‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 368 sur 975 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

STANISLAS, CHRISTINE, se' cachant les yeux avec son mouchoir.

STANISLAS, toujours à table. C'te jeuness', on a de la peine à la nicllre au pas. (Se retournant et apercevant Christine qui pleure ) Eli bien! qu'avez-vous doue?

CHRISTINE. Non, non, ce n'est rien. {A part.) Malgré soi... on n'est pas mailresse de ca; mais j'aurai de la fLrnietc, du courage. {Haut, en essuyant ses yeux.) Stanislas, m'aimez-vous?

ST.\MSLAS. Si je vous aime, morbleu! plus que jamais.

CHRiSTiNF.. Eh bien ! moi, je ne sais ce que j'éprouve; mais la colère, le dépit... je serais si heureuse de l'Iiurailier, de me venger ! Je crois presque (|ue je vous aime.

STANISLAS. Comment! il serait possible!

Air : Dit partage de la riche.sse.

Mon bonheiM- a d' quoi me confoiulro ; J' vous disais bien que ça vieiidrail.

CUniàlINE.

Pourtant j' n'en voudiais pas icpoudre.

STAMSLAS.

C'est égal, le plus fort est fait.

11 serait vrai'?., j'ai su vous plaire.

CHRISTINE, à part.

P't-i!'tre en mourrai-je de douleur; Mais je me sens trop en colère Pour ne pas l'aire son Ijonhcur.

{Haut.) Enfin, tantôt vous m'avez offert votre main.

STANISLAS, vivement. Vous l'acceptez ?

CHRISTINE. Pas maintenant, puisque vous reparlez; mais je ne serai jamais à d'autre ([u'ii vous sans votre consentement, sans votre permission, je vous le promets, et dans un mois, ou à votre retour, je vous épouserai.

STANISLAS. Vous le jurez?

CHRISTINE. Oui, je le jure, à une seule condition.

STANISLAS. Allons, toujoucs dcs conditions! Enfin, voyons, celle-là quelle est-elle?

CHRISTINE. C'est que dès à présent vous prendrez le titre de mon mari.

STANISLAS, étonné. Comment!

CHRISTINE. Oui, vous no m'appellerez pas autrement que votre femme.

STANISLAS. Et pourquoi?

CHRISTINE. Je ne sais; mais enfin vous êtes le maître de refuser. Celte condilion-là vous parait-elle trop rigoureuse ?

STANISLAS

Air de la Sentinelle.

Vous l'exigez, je serai voti-c l'époux; Mais d' Toi' demande aujourd'hui je m'étonne ; Quand je voudrais donner mes jours pour vous. C'est mou nom seul qu'il faut que je vous donne, 11 est à TOUS, et s'il ne brille pas, Il est do moins sans tache et sans outrage : C'est un avanlaçe ici-bas Que bien des gens ne pourraient pas . Vous apporter en mariage.

CHRISTINE. Ah! le voilà.

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