SCÈNE XL
CLÈRXWBï^kV, redescendant àgauche, M. DE SAINT- GERAN, EMMERIC.
M. DE SAINT-GERAN. PaHcz!.. Que nic voulez-vous?
CLÉRAMBEAU, avcc émotion. Je voulais vous rappeler... mon ami... qu'en me demandant ma fille pour mon neveu, vous vous êtes rendu sa caution... Vous m'aviez juré, ainsi que lui, et sur l'Iionneur, que désormais il n'y aurait dans sa conduite aucun mystère... aucune intrigue... aucune relation... de nature à compromettre le bonheur de mou enfant... c'est à cette seule condition que j'ai consenti... vous le savez !^
M. DE SAINT-GERAN. Certainement!.. Et où voulezvous en venir?
CLÉRAMBEAU. A ccci, Hiou ami... qu'il ne faut ni vous étonner ni m'en vouloir si je relire ma parole...
M. DE SAINT-GERAN. Y pCIISeZ-VOUS?
EMMERIC. Et pourquoi? de grâce!..
CLÉRAMBEAU. Il ose le demander. . quand tout à l'heure, ici même... chez moi... dans la maison de sa fiancée, il a reçu en secret une femme... {Traversant le théâtre.) qui est cachée là, dans cet appartement?
EMMERIC, se mettant devant Clérambeau qui veut y entrer. Monsieur... (.1/ de Sainl-Geran se trouve a l'extrémité à gauche, Clérambeau au milieu , Emmeric à droite . )
CLERAMBEAU, ù M. de Saint-Geran. Et la preuve, c'est qu'il refuse de m'y laisser entrer!..
EMMERIC , avec impatience. Parce que... parce que, malgré l'affection et le respect que je vous porte. . je ne veux pas, après mon mariage. . me voir en butte à une inquisition... à des soupçons sans cesse renaissants... et le moyen de s'y opposer plus tard est de commencer dès le premier jour...
M. DE SAINT-GERAN. Cela me paraît assez juste.
CLÉRAMREAU. Mais Cependant cette robe que j'ai aperçue...
EMMERIC , troublé. C'est possible... Mais je vous répèle que la femme qui a traverse cet appartement est une personne que j'ai à peine entrevue... une femme de la maison...
UNE CHAINE
CLERAMBEAU, voulont entrer dans l'appartement à liroite. Alors, voyons...
EMMERic, .se nieilant devant lui. C'ost-à-diri' i\uc. vous n'en croyez pas ma parole... et que déjà votre défiance...
CLÉRAMBEAU. Jû uc viic défie de personne... mais j'aime mieux voir par moi-même...
EMMERIC. Et voilà ce qui m'offense... voilà ce que je ne sonlTrirai pas...
,M. DE SA1^T-GERAN, souviant. No VOUS fùclicz pas. Mies amis. Moi , i|ui suis désintéressé dans la question... si vous voulez me prendre pour juse...
EJ151ERIC, vivement , s'clançanl au-devant de lui, se trouve entre M. de Saint-Geran , qui est e'i gaueh" , et Ciérambeau, qui esta droite du speelateur.) Non pas... non, Monsieur !..
M. DE SAiNT-GERAN , étouné. Et pourquoi donc?..
Eiisizviic , troublé et regardant loujoun Ciérambeau qui se f.'iriye vers la porte à droite. Parce qu'il douterait mémo de vous... il ne vous croiiait pas... Il ne croit à ricii...
M. DE SAINT-GERAN, sûucî'anf et allant s'asseoir sur le fauteuil à gauehe. C'est juste !
EMMERic, regardant Ciérambeau d'un air suppliant. Pas même à mon honneur!
CLÉRAMUEAV , qui se dirigeait vers la porte du cabinet ù droite, s'arrête un instant, indécis et étonné. Ea vérité... je ne sais plus si je dois... [Emmeric fait un geste de joie.) Non , ma foi!... (Il s'élance dans l'appartement à droite. Einmeric reste accablé et ne sort de son désespoir qu'il la voix de M. de Saint-Geran.)