAU, à part. Pauvre jeune liomnie ! (Prenant une prise de tabac. Tout va bien. (Des soldats emmènent Éric par la -porte du fond ; la toile tombe.)
FI?( bV TROISIÈME ACTE.
ACTK QUATHIBIE.
(/apparleinciit do la rcinc-mcre Hans lo palais du Cliiistianborg. l3.:ux iioitus lalC'ndcs. Porte Sùcréto if gauclio. A clruile , ni' guéridon rouveit d'un riclij tapis. i' <■,"*■