SCENE VH
HECTOR, M. DE SAl.NT-GERAN.
M. DE SAiNT-GERAN, qui vicut de reconduire Emmeric. Pauvre jeune homme! il eu est réellement tout bouloversé.,. {Reijardant Hector.) Eh mais! et vonsanssi?
HECTOR, à part. Je n'ai jias une goutte de sang dans les veines.
M. DE SAiNT-GÇRAiN. La même ph^isionomie...
HECTOR, balbutiant. Je... ji; l'aime tant, ce... ce cbei' Knniicric... que... que tout ce qu'il éprouve...
M. DE SAiiNT-GERAîv, riant. Jc couçois ccUi !.. Orestc et Pylade n'avaient ((u'un cœur... niais pas la même figure... et la vôtre est inqiayable...
HECTOR. Vous êtes bien bon ! [A part.) Je uc .sais plus ce que je dis.
M. DE SAINT-GERAN, VcHOllS à UOtrC procés... Car VOUS
êtes de bon conseil... cl vous avez, surtout en affaires, une clarté et une lucidité... dont j'ai été charmé. Voici les papiers... dont je vous ai parlé. (Montrant la table a i/auche.) Nous allons, si vous le voulez bien, les examiner ensemble. [Il traverse le théâtre et va s'asseoir à la table àyauclie, eu [ace d'Hector.)
HECTOR, pendant ce temps, à part, à, droite au bord du théâtre. Cet homme si terrible!.. Si cela se découvre... Emmeric... et moi, pcnt-ètre, qni aurai été complice de celte trahison...
M. riE SAiNT-CERAN, c/ss/x (( kl taille, et l'appelant. Oiiand vous voudriez
incCTOH. Oui, monsieur le c(nnte. [H va s'asseoir visà-vis de lui.)
M. DE s\iNr-CERAN. Voici /)r/«io les papiers (pii élablissenl notre parenté... et nos droits à la succc^siuu.
HECTOR, toujours troublé. Oui, Monsieur... Vous dites nue succession?..
.M. PE SAINT-CKRAN. rtout je VOUS ai parlé... celle de notre oncle, décédé sans enfants à la .Marliuiqiu'... l'oncle de ma femme.
HECTOR. De votre femme... (S'oublianl malijré lui.) Ah ! si je l'avais su...
.M. DE SAIXT-GERAN. Quoi dOTIC?
HECTOR, cherchant à se n mettre. Que votre oncle de la Martinique fût décédé s-aus enfants...
-M. DE s\iM-c.ERAN. Mais vou,^ le sivicz... Je vous l'ai e\plir|né... et, d'apivs les piécs... vous voyez (pie notre grand-onelo...
HECTOR. Celui de la M.u'tinique ?..
Jl. DE SMNT-GEUAN. Non... Sou péi'e avait épousi: une Sainl-Dizicr, également notre grand'tante... de sorte que, des deux côtés, l'héiilago devait nous revenir... puisque c'était la lanle de ma femme. Et, d'après Tordre généalogique... notre grand-oncle... Vous camiu'cuez...
HECTOR, avec trouble et i>ivement. Je comprends... je comprends .. à uii'rvi'ille... voire grand-onele était... sa tante...
M. ms.wst-i:\-.[\.i,\, parlant d'un éclat lie r/rc. Qu'est-ce que vous nie dites là?
HECTOR. Pardon! pardtm!.. (.( part.) Dieu! quel tort je me fais!.. [Haut.) h) vous avoue (pie j'ai une migr.iine,,. un mal de têie... (|ui m'emiiécbe... de voir... et de canipreiulre.
M. DE SAiNT-GEiiAN. Eu effet... votiv luaiii estglacée.
HECTOR. Et ma tôle brùlmte.
.M. DE SAiXT GKHAM. C'cst il uioî do VOUS demander excuse,., de vous avoir |)arlé affaire e;i un pareil moment... Nous ivaiellrons notre conférence.
HECTOR, s'essuyant le front. Jn respire!..
M. DE SAiNT-GKRAN. D'autaiit p'ius (jiie voici ma femme.
HECTOR, ri paît. La peur uk' reprend !