‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 324 sur 975 · HENRI, MONTRICHARD · texte numérisé non relu

HENRI, MONTRICHARD

MONTRICHARD, Se promenant pendant qu'Henri le suit en tenant un plateau de rafraîchissements. Démon de femme ! voilà le doute qui commence à me prendre... on m'a trompé peut-être... M. de Flavigneul n'e.st pas ici...

HENRI, te suivant. Monsieur le baron désire-t-il?..

no:^TmCHxRD, se promenant toujours. Tout à l'heure!.. S'il y était... la comtesse aurait-elle ce ton insultant et railleur?

HENRI, lui offrant toujours à boire. Monsieur le baron...

MONTRICHARD. Tout à l'hcure, vous dis-je !.. (A luimême.) Mais s'il n'y est pas... mon expédition va me couvrir de ridicule., sans compter que le crédit de la comtesse est considérable et qu'elle peut me perdre... Si je repartais?., oui, mais il est ici! Si une heure après mon départ la comtesse fait passer la frontière à M. de Flavigneul, me voilà perdu de réputation... Ah! j'en ai la tête tout en feu !

HENRI- Si monsieur le baron voulait des rafraîchissements ?

MONTRICHARD. Va-t'cu au diable!

HENRI. Oui, monsieur le baron!

MONTRICHARD Attends... Quelle idée!., oui!.. (A Henri.) Venez ici et regardez-moi? (Il boit. Après l'a-

*ÎW

BATAILLE DE DAMES

voir cavminr) Vous ne me scmlilcz pas aussi niais que YDUS voulez le iiaraître...

HENRI. Mnnsicur le baron est bien bon!

MONTRiciiAiiD. L'ail' vil, l'air fin...

HENiii, (i part. Où veut-il en venir?

MOMiiiciiARD, après un moment de silence. Votre maîtresse vous a bien nialtrailé tout à rhf.'ure...

iiKNRi. Oui, monsieur le baion.

MONTRiciiARD. Est-cc qu'elle vous soumet souvent à ce réjj;ime-là?

HEiSRi. Tous les jours, monsieur le baron.

MOMRiciiARD. Et combien von.s tlonne-t-clle de surcroît de gages, pour ce supplément de mauvaise bumeur?

HENRI. liien du tout, monsieur Icbaro/i.

jiONTRiciiARD. Ainsi mal mdné et mal payé? {Changeant Je ton.) Mon gar(;on, veux-tu gagner vingt-cinq louis?

HENRI. Moi, monsieur le baron, comment?

MONTRICIIARD. Levoicî \.. [Mystérieusement .) M. Hemi de Fliivigiieul doit être caché dans ce cbàteau...

HENRI. Ah!

MONTRicHARD. Si lu pcux le dccouvrir et me le montrer... je le donne vingt-cini[ louis.

HENRI, riaiit. Kien que pour vous le montrer? monsieur le baron...

MONTRICHARD. POUniUOÎ rîS-tU?

HENRI. C'est que c'est de l'argent gagné !

MONTRICHARD. Est-co quc tu sais (|uel(|ue chose?

HENRI. Un peu , pas encore beaucoup, mais c'est égal!., ou je me trompe fort ou je vous le montrerai...

MONTRICHARD. Bi'avo!.. tiens, voilà un louis d'avance !

HENRI. .Vferci, monsieur le baron.

MONTRICHARD. Et mainlenaiit va-t'en, de peur qu'on ne nous son|içouue de connivence... la comtesse est si fine !..

HENRI. Oui, monsieur le baron... (Retenant.) Hbmsieur le baron?., si je tâchais de me faire attacher par Madame à votre service, nous pourrions plus facilement nous [larler...

MONTRICHARD. Ti'ès liieu!.. je vois quc je ne me suis pas trompé eu le choisissaiit...

HENRI. Merci, monsieur le baron. [H sort.)

Page 1