‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 211 sur 975 · SCÈNE XIIT · texte numérisé non relu

SCÈNE XIIT

BERNARD, ÉLISA, le Jockey.

ÉLiSA, àprirt. Et mon iiapa r|ui me laisse avec lui!.. QiiVst-ic (juc je vais lui diiv?

liEiiNARi), â part. Le heaii-iière a raison... c'est l'instant oc.i jamais de me déclarer.

ÉLisA. Vous disiez, Monsieur, que vous étiez venu l'our voir des étoffes?.. Je vais, si vous le voulez, Vous conduire au magasin.

CEiiVAim. Tout à l'heure... {Au juckri/.) Williams, alli z à voire cheval. (.1 Élim.) Dans ce'uiomi'iit. j'ai le temps d'attendre.

Éi.is.ï. C'est que j'ai peur que vous ue vuus ennuyiez avec moi... Je ne vais pas .souvent dans le monde, et je ne suis pas au fait de ses usages.

tEiiNAUD. Tant mieux!.. Vous i^nor.z combien le grand monde est euuuxeux!.. Je ne dirais pas cela devant viilre mère, qui s'en est l'ait des idées ma.:nifiqucs, mais il n'y a pas encoro bien longicnqis que ]y suis... et l'en ai déjà assez.

ÉLISA. Il se pourrait!

LEiiNARD. Au premier coup d'œil, ça paraît agréable de briller, do se promener, de u'ovoir rien à l'aire... mais si vous saviez, au bout de quelque temps, comme la journée est longue !

Air : Il me faudra quitter l'empire.

Au lioiilevai'd, voyez siu' une chaire.

Plus d'un conl'rciT, liùlasl tout endoimi! Pour écliappcr à l'ennui qui lui pi's>, 11 monte en vain sur un léL'or wiski.

L'ennui s'élance et galope avec lui.

Puis à la Bourse en revenant il passe, Ou bien au jeu se livre avec ardvur.

Implorant couune une faveur

Ouelque cliagrin qui le délassj

De la fatigue du bonheur.

Ah! si j'avais suivi mes premiers pro'efs, je n'en serais pas là... j'avais de l'argent, des c.i|Htaux assez considérables, je me serais mis dans le ceiumerce.

ÉLISA. Vous?., dans le commerce.

BERNARD. Et poui'quoi pas? moi , je n:o fais une idée charmante d'une vie utile et occupée; je me vois avec ma femme, au milieu de mes vastes mag, sius.

ÉLISA. Votre femme! vous vous seriez doiic marié?

BERNARD. Saus douto ; ne fùt-cc que pour partager mon bonheur! Dans l'état que j'aurais pris, tous les moments n'auraient pas été donnés au tr.ivail. Apr.s une matinée utilement employé'e, cinq heuresaiTive.it, lacaisse et le registre sont fermes; libie de tous soin-, content de soi-même et des autres, i|uelle duuee gaielé anime le repas! Le soir, on va clurclicT avec sa femme un spectacle amusant; ou bien l'on va dans quelques sociétés, chez de bons am-s, qui sont enchantés de vous voir; et, dans la belle saison, on a |)rcsde Paris, une maison de campagne charmante, où l'on va passer ks fêtes et h s dimanches. On a même la demi-foitune ou le char à banc qui viuis transporte gaiement et en famille ; ajoutez à cela l'amour qui embellit tout, et vous venez qu'un brave et honnéle marchand quia de la cousiiléraliou, une bi.imel'emme et de la fortune, est encore, de tous les bourgeois de Paris, celui qui a l'état le ))lus heureux.

ÉLISA. C'est pourtant vrai; je n'avais jamais pensé à tout cela.

BERNARD. Mais, pour ce beau projet, il faut d'abord une fenmie (ju'on aime, et dont on estain.é.

AiB de la Vo'iére.

Trouver une lenime que j'aime.

N'est pas difficile, je crois.

riisA.

Vous avez l'ait un choix?

Bernard.

Je veux vous le dire ii vous-même.

{Faisant un y es te.) î'ais écoutez. . Ii'enlends-je pas Vers nous revenir votre père?

Je crois, hélas !

Qu'il faut nii' taire.

Kf.lSA.

Non, non, Monsieur, l'on ue vient pas.

DEUXIÈME COUPLET. BERNARD

C'est pour vous que mon cœur soupire, ÉLISA, parlant. 0 ciel !

BERNARD

Et je ne dois plus vous revoir.

A moins pourtant qu'un mot d'espoir...

LLISA, hni.isnnt le< yeux.

Quoi!., faut-il doue ici vous dire...

Mais écoutez... n'entends-je pas De ce côté venir ma mère.

Je crois, hélas !

Qu'il faut me taire.

BERNARD

Non, non, vraiment, l'on ne vient pas.

[On entend :unner.)

M. DiRRtx'iL, appelant. Élisa! Élisa!..

ÉMSA. Vous voyez bien. Monsieur.

BERNARD, Encore un instant, je ne vous demande qu'un seid mot... [On enlrml sonner.)

ÉLISA. Impossible, puisque maman m'appelle. [Elle sort.)

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