‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 210 sur 975 · SCÈNE XIL · texte numérisé non relu

SCÈNE XIL

M. ET MADAME DUBREUIL, ÉLISA. BERNARD, ait- Jour de la lahle et déjeunant; LE JOCKEY, d"bout, occupé à les servir ; COTlNt;, entrant par la porte du magasin.

coTixc. Je suis désolé... de vous déranger encore... j: ne vous dis qu'un mol, et je m'esquive. (J/. Dulirini l se lève de table, et va causer avec lui à l'autre bout du théâtre.)

MADAME PUBR-;uiL, à Bernard. Ne faites pis allenlio;i, c'est un clia'and... ça n'en vaut pas la peine.

coriNc, à il/. Dubreuil. C' velours gris-perle m; paraît bien... i'enpriîndrai ipiatre pic:es pour coinineiicer... pour le surplus...

MADAME DUBREUIL, ffl (pli B-mard a pari'! 6a.< pendant ce temps. C'est charmant! Dieux! qu'il a d'esprit!., on avait bien raison de nous vanter M. de Saint- Edmond.

COTING. H'iu!.. qn'esl-ceque c'est?., quel nom ai-je cnt;'ndu? Comineul!.. .Minceur serait?..

Éi.iSA. .M. d.' Siinl-Ivlmond liii-miMU'.

coTi.NG. En effet, je reconnais son jockey... celui qui me renvoyait toujours, illaut, à B rnar.l.) IMu--ie irs fois. Monsieur, jc me suis présenté à votre bôt ■], s ins vous renconirer.

BERNARD. A mou hôlel!.. (.4 part.) C'est encore quelque incident arrangé par le beau-père.

coiiNG. Votnt ilom slique, ici présent, m'a toujours dit que vous n'étiez pas visible.

BERNARD. Cc gaiUai'd-là jouc bien son rôle... lE JOCKEY, à Coling. C'est vrai. Monsieur... mais j'avais des ordres...

coTiNG. Que j'ai toujours respectés... je suis Coting... Coting, tailleur... Et ptiisipie je vous trouve, voit'i une petite lettre de change, acceptée par vou<, et passée ii mon ordre.

M. DUBREUIL, (i ;mi;. Eh ! mon Dieu!., jen'avais pas pensé à celni-là .. ce que c'est, quand on commence. BERNARD, (i part, (l'est bien cela... Tous les jeunes gens à la morle ont des créanciers... et le beau-iii'i'c m'en a trouvé un. [Haut, à Coting.) Eh bien! mou cher, qu'est-ce que cela?.. Une b'ttre de change! . est-ce que cela me regaiale? est-ce que je peux me mêler de tout?.. C'est moi qui li'sfais, c'est déjà bien assez.-, mais ce n'est pas moi qui les paie... Voyez mon homme d'affaires... Est-ce que vous me prenez poir un bourgeois '.'

cùTiNG. Non, .Monsieur; je suis bien la différcn?e... les bourgeois paient eux-mêmes .. Mais c'est que je me suis mis en règle... Il y a contrainte par corps; et je serais désolé, pour si peu de chose, de CAuscr du désagrément à Monsieur...

M. DUBREUIL, à part. Ah! mon Dieu!., tout va sedéoiivrir.

COTING. Et de le faire mettre en prison.

MADAME DUBREUIL ET ÉLISA. EU prisou!..

BERN.vRD, aux dumes. Taisez-vous donc... ça n'est pai possible... je n: découche jamais. [A Coting.) De quoi est-il question!., de mille écus?

COTING. Du tout, Monsieur... d'une misère de cinq cents francs.

BERNARD, toujours à table. Et c'est pour cela ipie vous me l'uinpez la tète?.. Tenez, enlendez-vous làdessus avec M. Dubreuil, nous sommes en compte courant... et il va voussolder. (.1 madame Dubreuil ) Je vous demanderai un peu de crème.

M. DUBREUIL. Commcut! morbleu!., y pensezvous?., payer cinq cents francs !

MADAME DUBREUIL , versaut de la crème ii Bernard. Sans doute, mon ami, vous ne pouvez refuser à .M. de Sailli-Edmond.

BERNARD. Certainement; qu'est-ce que cela vous coûte '

M. DUBREUIL. Co quc ça mc coûte?., c'est (|uc vous croyez plaisanter... Mais je suis dans ce moment-ci dans une position... (.t part.) Mais renoncer à un,; ruse qui va si bien... [On entend sonner.) Allez donc vite... Et puis d'ailleurs le véritable Saiiit-Edinond paiera peut-être. (On sonne encore.) Mais allez donc. Madame.

MAD.vME DUBREUIL, SB levant de table. Excusez, Monsieur...

BERNARD. Faitcs, Macbmc... Jcsais bien ce que c'est que le commerce.

MADAME DUBREUIL. Ah! si cclui-là s'avisc de marchan lor, il sera bien venu. [Elk sort.)

M. DvunEiiL, à Cotinip .Monsieur, passons dans mon cabinet... nous allons régler cela. (.4 Bernard.) Je te laisse quelques minutes avec ta préteiuhie... profite des moments, car ils sont chers. (// entre avec Coting dans le cabinet ii droite.)

LES AF)IEUX AU COMPTOIR

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