‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 348 sur 975 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

EMILIE, RÀYiMOND, EDOUARD.

RAïMOîsn, à ÉdouarJ qui a poussé dehors les créanciers et qui est prêt à les sutvre. Eh bien! nionsii;iir Édimard, où allez-vous donc? est-ce que vous ne déjeunez pas avec nous?

ÉMiLiK, tirant son père par la basque de son habit. Mais, mon pore, il n'y a l'ien.

RAïM0^D. Comment ! il n'y a rien. ..il y aM. Roussel.

EMILIE. Cela n'ajoutera rien au déjeuner... au contraire.

EDOUARD. J'accepterais avecplaisir; mais ne connaissant pas M. Roussel ..

RA\.MOND. Est-cequeje le connaissais?.. Maisqu'estce que cela fait? il est arliste, je suis artiste... il vient déjeimer chez moi.,. (.4 Emilie ) Demain je le mènerai dîner chez lui... Voilà cnmmeut cela se pratique. (-■1 Edouard.) ,\insi vnus nous restez.

ÉDouum. Désolé, vous dis-je; des affaires indispensables... de l'argent à toucher, des locataires à recevoir.

RAYMOND. Des loycrs!.. eh mais! en efTet, nous voilà au quinze^ et c'est notre ternie... [A Edouard , qui reut sortn .) Permellrz donc... de l'ordre avant tout... moi je ne connais que cela. Nous sommes entrés chez vous au mois de janvier, et nous sommes... nous sommes...

ÉMii.iE. En iictobre.

KAYMOM). Comment? en octobre? [Comptant sur ses doigts.) Janvier, février, mars; mais, à ce compte, il y aurait doiir trois termes de passi's... [A Edouard.) Qu'est-ce que cela veut dire, Monsieur?., et comment n'ai-je p.is encore reçu une seule signification?

EDOUARD. Ah! Monsieur... d n'était pas nécessaire.

RAYMOND. Et comment, sans cela, voulez-vous que je sache quand mon terme ariive, moi surtout qui suis fait aux huissiers... j'attendais toujours.

Air du v.iuitevillfl de l'Ècii de six franct.

Saclicz ipie je ne pense guères A mes paiements, à mes loyers; El pour mieux gérer mes atfaires, J'eu laisse le suiu aux huissiers.

En mes intemlants ils se ctiangent.

Par eu.x seuls tout se fait chez moi ; El (pianil je n'en vois pas, je croi Que mes affaires se dérangent.

EDOUARD. Eh bien! Monsieur, que cela ne vous inqulcti; pas, nous en reparlerons.

RAYMOND. Qu'est-ce à dire, nous en reparlerons"' crovez-vous que je consente à loger chez \ous gratis? moi, Rayuiond, moi, arliste! parce que Monsieur habite le prcmiei', il se croit peut-être au-dessus de moi! qu'est-ce que c'est que cela ?

EDOUARD, avec un sany- froid comi<ine. Je ne vois pas, Monsieur, parce que j'ai le malheur d'être riche, que cela vous donne le droit de me mépriser.

RAYMOND. C'est jusie, c'est juste, mon ami, et je vous prie d'excuser un inonvMit d'orgueil bien pardonnable dans ma position; pourquoi diable, aussi, voulezvous avoir l'air de me faire grâce?

EDOUARD. Ce n'a jamais été mon intention, et la preuve, c'est que je vous demande votre loyer, et trèspositivement. Allons, Monsieur, il me faut de l'argent.

RAYMOND. .\ la bonne heure; au moins, vous voilà dans votre rôle de propriétaire... Vous me demandez

de l'argent, eh bien ! moi , je vous répondrai, en artiste, que je ne vous en donnerai pas, parce que je n'en ai pas; mais le premier sera pour vous.

Air du vaudeville de la Somnambule.

De vous payer bientôt j'ai l'espérance.

Mais sur le prix de mes loyers, Vous devriez demander, quand j'y pense.

Quelque chose à mes créanciers.

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