‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 371 sur 975 · STANISLAS, MICHEL · texte numérisé non relu

STANISLAS, MICHEL

STANISLAS. Eh ! OÙ diable allez-vous par là, mon camarade?

MICHEL. Vous le voyez bien, je m'en vas.

STANISLAS. Où avez-vous donc les yeux? vous ne connaissez donc plus votre chi.inin? [Lui nuintrant la porte du fond.) C'est par là que vous êtes entré.

.WCHEU C'est que j'avais la vue un peu troublée. {Reijardant autour de lui.) Elle n'est plus là; je ne la verrai plus. , . -m

,$atiKKi$ij.v$ilAbi^! mon garçon, tous avez dit ariieu à votre cousine, vous l'avez embrassée?

MicBJSL, vivement. Non, non; ça, je l'ai oublié...

.STAMSus. Eh bien! c'est éfjal, je l'embrasserai pour vous. Voilà votre chemin, la roule est belle; bon voyage, et adieu, mon cousin. I i i:

MICHEL. Oui, adieu, mnii emisiu. [A part:)- i)ieux!/i. que; c'est dur à prononcer; et dire quejjelles/liHsserKi ensemble! .!'ii;i!!i. i ihji >■ '.<\

STANISLAS, se retounuinl. Eh bien! >Y<MJ8)li'èta9 pas encûix' parti? - ■ i '--. hlni.' -ii'i;:!.'

MICHEL Si fait, si fait; c'est que je lue rappelle oti < petit verrou, que vous m'avez promis. : . , .

STANISLAS. Diable! ipielle mémoire vous avez! Eli bien ! viiymis : [Prenant la bouteille qui est restée sur la table et versatd rfetuf petits verres.) Dépêchons et trinquons. yVoi/anl Michelqui veut prendre une chaise.) Oh! ce n'es! pas la peine de vous asseoir; cela se prend debout : cela descend plus vite. i7/ avale son verre d'un trait, et regarde Michel qui est trés-iouglemps éprendre le sien.) Eii bien! çapasse-t-il?

MICHEL. Dieux ! que c'est Ion! ; i. '.■■

STANISLAS, buvant encore. Ah çà! est-il en retard!., .le voi.s que ça n'entend rien à la charge en douze temps. Maintenant que vous-ave%itj|U i» cou|i de \\]- Irier, (t\ route, camarade. ;; ,

MICHEL. Oui , certainement , je ne demande |ias mieux; mais c'est qu'avant de partir j'avais quel(|ue cl|iose à vous deinandei-. .;-

STANISLAS, à part, tnsecouaiU la tête. Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un gaillard qui a bien de la peine à .s'en aller. [Haut.) Eh bien ! voyons, je t'écoule.

MICHEL. C'est que, voyez-vous, j'avais pensé...

STANISLAS. Est-ce que tu vas être aussi longtemps à parli'i' qu'à prendre des petits verres? Je t'ai dit, pas accélère... marche.

MICHEL, parlant très-vite. Eh bjen ! je dis que si vous voulez me donner chez vous une place de garçon d'auberge, vous serez content de mon zèle; je ne demande rien que la nourriture, le logement, et pas de gages.

STANISLAS Ah ! tu veux entrer chez nous comme garçon d'auberge... Eh bien! nouS verrons, nous te prendrons à l'essai ; et quoique tu ne demandés pas de gages, je t'en donnerai; c'est moi (pii t'en promets.

MICHEL, unpfu effrayé. Je vous remercie, monsieur StanislaSj c'estque vous médites cela d'une manièi^b...

MICHEL ET CHRISTINE

Il 110 r.iiit ii:is (ini; rc'li vous giiio trulionl; si cela no vous |)l:iit pas...

STANISLAS. Si fait, si fiiit; mais il faut que jo sache d'aboni si cola coiiviondra à ma femmo.

jiiciiEL, viveinont. Oh ! oui, si ce n'est que cela, vous [louvez être sur qu'elle no s'y opposera pas.

STAMSLAS. Kl ci.iuiment le sais-tu ?

MiciiEt.. C'estque c'est elle... qui tout à l'heure m'engageait à rester.

STANISLAS. Ah! elle l'a engage... (^4 part.) Christine voudrait se jouer de moi, me tromper! Milzieux! je ne peux pas le croire, et quant à lui... [Haut.) Ecoute ici, je vais chercher ma femme et m'entendn; avec elle; jo crois que c'est nécessaire. En attendant, tu resteras chez nous îi une condition : c'est que tu n'adresseras jamais la parole à Christine, entends-tu?

MICHEL. Oui, j'entends.

STANISLAS. Et si tu Voyais quelques blaucs-bocs tourner autour d'elli', et vouloir lui en conter, tu m'en avurtir.iis, et leur affaire ne serait |ias longue : ils auraient bientôt fait connaissance avec la lame de mon sabre. Je ne te dis que cela : adieu.

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