‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 179 sur 975 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédents, JAK.

JAK, à Lionel, à demi-voix. Pardon, mon colonel, une lettre.

LIONEL. De quelle part? {Jak regarde de tous côtés avec précaution, et met le doigt sur la bouche. Lionel le regardant.) Pourquoi cet air mystérieux? tu peux parler sans crainte devant Madame.

JAK. C'est de la part d'une jeune et jolie lady.

BATHILDE, avec émotion. Une femme!

JAK. Que je ne connais point, mais qui vient d'arriver avec ce gentleman qui a un air si suffisant.

LIONEL. Le secrétaire du gouverneur.

JAK. Moi, qui suis de l'hôtel, j'entrais dans son appartement, pour demander ses ordres... « A votre « accent, me dit-elle, je vois que vous êtes un com- « patriote, un .\mériiaiu. — Je m'en vante. — On « peut se fier à vous. Le colonel Lionel est-il dans « cette auberge? — Depuis ce matin. — Je vous prie « en grâce de lui remettre ce billet, à lui seul. «

LIONEL. Qu'est-ce que cela signifie?

JAK. En cet instant est entrée une dame d'une figure noble, mais pâle et soufi'rante, à qui elle a dit vivement : « .Ma mère, je me sens mieux, ou peut repartt tir, on peut demander les chevaux. »

LIONEL. Il suffit. {Luioffrantde l'argent.) Tiens, mon garçon.

JAK. A moi, mon colonel, à un patriote!

LIONEL. Tu as raison. (Lui serrant la main.) Je te remercie; mais laisse-nous. [Jak sort; Lionel remonte le théâtre et ouvre la lettre.)

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