SCÈNE II
Les précédents, BEMOLINI, VERBOIS.
BEMOLmi. Perdonate, Mademizelle, nVst-co pas ici (]iic demeure monsu Raymond, le célèbre mousicicii? VERBOIS. Oui, et M. Raymond le fameux peintre? EDOUARD. Ils sont sortis tous les deux. VERBOIS. Oli ! nous savons bien que c'est le même. EDOUARD. El) bien! que lui voulez-vous?
VEBBOis. Je m'en vais vous le dire.
Air de la Robe et des Bottes.
D^' la maison il occupe le faite,
El dans l'espoir de se fai:e payer,
Ses créanciers, dont je suis l'inlerprète.
Passent leurs jours sur l'escalier.
Oui, ces messieurs sont hors d'haleine, Et tous les jours se lassent doublement
De monter avec tant de peine, {Motitrant son gousset.) Et de descendre aussi légcremcnl.
EDOUARD. J'entends, leur intention est de poursuivre...
BE.MOLiM. Au contraire, ils sont hors de combat; et ils nous ont cédé leurs créances pour un gain modique.
VERBOIS. Et nnus venous annoncera M. Raymond que c'est nous qui désormais suivrons l'airaire avec persévérance!.. Moi d'abord , je ne me lasse jamais parce qu'ave(5 de la patience et des jambes, on finit toujours pai' arriver.
EDOUARD, 0 part. Je ne sais qui me retient... [Haut.) Voyons vos mémoires.
EMILIE. Que voulez-vous faire?
EDOUARD. Les payer, et vous en débarrasser.
EMILIE. Gardez-vous-eri bien, mon jx're ne vous le pardoniiCrait jamais.
EDOUARD. Comment! èlre toute la journée barcelé par ces aiisérables... quel plaisir peut-il trouver à une pareille situation?
EMILIE. Que voulez-vous! c'est son bonbeur... Il a été gêné toute sa vie, et il tient à ses habitudes. [On entend la ritournelle de l'air que chante Raymond.) Tenez, le voici; vous voyez qu'il n'engendre point de mélancolie.