SCENE in
LE COMTE DE RANTZAU, FALIvENSKlELU , LA REINE,
assise à droite près du ijuéridon.
FALKEN>KiEi.u. Midanic, depuis hier la tranquillité de la
ville a été à plusieurs reprises sérieusement troublée; des rassemblements, des cris séditieux ont éclaté sur plusieurs points, et enfin hier soir on a tenté d'exécuter dans mon liôlel lin complot don! ou ignore encore les chefs; mais il nous est faeilo de les soupçonner.
LA REINE. Je pense, en effet, monsieur le comte, qu'il vous est plus ficile d'avoir des soupçons que dos preuves.
RANTZAU, avec intention et regardant la reine. Il est TTdi qu'Eric Burkenstaff persiste à garder le silence... mais...
FAi.KESSKiELD. Obstination on générosité qui lui coûtera la vie. .M lis en attendant, par une mesure que la prudeiicj commande, et pour prévenir dans Imir origine des complots dont les ailleurs ne resteront pas longtemps impunis, nous venons, au nom de la reine Matliilde et de Strnensée, vous intimer l'ordre de ne point sortir de ce palais.
LA REINE, se levant. Un pareil ordie... à moi! et de quel droit ?
FALKENSKiELD. li'uii droit qiic uoiis n'avions p.as hier et que nous pri>nons aujourd'hui, l'ii complot découvert rend un goiiveruiMiient plus fort. Strnensi'c, qui hésitait encore, s'est enfin deeidi; à adopter les mesures énergiques que depuis longtemps je proposais, il ne suffit pas de frapper, mais di' frapper (iromptenient. Ainsi ce n'est plus devant les cours de justice ordinaire que doivent se traduire les crimes d'Élat; c'est devant le conseil de i-égcnce, seul tribunal coiiipéteiit; c'est là que dans ce moment se décide le sort d'Eric Burkenslaft, en attendant que nous fassions comparaître devant nous des coupables d'un rang plus élevé.
LA REINE. Monsieur le comte !..