‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 228 sur 975 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

i E.M.MERIC, HECTOR, M. DE SAINT-GI1.RAN, sortant

iÔ

UNE CHAINE

I-OUISE. Kniiiêclift-moi de me pcuire, cjr moi je ne puis rien que l'aimer. — Acle 4, scène 14,

(h- rajiparti'ment à çiaucho et tenant à la main des papiers qu'il va porter sur la table à gauche.

M. DE SAiNT-CERAN. Eli ! iiiais, Mcssiciirs, qu'y a-t-il donc!

HECTOR. Je m'i n lapiiortc à iiirinsiciir le comte.

emmehic, à part, ai^ec effroi. 0 cii'l !

M. DE SAiNT-GERAN. Je vuus aiipdi'tais les |)ièces de notre procès.

HFXToit. El miii, j'en ai un autre à vous sounn'tlre...

EMMEitic. Hector, je t'en supplie! .

HECTOR. Ah! dame... situ ne le laisses pas Cdudnire par nous... 11 faut cependant que les gens qui ont do la raison dirigent ceiui qui n'en ont pas.

.M. DE SAiNT-r.ERAN. C'est juste. Lie quoi est-il question?

EMMERic. Non, tu ne parleras pas!

HECTOR. Je sui§ avoné... je pailerai! j'expliquerai les faits de la cause. IMonlrani M. de Saint-Geran.) et le tribunal jugera. [Montrant Emmeric.) Il arrive de l'autre bout de Paris; il vient de chez elle... il nous l'avait promis...

M. DE SAINT-GERAN. Ail! VOUS y étos retounié?.. k merveille !

HECTOR. Oui, à merveille... mais attendez, il a rompu.

M. DE SAlNT-fiERAN. C'i'St-tri'S bien !

iiKCTO.i. Sans (Inute, mais voil.'i qui ne l'est pas... Par uii événenunl... par nue circdustance inattendue...

M. DE sAi.NT-r.EiiAN. (Ju'esl-ce que je vous disa'S? Il y vn a huijciuis iini surviennent au moment où Idn croyait lout lini.

iiECTOii. Une futilité... une loge pour demain à l'Opéra.

EMMERIC. Hector, au nom du ciel!

HECTOR. Tu te fâcheras si tu veu\.

EMMERIC, s'emportant. Eh! oui, sans doute!..

M. DE SAINT-GERAN, passunt entre eux den.r. Voyons, mes amis, voyons s'il n'y aurait pas moyen d'arranger cette grave affaire... Et si je puis vous seconder...

HECTOR. C'est tout ce que je demande, parce que, si vous vous en mêlez... cela va s'arranger.

UNK CHAINE.

SAINT r.ÉRlN r.ii

ni ! Madame — Afte S, scène 1».

EMMERic, à part. Ah ! c'en est fait de nous !

HECTOR. On lui a donc dit : Si vous ne venez pas demain soir dans ma loge... tout est fini entre nous...

'emmeric, avec colère. Hector!..

HECTOR. Ses propres paroles .. je les liens de toi, et tout se trouvait rompu... Mais voilà qu'un rival, un fat, défend à Emmeric de s'y rendre. Et lui, qui ne voulait pas, qui était décidé à. ne pas y aller, me répond maintenant...

M. DE SAINT-GERAN. Qu'il ira?..

HECTOR. C'est absurde ! u'est-il pas vrai?

M. DE SAINT-CERA.N. NoH, c'est fùut n.iturel!..

EMMERIC, vivuncnt. N'est-ce pas, Monsieur?

M. DE SAiNT-GERAN. Oui, saus doute, et j'en ferais autant...

HECTOR, stupéfait et laissant tomber ses bras. Alors, nous n'y sommes plus.

M. DE SAINT-GERAN. Si, Vraiment! nous y sommes... et si vous voulez vous en rapportera moi...

HECTOR ET EMMERIC. Oui, Certainement!

M. DE SAINT-GERAN, gravement. Puisque Emmeric est

décidé à rompre avec cette femme, il ne doit plus la

revoir.

HECTOR. Bravo!

M. DE suNT-cERAN. Ni paraître dans sa loge.

HECTOR. Bien jugé!..

M. DE SAINT-GERAN. Il vieuclpa (laiis la mienne... Nous en avons une...

EMMERIC, stupéfait. Monsieur!..

M. DE SAINT-GERAN. Avcc sou bcau-pèrc et Aline sa future, que j'inviterai...

jiMMERic. Permettez !..

M. DE SAINT-GERAN. Aux ycux et à la face de celui qui Vous a défié!.. Vous me le montrerez, et ilans l'eutr'acte vous me donnerez le bras... Nous trouvr>rons moyen de nous en approcher, et alors je dirai devant lui et devant ceux qui l'entourenint, que je vous ai offert dans ma loge ainsi qu'à votre prétendue, une place que vous refusiez d'abord... et si nous voyous en ses traits le moindre sourire de doute ou d'incrédulité, je vous permets de lui en demander raison... Je serai là, je serai votre témoin...

LAGNY. — Imprimerie de VuLlT et Cit

UNE CHAINE

HECTOR. 0 ciel!

M. Di; SAixT-GEiiAN. Ail! il iic f.iiit pas cioiro.. . I|irillll^ I iiptùre n'ami'iie pas qnL'li|iios cnups d'opiM' mi i|ii(l- (iiu! chose de ce gcure-là...

KMMiiiiic. Je le sais, iMonsieiir; et je m'y atl.einls,je le désire même... J'irai dans votre loge... j'irai...

HECTOR. A la bonne Ivnire ! Et en reloimiaiit chez ton oncle qni t'attend et qui s'impaticiite ijcnl-ùtrc... lu peux lui Iransniettrc l'invilalimi de niniisirar le comte, pour demain...

M. riF, SAiNT-CERAN. Oui, faiis doulc.' Allcz vite, pendant que nons, imiis allons parler proccs. {Emmeric ijuiltc la droite, rcnumte le Uwàirc, li tvaccrsi: (f va prendre sur la table son chapeau qu'il y a placé.)

iiECTOR. A vos ordres.

M. DK s.\iNT-CEi',.v>. Et fi (leaiaiii rnoosieur Raliandard veut ai-compagncrses amis. ..avec iiousà l'Opéra?

HECTOR, ^>uoij M'aiment? monsieur le comte, vous Seriez a>sez bim... {Bas, à Emmeric ip.dest près de lui.) 0 Victoria!., si elle p.uivait y aller! (Haut.) 5Iais je crains d'être indiscret, je crains de vous gêner...

>i. t)E SAi>T-GERAîi, souriaiit. Itu.lilut!.. une loge iunncn.sc... aux premières, nuniéio 10 .. entre les coliiimes.

EMMERIC ET HECTOR, SlUféfllils et à fart.O cil'l ! . . {Elll-

incric, qui avait pris son chapeau cl cpr idiait partir, s'arrête.)

M. DE SAENT-GERW. .Ma femme l'a obtenue d'une de SCS amies qni vient de la lui céder non sans peine, car on se les arrache : tout P.u'is y sera !.. (Se retournant vers Emmeric cpii se disposait à sortir, mais qui s'est arrêté pour faire des signes à Hector.) Eli bien? . qu'avez-vous donc?..

EMMERIC. Rien... Monsieur... I.e trouble... l'éuiolion... suite toute uatm'elle...

M. DE SAiiST GEPAN. Bii sujct quc uous vcnoiis de traiter... Courez prés d'Aline... votre prétendue... Si vue seule vous remettra... .^dieu, mim ami, adieu et à bientôt! [Emmeric sort fout troublé.;

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