SCENE IV
MONTRICH.ARD, LA COMTESSE et LÉOiNIE, assises â droite et travaillant.
montrichard, parlant en dehors à un dragon. Continuez vos recherches; mais suivez surtout le domestique qui était avec moi...
LÉONiE, bas, à la com/esse. Entendez-vous? Il soupçonne M. Henri...
la COMTESSE , avec trouble. C'est vi'ai ! (Se remettant.) Allons, du saiig-froid !
LE UARON, s'approchant de la comtesse et de Léonie et tes saluant. Mestlames...
LA COMTESSE. Ail! c'cst VOUS . barou ? vous venez ^ous reposer auprès de nous de vos fatigues; vous
devez en avoir besoin... Léonie... un fauteuil à M. le baron...
MONTRICHARD, prenant lui-même un siège. Ne prenez pas celte peine. Mademoiselle.
LA COMTESSE , gaiement. Eh bien , où en ctes-vous de vos recherches? .Vvez-vous fait déjà enfoncer bien des armoires dans le château ?avez-vous bien fouillé... interrogé?.. Mais à propos d'interrogatoire, comment appelez-vous cet examende conscience que vous avez fait subir à ma nièce?..
MONTRICHARD. Mademoiselle uc m'a appris quece que je savais déjà, que M. de Flavigneul est cache ici sous un déguisement.
Lv CO.MTESSE. Voycz-vous Cela... un déguisement de femme peut-être... C'est peut-être ma nièce ou moi?
MONTRICHARD. Ricz , l'iez... madame la comtesse , mais vous ne me donnerez pas le change...
LA COMTESSE. Jc m'cu garderais bien !... Savez-vous que vous avez fait là une belle trouvaille? Ah çà ! comment allez-vous faire mainleiiant pour découvrir le coupable parmi les vingt-cinq ou Irenle persomies du château...
MONTRICHARD. Le ccrcle se resserre, madame la comtesse; et si mes soupçons ne me trompent pas, d'ici à peu de temps...
LEONIE, lias, à la comtesse. Il sait tout, ma tanle !... {La comtesse lui prend la main pour la faire taire.)
MONTRICHARD. Continuant. Dés que j'aurai un signalement qi.e j'atlends...
LÉONIE, bas. Ciel !
MONTRICHARD. Je pouiTai, j'espère, ne plus vous iniporlnner de ma présence.
LA COMTESSE. Ne VOUS gêucz pas, baron; et si vos soupçons se trompent... ce qui leur arrive quelquefois... veuillez vous installer ici sans façon, sans cérémonie, comme chez vous...
MONTRICHARD. Moi !
LA COMTESSE. Certainement ; et pour vous laisser tonte liberté dans vos recherches , je vous demanderai la permission d'aller passer quelques jours à la ville, où des affaires m'appellent.
LEONIE, étonnée. Vous, ma taule!..
LA COMTESSE. Tais-toi donc!..
MONTRICHARD, o part. Ah! elle veut s'éloigner... {Haut.) Vous partez?
LA COMTESSE. Oui , Vraiment; et à moins que jc ne sois prisonnière dans mon propre château... et que monsieur le préfet ne me permette pas d'en sortir... {Tout le monde se lève.)
MûNThiCHARD. Quelle pensée, Madame!.. C'est à moi d'obéir, à vous de commander !
LA COMTESSE. Vous êtes tivi]! bon. J'avais d'avance usé de la permission en demandant mes chevaux... Sont-ils attelés?
LÉONIE. Oui, ma tante.
LA COMTESSE , Sonnant. Eh bien ! pourquoi ne vienton pas m'avertir?.. {^Blle sonne toujours.)