SCÈNE VIll
M, DE SAINT-GERAN, LOUISE, entrant vwcnicnt, HECTOR.
i.otiSE, (i M. de Saint-Geran. Ah! Monsieur... que je vous fasse part de la plus heureuse rencoiitre..,
i\i. DE sAtM'-(;E.RAX,r/N(crroH)/J«/i(. Monsieur Hector Ballandard, notre avoué... notre ami.., que j'ai l'honneur de vous présenter. (Louise fait ci Hector une profonde révérence.)
HECTOR, à parf. Dieu! qu'elle est belle!.. {S'interrompant.) C'est égal, à ce prix-là j'aime mieux ne pas la regarder.
M. DE SAIXT-GERAN, sowiant. Un homme de talent... ([uand il n'a pas mal à la lêto...
HECTOR, cherchant à sourire. C'cstvrai... j'y suis trèssujet... (S'arrêtant.) Qu'est-ce que je dis là?
M. DE s.vixT-GERAN, (( Hcctor. Tcop de modestie.., (.1 Louise.) Je me buis permis de lui offrir pour demain, et sans vous consulter, une place dans votre loge à l'Opéra.
UNE CHAINE
LOUISE, de l'air le plus aimable. Vous ('liez sûr d'avance (lu mon aveu et de mes rcuiercimeiits...
M. DE SAiNT-GERAN. Il y vieiuli'a uvec Emmcried'Albret, son ami... qui vient de nous le promettre.
LOUISE, fait un (jeste de joie, se reprend et dit froidement. C'est fort bien à lui... et j'en suis cbarmée.
M. DE SAiNT-CERAN, suuriant. C'cst-à-du'e que cela vous contrarie.
LOUISE, froidement. Nullement !
M. DE SAiNT-GERAN . Mon Dieu !.. je le vois... je vous connais...
LOUISE. Vous vous trompez!
HECTOR, à part, et se détournant. J'ai peur que dans mes yeu.\ ils ne s'aperçoivent...
LOUISE, lit la preuve... c'est que vous aurez. Monsieur, d'après vos désirs... de bonnes nouvelles à lui annoncer...
M. DE SAiM-GERAN. Commriit Cela?
LOUISE, vivement et avec joie. .\li! c'est un hasard unique... impayable... mais aujourd'hui j'ai du bonheur... tout me réussit.
HECTOR, (i part. Ce n'est pas comme à moi!
LOUISE. J'allais sortir pour une visite que vous m'aviez priée de faire, lorsqu'une voiture entre dans la cour de l'hôtel... Je voulais déjà faire dire que je n'y étais pas... et l'on m'annonce... vous ne le devineriez jamais... mon oncle...
HECTOR, virement, et à part. Celui de la Marti... {S'arrc'lant.) Qu'est-ce que je dis... il est mort?..
LOUISE. Ce clier oncle!., qui m'aime tant et que je ne vois jamais!.. C'est tout naturel... quand on c^t ministre... on n'a pas le temps d'avoir une famille ou des amis... on se doit tout entier...
M. DE SAINT-GERAN, froidement. A ses ennemis!
LOUISE, ijaiement. Comme vous dites... .Monsieur... J'ai sur-lc-eliaïup songé à ma position ou plutôt à la vôtre... et avec le sourire le pins gracieux... le ministre a daigné me ré|iondre que c'était une personne de talent, ce qui e.st vrai, à qui il avait déjà pensé... ce qui n'était peut-être pas vrai... et il n'en a que plus de mérite...