‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 201 sur 975 · SCÈNE in · texte numérisé non relu

SCÈNE in

Les PRÉCÉDENTS, COTING.

coTl^^,. Pardon d'entrer jusqu'ici , n'avaut trouve personne au maj;asin.

M. uiiBREDiL. C'est nous. Monsieur, qui vous faisons nos excuses... Ma femme, une chaise à Monsieur.

MADAME DiBRia'iL, à part. Dieux ! être obligée d'être lioiinéte avec tous ces gons-là!

coTiNC. Ne vous donnez pas la peine, je viens acheter quelipies pièces de velours... Sans me connaître, vous avez peut-être entendu parler de moi : je suis .M. Coting', un des premiers tailleurs de Paris.

Air : Le briquet frappe la pierre.

Riais dans le siècle où nous sommes.

Souvent les tailleurs, bêlas!

Ne trouvent iiue des inçrats!

C'est nous (jui faisons les liommes.

Un tel... n'est (pi'un ignoiant...

GrAcc au bel habit qu'il jjrend.

On l'écoute en l'admirant.

A (lui doit-il cette gloire"?

A (lui doit-il son osprit?

Il le doit à son liabit. Et (|uand je vois sou mémoire.

Cet habit... Dieux! quelle horreur!

Il le doit à son tailleur.

Vous savez que j'ai inventé l'étoffe qui porte mon nom, et qui a eu tant de vogue l'hiver dernier; et je vii'us vous con^ldter sur une espèce de vclouis que je voudrais créer, et que vous auriez la bouté de faire fabriquer. J'ai là des échantillons. [Pendant qu'il ôle ses gants.) Vous avez ici un petit local charmant.

M. DinREiiiL. Oui, c'est notre arrière-bouliipie, ipie ma femme a voulu que je fisse arranger en salon , [Mitnlrant la porte du fond.) et qui a une sortie particulièi'e sur la rue.

COTING. (Test fort propre ; mais si vous venez chez moi, vous verrez, c'est tout eu glace. De sorte que quand un client essaie un habit, il le voit double.

H. DiiBREiML, CI part. Et il le paie de même... [Haut.) Eli bien! Monsieur, vos échantillons?

coTWt . p!frior>> plusieitrt papiers. M'y voici; nou, c'est un billet de M. le comte de Saint-Edmond!

MADAME iiiuiiEuii,. Saiiit-Edmoud ?

cuTiNC. Vousconnaiss(>z?..

MADAME DUBRKi'ii,. De répulaliou; ce jeune homme si aimable, si bi'illa il.

ÉLisA. L'oracle du goût et de la mode.

MADAME DiuREiiiL. Ou uous Cil a lioaucoup parlé dans toutes les sociétés où nous allons. [Bas, à M. Dti'ircuit.) Voilà le geuilri! (pi'il vous faiidi-ait.

coTl^(i. .^^li, je ne le connais pas, impossible de le johidre; mais je connais son papier, et j'ai là ime lettre de change passée à miui ordre, pour laquede je me

suis mis en règle [l'renanl d'autres papiers.) Ah!

tenez, vous voyez ces deux nuances, ce velours noir et ce velours blanc; je voudrais... cela vu vous étonner, mais moi, je suis un de ce> génies créateurs (pii visent à l'originalité... je voudrais combiner ensemble ces deux couleurs hélérogcnes, et en faire jaillir une autre.

M. DcuRELiL. C'csl déjà fait.

r.0Tl^r.. Comment?

M. DiBREi n.. Nous avons le gris, le gris de souris, le gris perle...

coTiNG. C'(3St dommage ; mais c'est (''gai, gardez-moi le secret; vous pouvez toujours dire que c'est moi qui l'ai inventé.

Ain : J'ai vu le Parnasse des dames.

Par l'invention, moi, je brille ; Aussi, je ferai mon cliemin.

DUBRECiL, lui montrant la boutique^ Par ici. . ma femme et ma fille Vont vous eoiidiiire au maiiasin.

J'ai plus d'une élolfe nouvelle Dont on admire la couleur; Et la, vous pourrez choisir celle Dont vous voulez être l'auteur.

coTi KG, sortant avec Élisa. C'est on ne peut pas plus honnête.

MADAME DUBREi IL, o Cotini). Je voussuis, .Monsieur... {A M. Dubreuil ) et quant à votre M. Hernard, ne nous en parlez plus; car nijusie délesloiis maintenant plus que jamais. (0;i so/ihc.) Allons, (ucore du monde. Voilà, voilà, ou y va. [Elle sort.)

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