SCENE X
HECTOR, ALINE, arrivant du fond, M. DE SAINT- GERAN, EMMERIC, CLERAMBEAU.
ALINE, entrant gaiement. Mon parrain... mon parrain qui arrive!..
CLERAMBEAU, aMo/if au-dsvontde lui. Qu'il soitle bienvenu !
EMMERIC, o part. Malédiction !..
ALINE, retenant Hector, qui veut s'éloigner. Vous ne partirez pas, je vous garde : vous resterez avec nous au déjeuner de famille. [Clérambleau a été au fond du tliédtre au-devant de .\I. de Saint-Geran, et lui a serré la main. Pendant ce temps, Emmeric, troublé et indécis, a voulu se rapprocher de la porte à droite: il a trouvé devant lui Clérambfau qui vient de quitter M. de Saint-Geran, et qui ne cesse d'examiner Emmeric; celui-ci redescend alors le théâtre.)
M. DE SAINT-GERAN, à Aline. Je me suis encore fait attendre, et pourtant je n'ai pas perdu de temps!.. Avant même de rentrer chez moi... j"ai couru à la Giande-Chancellerie^our une surprise que je réservais à ma tilleule... Mais ils n'en finissaient pas... il m'a fallu y rester jusqu'à présent...
ALINE. En vérité !..
M. DE SAINT-GERAN, O Aline, à demi-voix. Et j'arrive avec le brevet que j'ai fait expédier devant moi... celui de nouveau ebevalier... que ton fiancé tiendra de ta main... Tu le lui donneras ce soir en signant le contrat.
ALINE. Ah! que de bontés!..
CLÉRAMBEAU, qui a quitté l'extrvme droite duthéâtre, vient se placer près de M. de Saint-Geran , et lui dit avec émotion. J'ai encore un service à réilamer de vous, mon ami... un avis... une consultiition...
HECTOR, s'avançant. Me voilà!
CLERAMBEAU, rt Hector. Je vous remercie... Daignez, ainsi que ma fille, nous attendre dans le petit salon... où nous vous rejoignons à l'instant...
ALINE, à Hector. C'est pour la dot... Venez.
HECTOR. Comme votre père a la figure défaite !
ALINE, gaiement. Il a faim... j'en suis sûre!.. Mais soyez tranquille, le déjeuner ne se fera pas attendre... Venez donc, monsieur Baliandard. (Ede sort avec Hector par la porte à gauche , et Clérandieau remonte le théâtre de quelques pas pour bien s'assurer de leur sortie.)