‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 231 sur 975 · DE SAiNT-GERAN. C'cst donc accordé · texte numérisé non relu

DE SAiNT-GERAN. C'cst donc accordé

LOUISE, gaiement. Eh! oui, Sbjnsieur...

M. DE SAl^T-GERA^■, payant pîcs d'Hector. Vous l'entendez? Emmeric, votre ami, a la croix d'Iumneur...

HECTOR, balbutiant. J'en suis ravi !

M. DE sAiNT-cERAN, souriaut. Vous ïiii scTCz pas le seul... 11 y a quelques personnes de par le monde à qui cette nouvelle fera encore plus de plaisir.

LOUISE. A qui donc?

M. DE SAINT-GERA.N, à demi-voix et à l'oreille de sa femme. A son beau-père et à sa prétendue...

LOUISE, stupéfaite. Son beau-père !..

M. DE SAiNT-GERAN,(/i' même et gaiement. Eh! oui... c'est là l'affaire dont nous nous occupious... et dont il ne fallait pas parler avant qu'elle ne fût certaine... elle l'est maintenant... De cette faveur, de cette justice, dépendait son mariage... et c'est à vous qu'il le dcxra... (.-1 Hector.) Aussi, et comme les bonnes nouvelles n'arj'ivent jamais trop tôt... je m'em[n'esse d'annoncer celle-ci à son beau-pèiv.

LOUISE, à part. Et sa visite de ce matin... ses détours... son embarras... Ah! quelle fausseté! (Louise est debout à gauche du théâtre. M. de Saint-Geran , après avoir repris sur la table à gauche les papiers (pi il y avait laissés, entre dans le cabinet à gauche dont la porte reste ouverte. Hector remonte le théâtre

et gagne doucement la porte du fond. Louise se retourne et l'aperçoit.)

LOUISE, cachant son trouble et affectant un air gra ci'jiix. Monsieur... .Monsieur... Ballandard...

HECTOR, revenant près d'elle et redescendant à gauche. Madame la comtesse !.. {A part et la regardant.) Dieu! comme elle tremble!., et moi aussi!..

LOUISE, affectant de sourire. Il s'agit donc d'un mariage pour M. Emmeric d'Albrct?..

HECTOR, lui répondant avec trouble, et regardant toujours du côté du cabinel à gauche. Mais , oui... du moins il en estqnestion... on en parle vaguement.

LOUISE , cherchant à se contraindre. Ah !.. .\vec qui?

HECTOR, baissant la voix. Je ne sais... je l'ignore.

LOUISE. Vous, son ami intime?..

iiEciuR. H est très-discret, très-caché... il ne dit rien.

LOUISE, avec plus d'émotion. Le nom, la demeure de Sun beau-père, de sa prétendue?..

HECTOR. Je ne m'en doute même pas. (.)/. de Saint- Geran rentre dans ce moment, tenant une lettre à la main.)

M. DE SALNT-GERAN. Voicl mou mcsSrigeà la famille... et je vais envoyer... [Louise va à la table à droite et sonne. Parait au fond du théâtre un domestique en livrée.)

LOUISE, traversant le théâtre , prenant ta lettre des mains de son mari, et s'adressant au domestique. Julien! vous porterez cette lettre. (Jetant les yeux sur l'adresse qu'elle lit en trenddunl.) .\M. Cléiamheau... négociant... hôtel de Casiille... boulevaril des Italiens.

M. DE SAi.NT-CERAM, OU donu'ititiue. Sur-le-cliauip !.. car, à cette heure, toute la famille doit être rassemblée !

LOUISE, sur le devant du théâtre et avec résolution. Tant luieu.v !.. (Au domestique.) Julien, mes chevaux.

HECTOR, à part. Bonté divine !... tout est perdu ! [Le itinnestique sort par le fond; M. de Saint-Geran et sa femme par la gauche. Hectoi- les salue et sort vivement par le fond.)

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