SCÈNE m
ISABELLE, GUATTINARA
cu.xttinara, ('/ iMirt. Eiitiu! elle s'éloigne! (Hairf.) Tout à l'heure, quand je suis entré dans le salon oi j'ai trouvé Votn; Altesse, seule on tète-à-tête avec l'empereur, je n'ai pu, dans le trouble, dans la douleur ou j'étais... savoir si vous aviez rlaigné parler à Sa Majesté de la nécessité de me conférer son ordre de la Toison d'Oi !
ISABELLE. Oui Vraiment! L'empereur a répondu : Rien ne presse, nous attendrons que notre nouveau ministre ait fait ses preuves et nous ait rendu quelque signalé service.
gu.attin.vra. lia dit cela!... [A part.) A merveille, sire; on
LES CONTES DE LA REINE DE NAVARRE
■ABSUBRlTSt glissont im biscuit dana U wrre du roi. — Acle 2, scène 6.
s'arrangera pciiir devenir nécessaire. (Haut.) Alors Votre Altesse a insisté.
ISABELLE. Olil mon Dieu, non!.. Je ne pensais qu'à tout ce peuple, tous ces oflii'iers qui criaient: Vive la reine!., et puis, dans l'intérieur des appartements, toute cette cour attentive et prosternée, tous ces jeunes seiffueurs, si élégants et de si bonne mine, qui semblaient épier chacun de mes regards... Ah! c'est beau d'être reine d'Espagne!
GUATTiNARA, avec jalousie. Vous trouvez?
ISABELLE. Je commence!., car jusque-là ce n'était pas amusant. Et puis, sur un geste du roi, tout le monde s'est retiré. >'ous sommes restés diins le petit salon... seuls.
CL'ATTiNABA, à part. Ah! mon Dieu!...
ISABELLE. 11 avait un air plus aimable, plus gracieux qu'à l'ordinaire.
GUATTiNARA. C'était jour de gala.
ISABELLE. Probablement! '»',.a
a m'a enhardie., beaiacoup !
GUATTiNARA, à part. Tautpis...
ISABELLE. Le roi ne m'écoutait pas...
GUATTiNARA, à part. Tant mieux...
ISABELLE. Mais il uic regardait...
GUATTiNARA. Aïe!., tant pis!..
ISABELLE. En disant... qu'il y a d'éloquence. d'es[irit dans ces yeux-là. . les miens!.. Puis,
j ai cause
.. qu'il y a comme me
faisant signe de me taire, avec la main, il s'est écrié : .\h! laisse/.-les, laissez-les parler... et il a pi'is nia iiuiiii qu'il a pressée contre ses lèvres... C'est dans ce niinni'iit-ri que vous êtes entré.
GUATTiNARA. Ah! si Votre Altesse savait ce ([iie j'ai l'in'oavé de torture...
ISABELLE. Si je l'avais su... j'aurais sur-le-cliain|) retiré ma main.
GUATTiNARA. 0 ciel!.. gardcz-vous-cu bien!.. Dés i pie je nie sacrifie... des que je m'immole. .. ne voyez que votre bonheur, votre gloire!.. Oubliez un malheureux... c'est-à-dire, non, ne m'oubliez pas... au contraire! "Mais soyez reine!., reine toute-puissante... pour vous... et pour vos amis!
ISABELLE. C'est cc que je me suis dit.
GUATTiNARA, à part. Sanehette, mes seules amours, Sanchette, du moins, me restera!
ISABELLE. Et pour vous proiivcr ma confiance...
cuATTiisARA. Pai'lez vite.
ISABELLE. Vous savcz bicH, cette jeune eamériste si gentille, si vive, si amusante.... que vous avez placée prés de moi?
GUATTiNARA. La petite Saucliette... la senuraRabiéça...
ISABELLE. Je vous préviens qu'elle a une ineliiiatioii...
GUATTiNARA, « /ja)-( et avcc trouhle . Ociel!.. qui a pu lui dire?.. [Haut, aocc embarras.) Vous croyez...
ISABELLE. J'en suis sûre... Tout à l'heure, assise là prés de
VIALAT I T C". IMPRIMEURS ET EDITEURS
EDMOND. Ali !.. Monsieur, aiic tii? vom doiî-je pas. — Acle 5, sc^iio 12.
LA CAMARADERIE
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LA' OOTJ^TS-SCÎHBLLS
noprdscntée, poar Is première fois, ù Paris, sur le Tiiéàtre-Frauçnls, le 19 Jauvler t8S9.
Il -ijoni— w
LE COMTE DE MIREMONT, pair de France.
CÉSaRINE, sa femme.
AGATHE, fille du comte de Miremont, née d'un premier mariage.
EDMOND DE VARENNES, jeune avocat.
BERNARDET, médecin.
OSCAR RIGAUT, cousin de Césarine.
M. DE MONTLUCAR, grand seigneur, homme de lettres. ZOÉ, sa femme.
iJlcreonnogcs.
DUTILLET, libraire.
SAINT-ESTEVE, poëto-romancier, DESROUSEaUX, peintre.
LÉONARD, \ SAVIGNAC, > camarades.
PONTIGNI, )
UN DOMESTIQUE de M. de Montlucar.
UN DOMESTIQUE de M. de Mnemout.
DOMESTIQUES d'Oscar.
La scène se passe à Paris, au premier acte, chez M. de Montlucar: au deuxième, cliez Oscar; les trois derniers,
chez M. de Miremont.