M. DUBREUIL, UN JOCKEY
LE JOCKEY. Est-ce îci M. Dubreuil, un marchand d'étoffes?
.M. DUBREUIL. Oui, uion ami.
LE JOCKEY. Ji; viens de la part de mon maître, M. le comte de Saint-Edmond.
M. nuBREUiL. Ah! M. de Saint-Edmond, rue de la Chaussée-d'Antin?
LE JOCKEY. Oui, Monsieur.
M. DUBRKi IL. C'est celui dont ma femme me parlait tout à riiinire; qu'y a-t-il pour son service?
LES ADIEUX AU COMPTOIR
Gl
LE JOCKEY. Il VOUS pi'ic de passer demain matin chez lui; c'est pour un nouvel ameublement dans son petit salon.
M. DUBREiiiL. C'est bien ; mais encore faudrait-il savoir... est-il là avec toi, dans sa voiture?
LE JOCKEY. Non, Monsii'ur ; mon maître déjeum^ en ville ; je viens de le eomluire, et je ne dois aller le reprendre que dans trois iicnres avec la voiture.
M. PiiBREi'iL. Dans trois lieures... {Aparl.) Ali! mon Dieu, quelle idée! voilà mon plan qui m'arrive... {Haut.) Dis-moi, mongari^on, tu m'as l'air d'un gar(;on intelligent?
LE JOCKEY. Dame, Monsieur, je fais mon étal de jockey anglais du mieux que je peux.
M. Di'BREiiL. Et tu es bien allaclié à ton maître?
LE JOCKEY. Monsieur sait ce que c'est, un jeune homme à la mode, qui a une très-grande fortune ; on a toujours un attachement proportionné.
M. Di'BREciL. C'est juste; et si, malgré ta fidélité, on te propo.sait de le quitter ce matin?
LE JOCKEY. Comment, Monsieur?
M.uuimELiL. l*our trois heures seulement, (Lu; (/oxnantde iavtjent.) et mojemuuitviugt francs par heure.
LE JOCKEY. A ce prix-là, Monsieur, je servirais vingt maîtres à la fois ; voyons, que faut-il faire?
M. Di'BREuiL le tire, à l'écart et lui parle bas. Taisloi, c'est ma femme.