EMMERIC, M. DE SAINT-GERAN, LOUISE, CLÉ- RAMBEAU
CLÉRAMBEAU, troublé. Madame la comtesse!.. (Louise fait à Clérambeau une profonde révérence.)
M. DE SAINT-GERAN. Ma Icmuie... qui venait pour ce contrat... pour ce mariage qui n'a pas lieu...
tovi^E, avec une joie (pi'elle réprime . Est-il possible?..
M. DE SAiNT-Gi:n\N, aucc humeur. Eli! nui... nouvel incident... [Montrant Emmcric.) Monsieur refuse.
LOUISE, avec joie. Pourquoi dune?
M. DE SAiNT-CERAN , (i dcmi-coix, et o l'cpaule de Louise. Pour une femme...
LOUISE, avec joie et tendresse. Qu'il aime donc bien?..
M. DE SAINT-CERAN, de viéme. Au contraire... qu'il abhorre... qu'il déteste...
LOUISE, (I part. 0 ciel!..
EMMERIC, vivement. Permettez...
CLÉRAMBEAU, vivenwnt. 11 n'a pas dit cela...
M. DE SAINT-GERA^, de même. Il nous l'-i dit... tout à l'heure... il en est convenu... un amour qui lui pèse... qui lui est iusupportaiye.
LOUISE, avec émotion. Et comment de pareils sentiments peuvent-ils être ignores de cette personne?
M. DE saint-ceran, de même, et à demi-voir. Eh ! que sais-je?de vains égards, une délicatesse alisurde, l'enipèchent d'avouer la vérité... (.1 voix haute, et avec force.) Et je soutiens, moi, qu'il faut enfin qu'elle la connaisse, quand je devrais la lui dire moi-niême.
LOUISE, vivement. Vous avez raison !
M. DE SAINT-GERAN. N'esf-Ce paS ?
EMMERIC, vivement. Au nom du ciel!
M. DE SAINT-GERAN, montrant Emmeric. Mais il ne veut pas... il n'ose... Voyez pliitôl... la seule pensée le rend interdit et trerablanl...
LOUISE, jetant un regard de mépris sur Emmeric, qui baisse les yeux. Vous diles vrai!..
M. DE SAINT-GERAN , ù Clérambeau. Et maintenant , mon ami, je ne connais plus qu'un moyen... Je vais chercher Aline, ma filleule! sa vue lui donnera peutêtre le courage qui lui manque... ou bien je penserai comme vous, qu'il ne la mérite pas, s'il hésite encore un instant entre la femme qu'il aime et celle qu'il n'aime plus ! [Il sort par la porte à droite.)