SCÈNE XVII
M. DE VILLEBl.ANCHE, seul. Il s'assied sur le fiiutcuil qui est auprès de la psyché. Il y aurait bien un moyen , un moyen victorieux , qui s'est d'abord présenté à mon idée; ce serait de dire à madame de Marcilly que j'étais là, que j'ai tout entendu ; certainement la crainte du ridicule la ferait consentir au mariage de Saint-Félix; (Ilselève.) maiscelaruiner.iit le mien, et ce ne .serait pas juste; car enlin, ce jeune homme a plus que moi le temps d'attendre. Reste donc les conseils de la sagesse et de l'amitié; on ne les écoulera pas; il y a là un autre confident en qui l'on a plus de confiance qu'en moi , car je ne parlerais qu'à la raison, et lui s'adresse à ramour-propre. Eh mais! si lesavisque je n'ose donner venaient de lui? peut-être seraient-ils mieux accueillis. Ma foi, qu'estce que je ris(|uo? (lise met â la table et écrit.) Ess-ayons toujours, un peu d'audace et de courage. Je vais, pu- exemple, de'guiser mon écriture; car il faut prendre des précautions, surtout pour donner des avis utiles.
AiR -.Restez, restez, troupe jolie.
Oui, la raison est nne amie Que l'on doit craindre d'employerj C.ir je sais que dans cette vie Toute espèce de conseiller, Glaees, miroirs, ou gens en pl.ace.
Dont l'avis est sollicité, Tombent souvent dans la disgrâce, Quand ils disent ta vérité.
{Use lève.) C'est cela, c'est bien. Maintenant mettons cette lettre à la psyché. (// place sa lettre pliée entre la glace de la psyché et l'encadrement d'acajou.) J'ai dit à Saint-Félix de venir dans une demi-heure; est-ce assez? oh! oui, madame de Marcilly ne restera pas une demi-heure sans regarder à sa glace; la voici.