SCÈNE XL LA CO.MTESSE, DE GKIGlNON
L\ COMTESSE, à part, regardant de Grignon avec intérêt. Pau'vre garçon!., cela m'a elfrayée, comme si réellement...
DE GRIGNON. Jamais ses yeux ne se sont portés sur moi avec autant d'amitié, et si ce n'étaieirt ces dragons qui sont là an fond... (La comtesse s''api)roche de de Griijnon et l'entretien s'engage à voix basse.)
LA COMTESSE. Ah! morci , mon aini, merci!
DE GRIGNON. Vous élcs doHC coiitente de moi?
LA COMTESSE. Oui, et je ne vous demande plus que quelques inst;mts de courage et de fermeté.
DE GRIGNON. De la fermeté?., j'en ai, vous clos là!., mais, ma foi, vous avez bien fait d'arriver.
LA COMTESSE. Vous VOUS iuipatieuliez un p(Ui?
DE GRiGNOiN. M'iuipatieuter ! .. ji: mourais de... (Avec abandon.) Ecoulez, il faut que mou cœur s'ouvre devant vous... le iiii'nsonge nie [lèso... je ne suis pas ce ipie j'ai voulu paridtrc à vos yeux.
LA COMTESSE. Commoiit?
DE GRiGNOiN. Je nc suis pas un héros... au contraire; quand je dis au contraire... ce n'est pas tout à fait juste, car il y a une moitié de moi, une moitié courageuse qui... je vous expliquerai cela plus tard... tant ya-t-il (lue quand M.dc Montrichard m'a parlé d'être fusillé sans bruit... dans une heure... la peur m'a pris.
LA COMTESSE. Oii aurait peur à moins.
DE GRIGNON. Et j'oiivi'ais la boiiche pour m'écrier : Je ne suis pas M. de Flavigneul. Mais vous êtes eu-
BATAILLE DE DAMKS.
troc, et soudain, à votre vue, j'ai eu honte de mes terreurs, j'ai senti que je pouvais faire de grandes choses, pourvu que vous fussiez lui Ainsi, rassnrezvons, je ne trahirai pas M. de Flavignc.'ul; tout ee que je vous demande, c'est de ne pas m'aUuulojuier... soyez là quand le préfet reviendra... soyez la quand on nie signifiera ma sentence, soyez là quand... Je suis capable de tout... même de recevoir pour un autre dix balles au travers ilu corjis, pourvu qu'en les recevant je vous entende dire... je suisli!
L\ COMTESSE, lui prenant la mam. Brave garçon, car vous êtes brave, je vous connais mieux que vousmême; c'est votre imagination cpii s'ellVaie... eu n'est pas votre cœur.
DEGRiGNON. Rien, liieii, parlez-moi ainsi!
L.v coMTESSK. Il nc VOUS nKUK|ue qu'un bon danger qui VOUS saisisse à l'improvistc.
UE Giiic.NON. Eh bien ! il me semble (pie j'ai ce qu'il me faut.